‹ Les chiens de chasseChapitre 8 sur 104 · DE CHIEN · texte numérisé non relu

DE CHIEN

SÉ Variæ formis et gente sequuntur Ingenioque canes : illæ gravioribus aptæ Morsibus, hæ pedibus celeres, hæ nare sagaces, Hirsutæque fremunt Cressæ, torvæque Lacænæ, Magnaque taurorum fracturæ colla Britannæ.

— Une meute au V® siècle, — Claudien, de Canibus,

Il faut avouer que si, comme nous le pensons, le parasitisme est la base de la domestication canine, nous avons fortement abusé de la gourmandise de notre compagnon , et nous lui faisons acheter cher, depuis une dizaine de siècles, le droit de manger notre soupe!

Le chien de chasse, en effet, même le chien courant, ne reçoit rien pour rien, et si, de temps en temps, il fait curée, nous l’obligeons, pour ce régal, à jouer des jambes. Bien plus, nous l’obligeons, à faire une musique contre

nature que nous lui avons apprise à l’imitation de la nôtre.

Quant au malheureux chien d'arrêt, son éducation — j'allais dire son supplice! — a été bien plus longue et plus difficile. Chaque jour encore nous lui faisons répéter sa leçon — car c'est le cas! — saupoudrée de coups de fouet et de plomb au bas des reins!

Et cependant, le chien est une bonne bête! Nous l’aimons, comme le dit le brave Gace de la Buigne, nous l’'aimons.. 1l faut en convenir!

— Mais. — car 1l y a un terrible mais! — n'est-ce pas tout simplement par égoïsme ?...

— Ah!ah! je n’en voudrais mie jurer! &« Comment & l’homme aurait-il pu, sans le secours du chien, con- € quérir, dompter, réduire en esclavage les autres ani- € maux? Comment pourrait-il, encore aujourd’hui, décou- € vrir, chasser, détruire les bêtes sauvages et nuisibles? € Pour se mettre en sûreté, et se rendre maître de l’u- € nivers vivant, 1l a fallu commencer par se faire un parti € parmi les animaux, se concilier avec douceur et par « caresses ceux qui se sont trouvés capables de s’atta- « cher et d’obéir, afin de les opposer aux autres. Le € premier art de l’homme a donc été l’éducation du chien, «et le fruit de cet art la conquête et la possession pos- « sible de la terre. »

C’est Buffon qui l'a dit. Il a souvent parlé en l'air; mais, cette fois, le vieux naturaliste a dit vrai. en parlant d’autres choses! Il ne s'agissait que d'adapter son cœur où 1l convenait : et voilà qui est fait!

Ce besoin d’un auxiliaire, d’un serviteur animal, d’un

être dévoué et inconscient, est si naturel à l’homme, qu'il dure encore, et que, tout près de nous autres modernes, ce sentiment instinctif se faisait encore jour. Non content du chien européen, sous Charles IX, on est alléen chercher ailleurs! On a demandé le Corsac aux déserts de la Tartarie et aux plaines de l'Inde où 1l vit en troupes nombreuses, occupé à chasser les oiseaux, les rats et les lièvres.

Les dames de la cour avaient toutes des corsacs au lieu de chiens ordinaires; elles leur avaient donné le nom d'Adive. On faisait venir ces animaux, d’ailleurs fort jolis, d'Asie, à grands frais, et 1ls étaient alors aussi communs à Paris qu'ils y sont inconnus aujourd'hui. C’étaient des animaux plus petits que notre renard, à peu près de la taille de nos chats, un peu plus gros que la martre vulgaire, fauves à ventre pâle et à longue queue touffue et trainante, noire au bout.

Quelques siècles avant, c'était une autre manie, mais toujours inspirée par le besom, le désir de l’animal-serviteur. Les croisés avaient rapporté d'Orient le goût des chasses arabes; on vit en Europe, en France même, le Guépard porté en trousse sur les chevaux et s’élançant sur les animaux de vénerie qu'on lui désignait.

L'empereur Léopold I en avait deux, lui. Un de ces animaux montait en croupe de son cheval, l’autre derrière un de ses courtisans et, aussitôt qu'une pièce de gibier paraissait, les deux guépards s’élançaient, la surprenaient, l’étranglaient et revenaient tranquillement sans être rappelés, regagner leurs places sur le cheval de l’empereur et celui de son courtisan!

Cependant, qu'on ne s’y trompe pas! Le chien de

berger et le chien de garde ont certainement précédé le chien de chasse dans l'intimité de l’homme. Ce n’est probablement que parce que le chien, de bonne garde, a poursuivi et pris devant son maître un ennemi du troupeau, que la chasse a été inventée, et que l’homme a fait répéter pour son amusement à son compagnon la scène qui lui avait procuré des émotions un des jours précédents.

Quoi qu'il en soit, nous trouvons trace du chien dans les récits les plus anciens se rapportant À notre race, sur les monuments les plus reculés qu’elle ait élevé. C’est le premier animal dont parlent les nations sacrées et profanes. D’après Éliezer, le chien aurait déjà été connu des fils d'Adam, puisqu'il rapporte que le corps d'Abel, après que ce dernier eut été tué par Caïn, fut défendu par le chien gardien de ses troupeaux. L'histoire de Tobie fournit un autre passage qui montre le chien comme étant pour ainsi dire, un animal de la famille; c’est lorsque Tobie part avec l’ange : le chien est signalé comme l’accompagnant aussi bien en allant qu'en revenant. Le Deutéronome nous apprend aussi que le chien était au nombre des animaux qui ne pouvaient être offerts à Dieu en sacrifice. Les Israélites, d’un autre côté, semblent n’avoir jamais employé le chien à la chasse.

