‹ Les chiens du MontSaintBernard melodrame en cinq actesChapitre 63 sur 79 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

CBAMPFBEURY, JOANNES, MAUFILATRE , Dragons.

joakhes, paraissant le premier sur le pont.

C’est par ici, monseigneur.

maüfilatri, encore en arrière.

Par ici ! par ici 1 allcz-Yous-en au diable avec votre coquin de Saint-Bernard, où chaque pas est un casse-cou de damné.

11 pose U main gauche aar le garde-fou du pontet l’antre •ur $e» yeux. Champfleury pendant leur arrivée a fait entrer Alix, Louis et Liétard , dans la cabane et est entre arec eux.

ioahhes, A HauflAtre, toujours immobile.

Que faites-vous donc U, monseigneur?

MACPILATRE.

le fais que la tête me tourne, pardieu ! Tu crois peut-être que je suis né sur le coq d’un clocher?

JOAKHES.

Il est sûr qu’il faudrait être de U race des chats de goutiéres pour tenir sans broncher sur ces glissades sans rebords.

HAUFILAYRE, leCOUOnt la titt.

LA... c’est passé! je n’y mets pas d’amour-propre, moi... j’avais besoin de reprendre l'équilibre. ( Il se remet en marche.) Arriverons-nous bientôt?

JOAKHES.

Nous sommes arrivés.

Il dciccod du pool derrière Ira rochers avec MauOlalre «t

les dragons.

LES CHIENS DU MONT-SAINT-BERNARD

ciuktPFuuRY, à l’aspect du vieux Bohémien , qui débouche le premier .

Ah ! ah ! les voilà !... bon , le loup va gagner ta tannière... Ils passent derrière le rocher, le chemin ordinaire; prenez bien la route : moi je connais un petit sentier qui fera joliment mon affaire !

joakhes, débouchant par la descente.

Par ici, colonel. Diable de neige qui m'a fondu dans les yeux.

■ acfilatre, arrêté derrière le rocher.

Ah ! tiens, Joannes, voilà nos dragons, ils arrivent à point. (Il continue ù descendre.) C’est donc sur ce plateau que se trouve le drôle que je jugeais digne de récompense à Grenoble? Je la lui garde bonne !

joakses, levant la tite , aperçoit Champ fleur y au milieu du pont.

Et tenez, regardez, le voilà sur le pont que nous avons quitté tout-à-l'beurc.

■ ACFILATRE.

Par où diable s'est faufilé ce coquin? Cbatnpfleury du démon, veux-tu t'arrêter? ( Ckampfleury le regarde et continue sa route.) Non ! En avant, dragons ! il me faut cet homme mort ou vif. (Les dragons gravissent le rocher. Maufllatre continue à Joannes.) Vif me conviendrait mieux : j'ai des renseignemens à en obtenir.

cbampflsurt , arrivé au bout opposé du pont et prenant sa hache.

Ne vous donnez pas tant de mal , mes braves , (il frappe ù coups redoublés) ce serait inutile.

MACFILATEE.

Plaisanterie de contrebandier; allez toujours.

ciaiipflic&y , se relevant.

Malheur à qui s’y fiera, j’ai coupé les supports, on ne passera plus.

VAOFitAtax, aux dragons.

Eh bien! vos balles passeront; logez-lcs dans sa peau.

ciampfleury , fortement.

Monseigneur, je vous préviens que la moindre commotion peut détacher un des blocs de là-haut sur vous.

■ACFILATRE.

Ahl lu veux me faire peur! Dragons, en jouet ioaiikbs , sur le chemin entre les dragons et son maître.

Dragons, n'en faites rien, (il tombe à genoux.) Monseigneur, je vous en prie à mains jointes.

■ACFILATRE.

Poltron!

CHAHPFLBtJRY, en dehors du pont.

Je vous ai prévenu, monseigneur, tant pis pour vous.

■acfilatre, aux dragons.

Feu , vous autres !

V n craquement te fait entendre avec le rouirmeot du tonnerre. A peine Maufiiâlrc a paris , cl les dragons ont eaeculéson ordre, que le bloc du roeber qui supportait les dragons s’ébranle , une partie s’affaisse et rroulc daus le précipice, où on les voit s'engloutir. Un autre bloc roule perle sentier sur lequel Joannes est tremblant bgroous,

et l'écrase devantMaufilatre. Un autre bloe encore tombe, aurla masure , la met en débru et va se perdre aussi dans le gouffre. Ali*, Louis et Liétard restent ensevelis sous la toiture enfoncée, et le pont, détache d'un de ses appuis, reste suspendu dans le vide.

■acfilatre , stupéfait, pâle et les cheveux hérissés devant le bloc sous lequel Joannes est écrasé. Joannes avait raison... le pauvre diable... ( il avance la tête et regarde en bas ) tous ensevelis ! Je dois un beau cierge à saint Philippe mon patron.

alix, sous les débris de la masure.

Mon Dieu t mon Dieu, pitié ! sauvez mon enfant! mon pauvre enfant !

MACFILATEE.

C’est une voix humaine, un être encore vivant, épargné comme moi. ..je dois bien à Dieu, qui m’a conservé , de l’aider à sortir d’ici. ( Il s'avance vers la masure.) Une femme! un enfant sous les décombres!... pauvres créatures! (Il aide Alix, qui tient Jjouis dans scs bras , ù se soulever, et l'amène sur un sol plus solide.) Allons, allons... ce n’est pas le moment du désespoir... ma bonne femme*, un peu de courage... en attendant les bons pères du Saint-Bernard... me voilà.

alix, affaissée au milieu du plateau sur son enfant, et sans regarder qui lui parle, mais avec terreur et désignant l'emplacement de la masure.

Là... encore un homme, sauvez-le!

■acfilatre, s'avance dans les décombres, cherche, regarde et s’écrie.

Mort!

alix , traînant avec elle son enfant vers un quartier de roche.

Pauvre Liétard !

■acfilatre, encore auprès de îa masure.

Liétard ! (Il examine cette femme et d'une voix étouffée.) Alix? (Il s'avance vers elle. ) En tous les lieux possibles elle serait la bien venue. Mais si je m’attendais à quelque chose...!

Page 1