BEAGLE
Le beagle anglais, c’est le briquet français.
De même que le briquet se rapproche du chien de grand équipage dans chaque contrée, et en suit en quelque sorte, de loin, les formes et la race, de même le beagle suit les talbots et leurs modifications. Bloome, dans The gentleman s magazine, en 1650, en décrit trois variétés :
1° Les beagles du sud, et kerry-beagles suivent les southern-hounds ou talbots lents de grand équipage. Ils sont plus petits et plus rablés. Taille de 0°45. Robe blanche et noire. Cependant, il existe, en Irlande, une race de kerry-beagle, ‘ayant jusqu'à 0"72 de hauteur, ressemblant beaucoup au bloodhound et dont quelques meutes persistent encore.
2° Les beagles du nord, suivent les northern-hounds ou talbots-lévriers vites de grand équipage. Ils étaient plus vites aussi que les beagles du sud, et de moyenne taille. On les nommait encore cat-beagles, bigles-chats.
3° Les petits beagles ou cat-beagles. Ramassis de toutes les races ; ayant 0°35 au plus. D'ailleurs on les estimait d'autant plus-qu'ils étaient plus petits, et on en a amené,
BEAGLES.
par sélection, à 017 de hauteur. On emportait toute la meute de ces beagles dans un panier sur un cheval. Ce sont de véritables miniatures de chiens courants de bonne forme.
Nous nous souvenons d’avoir ‘chassé, vers 1840, dans la Mayenne, avec une meute semblable importée au château de T.. Nous ignorons ce qu'est devenue cette
charmante espèce qui aura disparu au milieu des grands équipages du pays. Ce que dit VIlit, nous l'avons vu : trois attaquer un lièvre en forme et ne pouvoir, à eux trois, le retenir! Cependant ces petits chiens poussaient au renard avec une furie et un courage extraordinaires ; ils allaient au terrier sans peur, et, chose curieuse, le renard, qui aurait pu les couper en deux d’un coup de dent, avait une telle frayeur de leurs abois qu’il n’osait se défendre et quittait sa demeure devant eux, en leur passant sur le corps! | |
Il existe de ces petits beagles à poil ras et d’autres à poil rude; ils sont très-bien gorgés, très-collés à la voie et rapprochent parfaitement ; comme ils passent partout, sous les ronces et les halliers, ils vont beaucoup plus vite, qu'on ne serait tenté de le croire.
Si nous nous reportons aux beagles du sud, nous y reconnaitrons les Larriers de nos pères, très-appréciés ici dès le XVI siècle, et dont nos veneurs écrivains du XVII® faisaient grand cas.
Les harriers modernes, au contraire, semblent, par leurs formes plus élancées, n'être que les moules réduits
des beagles du nord.
HARRIER.
Le Aarrier,le vrai chien de lièvre — are — anglais, était plus ancien dans le pays que le foxhound actuel et son diminutif le beagle, : il avait un cachet tout à fait spécial.
Aujourd’hui, les harriers ne sont plus que de petits
foxhounds, mais on les choisit aussi bien gorgés que possible pour avoir de la musique en plaine.
Autrefois, alors qué la vraie race existait, le harrier était un moule réduit du grand chien du sud, un diminutif de chien d'ordre, aux grandes oreilles bien faites, aux babines pendantes, au nez sûr et à la gorge riche. Maintenant il a perdu, avec sa pureté de sang, la plupart de ces avantages dont on cherche à se rapprocher par
HARRIER.
le choix que nous venons de signaler, mais il a toujours le nez pointu et l'oreille haute de son origine actuelle.