Chez les Égyptiens, d’après Moïse et Hérodote, on voit que le chien était très-anciennement connu, et qu’il était, près d'eux, également domestique, servant aussi bien à la garde des maisons qu’à celle des troupeaux. On voit, en outre, qu’ils le conservaient à l’état de momies et qu'ils lui rendaient une sorte de culte. Il est probable même qu'ils s'en servaient à la chasse des gazelles et

autres animaux du désert. Ils connaissaient non-seulement le chien à oreilles droites, mais l’espèce à oreilles tombantes ; notre chien couchant?

FIGURE EGYPTIENKNE.

Chien à oreilles tombantes.

Si nous remontons beaucoup plus haut encore, nous arrêtant un moment aux mystérieuses périodes de la vie préhistorique. nous trouvons également les vestiges du chien, mais non aussi anciennement qu’on le croirait. Par rapport à ces époques, le chien est, au contraire, une conquête toute moderne.

Depuis les magnifiques découvertes de la géologie et de la paléontologie, on a essayé d'établir une classification entre les époques diverses de cette période où l’homme, à peine aussi avancé que le sauvage le plus grossier de nos jours , ne connaissait que la pierre comme arme etcomme ustensile. On a, de prime abord, remarqué uneimmense différence entre la période de la pierre taillée et celle de la pierre polie, cette dernière confinant aux âges du bronze et à l’époque historique de l'humanité.

Dans la période de la pierre taillée, on a tracé trois grandes époques caractérisées par les animaux qui habitaient, à ce moment, l’Europe, et qui ont laissé leurs dépouilles auprès des instruments et des os des pre-

miers hommes. C’est, en commençant par l’époque la plus ancienne :

Époque de St-Acheul. —Caractérisée par l’hippopotame et l'éléphant antique ou mamouth. Pas de chien.

Époque de Moustiers. — Caractérisée par l’ours des cavernes très-commun, le rhinocéros, le chat sauvage, le loup, le renard, etc. Pas de chien.

Époque de Solutré. — Caractérisée par le renne, l’aurochs, le rhinocéros, le cheval, le mamouth, le loup, le renard, etc. Pas de chien.

Époque de la Madeleine. — Alors disparaissent les animaux quaternaires, le grand ours, le mamouth; alors émigrent les espèces des régions froides qui peuplaient nos plaines; le renne, le glouton, le bœuf musqué remontent vers le pôle; le chamois, le bouquetin, la marmotte gagnent les sommets neigeux de nos montagnes (1). On voit le loup et le chacal, pas le chien.

Entre ces différentes époques paléolithiques, on suit le développement régulier et l’origme de l’industrie des hommes, en même temps que l'apparition régulière, en séries, d'animaux se succédant les uns aux autres par des apparitions et des disparitions successives : le chien manque à tous! Le chacal, le loup et le renard se retrouvent seuls dans les temps les plus modernes.

Mais, 1l n'en est plus de même entre la Madeleine et la pierre polie. Il exista là une longue et profonde lacune, un hiatus ;1l y a à aussi une transformation complète. Avec

apparition des instruments en pierre polie, nous trou-

(1) E. de Mortillet : Classification. Weissenbruch. Bruxelles.

LA

vons non-seulement la poterie, mais les monuments —

dolmens et menhirs — mais surtout les animaux domestiques, le chien et l’agriculture! C’est un changement complet, une civilisation toute autre.

Arrivons aux Kjækkenmædding du Danemark : nous y rencontrons, de suite, le chien, non-seulement à l’état domestique mais servant à l'alimentation, comme aujourd’hui en Chine!

D'où venaient ces nouvelles races? aménant le chien avec elles, ou bien sachant le domestiquer Là où il existait! De l’est, dit-on. Ce seraient les premiers Aryas : ils auraient apporté le chien des hauts plateaux de l'Asie.

La place nous manquerait bientôt pour traiter ces grandes questions avec l’importance qu’elles réclament : il nous suflit d'avoir éveillé dans lintelligence du chasseur les idées qu'elles soulèvent; nous allons essayer maintenant de créer un groupement simple pour nous guider au milieu des innombrables espèces du genre chien. Essayer d'y établir une classification méthodique nous semble une folie : non-seulement les classifications sur ce sujet de Buffon, de Daubenton, de Cuvier, de Desmarets et de tous autres sont contestables, mais aucune ne peut embrasser les mouvements si divers et si marqués que la culture a pu et peut imprimer aux sous-races les plus tranchées.

Telle est la mutabilité de l'espèce, que les chiens qui servaient, 1] y a trois ou quatre siècles, aux mêmes usages que nous avons conservé encore, différaient du tout au tout des nôtres, et que ceux que nous employons aujourd’hui sont très-loin de ceux dont nos enfants se serviront!

Le MN Braque, Le MER TRS NAT RS 4 CHIENS Épagneul SPA TAC RS CURE MR er NUE ER NUE AU 4 D’ARRÊT. , 4 Griffôns en, SR US RER IRUR RS 1 Caniche ou barbdts.".., , Me PE OR 4 Doguë;ou mât... 10...

Hiévrien fs 0 SE ECURIES ; Griffons vendéens. 'A Griffons au poil rude.

Griffons de Bresse. 4 Chiens gris de Saint Louis Chiens fauves des ducs de Bretagne. M Chiens des Ardennes ou Saint-Hubert Chiens greffiers du Roi. | CHIENS Chiens vendéens. | COURANTS. | Braques et Briquets.. | Chiens poitevins.

Chiens normands.

Chiens gascons.

Chiens saintongeois.

Chiens d'Artois.

Basset à jambes droites.

Bassets et Terriers.….

Basset à Jambes torses.

Pointer.

Setter, Springer, Cocker, Clumber.

CHIENS Retriever.

Griffon.

Poodle.

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