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XVIII. Ariége, Aude, Pyrénées-Orientales, Tarn, Hérault

2° Le Comité administratif fixera ultérieurement l’ordre, le lieu, le temps, et le roulement des congrès, en ayant soin qu’ils coïncident le mieux possible, pour chaque région, avec les foires, séances de Sociétés, sessions de conseils, comices, ou autres causes ordinaires de déplacement amenant, dans la ville qui sera chaque fois indiquée, les habitants des pays voisins.

3° Le Comité administratif réglera également les questions d’installation, de direction, de simultanéité ou de succession des congrès.

Voici leur mode de fonctionnement. — Seront invités à chaque congrès : 1° les membres de la Société qui voudront bien s’y rendre ; ils en recevront gratuitement le compte rendu; 2° toutes les personnes qui voudront bien envoyer leur adhésion, et qui, moyennant une somme très-faible (que le Comité fixera) une fois déposée, assisteront aux séances, et auront droit au compte rendu. — Dans le but d’éviter la gêne et les inconvénients que nous avons signalés aux expositions de Paris, chaque congrès aura une durée seulement de trois jours; il ne pourra être prolongé que par une décision spéciale de son bureau. — Ses opérations consisteront en : 1° deux ou trois séances, où seront étudiées les questions /ocales intéressant l’œuvre de la Société ; 2° une exposition, où ne seront admis que des sujets de races françaises, qui seront examinés, acceptés, jugés et récompensés aux conditions que le Comité fixera une fois pour toutes ; 3° la publication d’un compte rendu des travaux du congrès et de l'Exposition régionale, |

Il est impossible d'entrer dans plus de détails sur les congrès régionaux, puisque leur organisation serait l’œuvre du comité, aussitôt élu. Mais ce qui est évident, ce sont les avantages que les exposants enretireront.

D'abord, à défaut de toute récompense, le certificat d'admission donnera, à lui seul, une réelle valeur à l'animal accepté, puisqu'il constatera que le jury d'admission l’aura reconnu de race française capable de

concourir. Quant aux animaux primés, leur valeur sera reconnue et proclamée, et 1ls deviendront en quelque sorte des types que tous les efforts tendront à réaliser de nouveau. Enfin, pour les chiens d'utilité, il n’est pas douteux que l'administration publique ne s'associe à une semblable société afin de la seconder et d'encourager ses lauréats : l’agriculture en effet est toute intéressée à son œuvre, elle est vraiment d'utilité publique, et ne pourrait tarder à être reconnue telle, officiellement.

Telles sont les mesures que nous engageons les veneurs et chasseurs français à étudier : leurs efforts réunis peuvent beaucoup, mais qu'ils ne se fassent pas illusion non plus : il y a énormément à faire! C’est pourquoi nous leur disons : À l’œuvre! et le plus tôt possible!

Complétons ces généralités par quelques autres renseignements que nous admettons ici dans l'espoir qu’on imitera en France les institutions dont il s’agit. En Angleterre le stud — haras — existe pour le chien; le studbook— le livre du haras, le registre du haras, — devient, par conséquent, le livre de généalogie de ces animaux. C’est pourquoi nous trouvons toujours mentionnée la descendance des chiens à vendre de quelque valeur dans les Journaux anglais qui s’occupent de ces matières.

Ouvrons le Æeld, nous y copierons des mentions comme celle-ci : |

À vendre : Trappeur, du chenil de M. Cropper, l’un des plus beaux terriers pour renard du haras. Trappeur est, par Old Grapp, sorti de Nettle; Nettle, par le vieux champion Jock, sort de Æuby, du chenil de l'honorable

F. W. Fitz William : Ruby, sœur du champion Nectar, par le vieux champion Jock sorti de Grove Nettle. Trappeur est très-réussi comme forme, avec la tête longue, mince et bien marquée; les oreilles parfaitement tombantes. Prix : — 2 guinées.

De même pour les chiens d'arrêt.

Don. Pointer, par PBang-Vesta, sœur de Sancho. Bang par Hamlet, Vesta par Bounce. Don a remporté le premier prix à Birmingham, Glasgow, la coupe à Dublin, etc., etc.

Il n'y à pas jusqu'aux mâtins dont nous n’ayons la filation tenue avec le même soin et rapportée partout! Exemple :

Impératrice, par Harold, par Luskey s-Soveran, par, etc. |

Harold, 2° prix, Dublin, 1873.

Breton, 1* prix, Édimbourg, 1869, etc.

Et en France ?...

Chez nous, à part quelques rarissimes chenils bien tenus et dans lesquels on dresse un sfud-book, le reste est absolument négligé ! Au surplus, comment une telle mesure aurait-elle de l'importance si elle n’est pas universelle ? Elle ne vaut que parce que chacun peut donner ce qu'il reçoit! mais pour cela, il faudrait aimer et solgner nos races! Nous ne nous en doutons pas!

Un effort cependant vient d’être tenté, et il est trop - honorable pour que nous ne consignions pas ici tous les encouragements qu’il mérite. Depuis la reconstitution du Jardin d’acclimatation du bois de Boulogne, depuis

la guerre, un chenil y a été établi dans des conditions

de salubrité qui paraissent assez bonnes, autant que nous pouvons en conjecturer, car on le termine à peine. L'intention de l’administration est d'en faire le germe d’un haras pour chiens, et d'y établir dès l’abord un studbook. D'où 1il résulte que tous ceux qui viendront demander au haras des produits pour leurs chenils pourront recevoir un authentique qui leur permettra de dresser à leur tour un sfud-book particulier et de ne vendre que des produits de descendance connue et raisonnée, soit comme croisement, soit comme amélioration.

