THEATRAL
un peu , mon père. ( Il s'approche de Margerin , qu'il amène en avant ù l'écart. ) Les heures ont marché depuis ce matin ?
marc & a ib.
Je ne les compte plus.
MAUFILATRE.
Te souviens-tu des propositions que je t'ai fait faire dans ton cachot?
MARCERIH.
Je les ai repoussée»; que me voulez- vous encore?
MAUFILATRE.
Te sauver au moment du supplice. Je ne veuz pas te voir périr.
MARGERIN.
Tant d’insistanco de la part du seigneur do Maufilatre!... En quoi donc peut l'intéresser ma vie?
MADFILATRE.
Ce n’est pas intérêt pour ta vie , pitié pour ton sort... non... je n'ai pas de pitié... et je le hais... c’est je ne sais quel cri de la conscience!...
MARGERIN
Vous savez donc que je suis innocent?
MACFILATRB.
Je le sais.
MARGERIN.
Eh bienl... il existe un coupable?
MAOFILATRB.
Qu’un seul homme au moude pourrait faire connaître, et cet homme se taira.
MARGERIN.
Que le coupable se nomme lui-même, et que votre influence le sauve comme elle veut me sauver.
MAOFILATRB.
Et... ai... c'était moi?...
MARGERIN, reculant.
Vous... l’assassin du vieillard!...
maufilatre.
Par fatalité... oui... pourrais-tu me conseiller encore...
margbrin, reprenant son attitude calme.
Je vous plaindrais, seigneur, d'étre obligé de vivre couvert du »ang de deux hommes qui ne vous ont jamais fait de mal, et je ne voudrais pat changer ma place avec la vôtre.
MACFILATRB.
Mais ton sang, tu vois bien que je ne veux pas qu'il soit versé.
MARGERIN.
Oui, vous daignez me laisser la vie sauve, avec la honte de l'action.
MAOFILATRB.
Et la bonie du supplice !
MARGERIN.
Elle ne peut atteindre qui ne la mérite pas
MAOFILATRB.
Décidément, tu comptes sur d’autres secours que les miens ?
MARCERIN.
Je n’ai foi qu’en l'assistance du ciel.
MAUFILATRE.
Je sais tout ce qui se prépare. . . ne laisse pas fair
LES CHIENS 1)U MONT-SAINT-BERNARD
le moment... Une foi» hors de cette enceinte, jo ne reviendrai plu» »ur mes pas... que pour faire Justice.
uaugebin, avec un sourire amer.
Justice !... Faite» donc, monseigneur, et voyet si l'approche de la mort inc fait peur... je suis moins pâle que vous.
■ACflLATRB.
C'est ton dernier mot?
MARC ESI s.
Le dernier.
MAtJFlLATRR.
Ta volonté soit faite I (Jh Crieur.) Commencez votre office.
Ji sort , le* trompes rcIcQlutenl de uouveuu ; l'auditoire
lemeui.
coAMPriECfiT, aux siens, bas.
No bougez pas, vous.
le cRiecn, lisant.
• De par haut cl puissant tribunal du ressort Ae l'intendance de Grenoble, on fait savoir à tous qu’il appartiendra la grande justice qui va être faite sur la personne de Louis Margerin, imagier de la cathédrale, atteint et convaincu d'homicide sur la personne de mailre Tltibaudier, orfèvre de la rue des Mer le lies. Après que ledit Margerin, conduit sur la place du Marché, aura fait amende honorable devant la maison de la victime, il sera conduit au gibet et pendu par le cou jusqu’à ce que mort s’ensuive. •
ls coarsssccR.
A genoux, mon fils 1
MARGERIN.
À genoux pour prier le Seigneur de recevoir dans son sein l'amedu défunt, et bientôt la mienne. (Il se relève.) Debout, pour dire à voix haute devant Dieu et devant les hommes : Je suis innocent.
CBAMPFLECRY, VtVCmCUt.
A nous, frères !...
L1 SARREAO.
A nous! ... il est innocent!
pierre.
A la besogne, les hommes de coeur!... sus aux archers !