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II. Tailleursdepierre. IV. Morteliers

Cependant ces corps d’état n’étaient pas soumis à un régime uniforme. Pour les maçons, par exemple, le métier était libre 3 ; les plâtriers, au contraire, devaient acheter le droit de l’exercer au maçon du roi, en lui versant une somme de cinq sous 4 .

I. Maître Guillaume avait interdit à ses subordonnés de travailler après la chute du jour, « se ce n’est à une arche ou à un degré fermer, ou à une huisserie faire fermant, assise seur rue 5 . »

Tous déclarent avoir pour patron saint Biaise, « monseigneur S. Blesve®. »

1 A son pouvoir.

2 Livre des métiers, titre XLVIII, art. 4.

3 Article 1.

4 Article 13.

5 Article 10.

0 Article 2.

II. Les tailleurs de pierre prétendaient avoir été exemptés du service du guet par le roi Charles Martel 1 , privilège qui remonterait ainsi au début du huitième siècle.

III. Dès que le plâtrier avait versé ses cinq sous à maître Guillaume, il jurait entre ses mains « seur Sains® que il ne metra rien avec le piastre fors le cueur du piastre, et que il liverra bone mesure et loial 3 . »

IV. Les mortelliers réduisaient en poussière certaines pierres dures, pour en former un mortier spécial. Cette opération nécessitait sans doute l’emploi d’un mortier, et c’est de là qu’est venu le nom du mélange de sable et de chaux dont on se sert aujourd’hui 4 .

C’est 'là l’explication la plus vraisemblable du travail des mortelliers, sur le compte desquels on a émis cent hypothèses absurdes, jusqu’à les regarder comme marchands de l’espèce de saucisson nommé mortadelle* . Au reste, il suffisait de lire l’article 15 deleurs statuts pour résoudre la question. Il est ainsi conçu : «Limortelier doivent jurer devant le mestre du mestier qu’il ne feront nul mortier fors que de bon liois 9 ; et se il le feit d’autre pierre, etc. »

1 « Li mortelier sont quite du gueit, et tout tailleur de pierre, très le tans Charle Martel, si corne li preud’ome l’ont oï dire de père à fil. » Article 22.

* Sur les reliques des saints.

3 Article 13.

4 Voy. Ducange, au mot mortarium.

5 Vo Y- Jaubert, Dictionnaire des arts et métiers, édit, de 1773, t. III, p. 243.

6 Pierre de liais.

Le premier maçon du roi, devenu « maître des œuvres de maçonnerie, » puis « maître des bâtimens du roi, » fit souvent reconnaître ses droits, qui furent confirmés en 1574, en 1595, etc 1 . Des lettres patentes, obtenues à cette dernière date, l’autorisèrent à infliger des amendes montant jusqu’à dix écus.

CONCESSIONS FAITES AU PREMIER MARÉCHAL DE l’écurie ROYALE.

Le roi avait concédé au premier maréchal de son écurie une partie des revenus et la basse justice des fèvres. Ce nom fut d’abord commun à tous les ouvriers travaillant les métaux, et il nous en est resté le mot orfèvre; jusqu’au treizième siècle, on appela maison au fèvre une maison de la rue Saint- Eloi qui passait pour avoir servi de demeure au célèbre orfèvre de Dagobert. Cependant, le mot fèvre avait déjà changé de sens, et ne désignait plus guère que les artisans martelant le fer.

Parmi les corps d’état qu’ils composaient, neuf étaient soumis à l’autorité du premier maréchal. C’étaient les :

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