Sans doute c’est un effort véritable et heureux vers le bien, mais il ne faut pas s’en tenir là : nous avons à faire partout, et notre devise, à nous tous veneurs lorsqu'on nous parle chiens, devrait être celle que le Bonhomme prête au vieux Laboureur :

Travaillons, prenons de la peine!

C’est le fond qui manque le moins.

CHIENS D'ARRÈT

Ce n’est pas d'aujourd'hui que le préjugé du chien anglais ayant meilleur nez que le nôtre règne dans notre pays. Sous Louis XIV, quand Lafontaine a publié ses fables, — 1668, — on y croyait encore, puisque le poëte a pu dire en adressant ses flatteries à Élisabeth Montagu, veuve du chevalier Harvey :

Vos gens à pénétrer l’emportent sur les autres : Même les chiens de leur séjour Ont meilleur nez que n’ont les nôtres.

Toutes ces rêveries sont surannées; tous ces dictons doivent être réformés. Le caractère du chien d'arrêt anglais est très-différent de celui du chien d'arrêt français. Ce dernier est docile, souple, facile à dresser. Le premier.

au contraire, est emporté, dur, peu aimant, entêté. 10,

Doué d’un jarret d’acier, d’un nez d’une finesse extrême, il chasse pour lui et non pas pour son maître. Quêtant, surtout le braque, toujours au galop et, par conséquent, arpentant d'immenses espaces, il tend à chasser seul! On dirait qu'il prend plaisir à la pose théâtrale qu'il sait rencontrer en tombant en arrêt, droit, raide, irréprochable, ou en courbe ou dans toutes les positions imaginables !

Si vous êtes là... tant mieux! vous en profitez.

Sivous n’y-êtes pas! tant pis! à une autre occasion. et au galop!

— Allez au diable!

J'aime mieux un camarade à quatre pattes qui me fait tuer du gibier par un petit arrêt bien modeste, qu'un chien splendide qui me pose des arrêts modèles à trois kilomètres de moi! chacun son goût!

Sur dix chiens anglais que j'ai vus chasser en France, loin de la portée du fouet et de la voix du valet de chiens qui, là-bas, le tiént sous sa tutelle et le fait travailler devant son maître, dix ne m’auraient séduit aucunement.

Royal arrêt, pardieu! c’est vrai... mais... insoumis et sauvage |.

Avant d'aller plus loi, il nous semble absolument indispensable de mettre nos lecteurs français à même de savoir exactement ce que signifient les mots anglais employés journellement à propos de chiens et de prononcer ces mêmes mots le moins mal possible.

Quelques-uns des mots français par lesquels nous désignons nos chiens de chasse ont une signification raisonnable; par exemple : chien courant, chien d'arrêt,

basset, lévrier; certains autres en ont une qui est errorée ou ne se comprend plus, comme épagneul qui veut dire espagnol, nous l'avons montré, tandis qu'il s’applique aux chiens à longs poils dans tous les pays, comme brague dont la racine est fort discutée, comme dogue qui est anglais ou celtique et veut encore dire chien chez nos voisins, comme mâtin, etc, etc.

En anglais, — le génie de la langue le permet, — tous les noms des différentes races de chiens sont spécifiques et sont même fabriqués, le plus souvent, pour représenter parfaitement l'usage auquel le chien est destiné. Voici les noms des différentes sortes de chiens d’arrêt :

Pointer (prononcez : poin’t-eur). = Le montreur; c’est celui qui pointe, qui montre, qui signale le gibier au chasseur : — du verbe {o point, montrer. C’est proprement le chien d'arrêt.

SETTER (prononcez : sét-eur). — Celui qui se place, qui s'arrête, qui se pose, mais, avec l’idée de marquer et de se coucher — proprement le chien couchant : — du verbe to set placer.

SPRINGER (prononcez : springn-eur). — Celui qui pousse, qui fait paraître, qui fait partir ; celui qui fait lever le gibier : — du verbe to spring, pousser.

CLuMBER (prononcez : kleum’-beur). — Probablement corrompu des verbes #0 climb et to climber, ayant la même signification, grimper. Ce serait le grimpeur, celui qui monte, qui gravit, qui escalade.

Le British rural sport de Stonehenge prétend que ce nom vient de la résidence du duc de Newcastle dont on

croit que la race est sortie. En tout cas, ce chien est de-

meuré particuker à cette famille jusqu’au milieu du dix-

neuvième siècle. | |

Cocker (prononcez : Kok’-eur)}. — C’est celui qui relève, redresse, retrousse, très-probablement les bruyères, les broussailles des montagnes pour y lever le gibier. Peut-être aussi se mêle-t-1l à ce sens le souvenir de l’amateur de combats de coqs, leur excitateur? Peut-être encore un souvenir du sens se pavaner, se redresser, marcher fièrement, du verbe #0 cock, appliqué à ce chien assez massif qui se carre en avançant au bois.

RETRIEVER (prononcez : ri-triv-eur). = Le retrouveur : — du verbe fo retriever, retrouver, rattraper, recouvrer. C’est celui qui va chercher le gibier tué ou blessé et qui le rapporte. Il ne fait que cela.

WATER-SPANIEL (prononcez : ouà-teur-spaniel). — C’est l’épagneul d’eau, celui qui sert à chasser au marais le gibier aquatique. C’est aussi le barbet.

PoopLe (prononcez : poùd-le). — C’est le caniche. D'où vient ce mot? On donne souvent aux vrais caniches le nom de french poodle, c’est-à-dire caniche français, comme s1 cette race semblait, aux yeux des Anglais, originaire de notre pays. On pourrait peut-être rapprocher le mot, comme étymologie, de Pool, flaque d’eau ?

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