‹ Les chiens de chasseChapitre 50 sur 104 · BASSETS A JAMBES DROITES · texte numérisé non relu

BASSETS A JAMBES DROITES

vèle de plus que les jambes droites, de son temps, étaient griffons, noirs et à queue en trompette. Les bassets d’aujourd'hui ne se montrent griffons que par métissage spécial avec des grands chiens de cette race ; ils sont retournés au poil ras simplement.

- On s’est beaucoup moqué de la chasse aux bassets, comme étant celle du petit et pauvre hobereau; du Fouilloux, de son temps, ne s’en faisait déjà pas faute,

et Sélincourt dit qu'ils servent à deux métiers, entendant par là qu'ils chassent sur terre comme chiens courants et sous terre comme bassets, terrant après le renard, le blaireau et le lapin. |

En cela, comme en beaucoup d’autres choses, le Fran- Çais s’est montré plus malin que raisonnable; aussi ce qui devait résulter de l’envahissement du beagle et du Aarrier est arrivé. Le lièvre disparaît, et disparaîtra nécessairement dans un temps très-limité. Singulière conséquence, mais bien facile à déduire.

La chasse du lièvre, au temps des bassets et même des simples briquets, était un poëme qui durait deux heures, vaillamment conduit de part et d'autre, le lièvre rusant, accomplissant des prodiges de valeur, mventant quelquefois des tours diaboliques, les chiens lui soufflant plus ou moins vivement au poil... jusqu'à la curée chaude! on a changé tout cela. Pour les gens pressés ou blasés, 1l a fallu une chasse effrénée, sans musique, sans poésie : nous dirions volontiers sans plaisir et sans art, résultant d’un simple coup de collier : on boit maintenant un lièvre en 30 minutes tout au plus! et l’on recommence! On peut en boire deux ou trois par matinée.

C’est pourquoi, si nos montagnes n’en sauvaient pas quelques-uns, il y a longtemps que l’on n’en botrait plus du tout! Avec nos braves bassets du pays, le chasseur d'autrefois, — rococo j'en conviens, — s'amusait toute sa vie et ne dépeuplait pas. |

Est-ce donc là le progrès ?..

TITI RACES ANCGELAISES.

Or, parce que les chiens courants de France qui avaient des raisons pour considérer la chasse comme le plus noble emploi des loisirs “de l’homme, s’ingéniaient à prolonger les jouissances des veneurs, des hommes sont venus,

: qui les ont accusés de lenteur, sous ce prétexte, éminemment britannique que le temps était de l'argent ! Eh non, ce n’est pas le temps qui est de l’argent, c’est le plaisir ; à’preuve que l’on ne cherche à gagner de l’argent que pour gagner le plaisir.

Réjouissez-vous au surplus, voici que vos doctrines mercantiles, après s’être infiltrées dans le sang du peuple français, et l’avoir corrompu,

ont envahi les chiens, pauvres bêtes!

A. ToussenEL. L'Espril des bêtes.

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