‹ Les chinois chez euxChapitre 30 sur 43 · LETTRE VINGT-QUATRIEME · texte numérisé non relu

LETTRE VINGT-QUATRIEME

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Hin-y-Fou, le 8 janvier 1880.

Mon cher Ami (i),

I tardive qu'ait été votre lettre, elle m'a pourtant fait le plus grand plaisir, pour les bons souvenirs qu'elle réveille chez moi. Vous savez bien qu'un missionnaire n'est pas un tigre, un léopard, une panthère, un loup, un buffle, un vautour, un épervier, une chauve-souris, etc., mais un homme de chair et d'os, avec du sang et un cœur ; comme il ne trouve plus guère d'affections sur sa route, il aime à se reporter dans le passé, vers celles qu'il a sacrifiées pour l'Eglise et le nom de Jésus-Ciirist, mais qu'il n'a pas étouffées dans son âme. Ce ne serait d'ailleurs pas une vertu ; et il ne faut pas prétendre cesser d'être homme quand on devient prêtre, puisque Notre-Seigneur s'est fait homme pour devenir prêtre !

Donc, cher Ami, ni l'éloignement ni le temps ne m'ont fait oublier ce que vous me rappelez ; bien plus, l'isolement moral et intellectuel, avec un tas de misères trop longues à énumérer, m'ont donné, sous ce rapport, un appétit extraordinaire, et ajoutent aux souvenirs la vivacité, le charme, je ne sais quelle poésie. Que voulez-vous ! on n'est pas de fer, et les Chinois auront ma vie, mon dévouement, mes peines, mais ils ne supplanteront pas la patrie dans cet endroit délicat

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