‹ Les Choéphores d'Eschyle. Les Eumenides d'Eschyle. L'ours et la luneChapitre 10 sur 24 · LA CHORÈGE · texte numérisé non relu

LA CHORÈGE

(8) Deux pas vers elle, de manière à se mettre à sa hauteur, quoique dominée par elle.

(9) La Choriste qui suit ou Choriste 1 .

(10) ELECTRE. Même jeu. Un pas jusqu'à la Choriste i,puis 2, puis 3. A la quatrième Choriste elle se retourne et revient ensuite à la Chorège, qui donne la dernière réplique.

Le Chœur fait ainsi la fonction d'une espèce de conseil immuable, pareil aux pieds d'un vers à un mètre sur lequel l'Acteur principal vient se mesurer et se reporter.

(11) ELECTRE en a devant la Tombe.

Tout ce discours pourrait être récité dans un long mouvement unique des bras et des mains,^ comme si elles élevaient un vase de libation qu'à la fin elles précipitent.

(12) Chœur chanté.

D'une manière générale dans le Drame grec la poésie des chœurs est d'un caractère difficile et peu accessible au public. Je crois que l'élément essentiel en est moins le sens que l'intonation, la violence ou la rémission, l'accélération ou l'élargissement du débit, et tous les éléments de rythme, — moins

le sens des mots que le train de la pensée et l'expression des sentiments; — parfois seulement un soutien de batterie ou parfois la musique pour donner le déploiement nécessaire. Il n'est nullement nécessaire que le public comprenne le sens de chaque phrase. Parfois un chuchotement mystérieux sera suffisant. Parfois les différentes parties du Chœur chevaucheront l'une sur l'autre.

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ELECTRE, à la première phrase, reste immobile, les yeux fixés sur le sol.

A la première réplique du Chœur, ELECTRE recule en silence jusqu'en 12 où elle se trouve au niveau d'ORESTE, qu'elle ne voit pas. A chaque réplique elle fait un pas, accompagnée par les Choristes qui sont à son niveau. Par derrière ORESTE (et PYLADE) suivent le même mouvement. En même temps, de l'autre côté, et commençant par la Chorège, et la Choriste 1, les Choristes de

l'autre rangée viennent une à une (et toujours de face), se ranger contre la Chorège, de sorte qua la fin les 13 Choristes serrées forment comme une haie devant la Porte, cachant ORESTE et PYLADE. Admirer les trucs véritablement enfantins de la boucle de cheveux et du pied, trop facilement raillés par Euripide. Verrall suppose ingénieusement que les Atrides, appartenant à une race étrangère et conquérante, pouvaient se distinguer du reste du peuple par la couleur des cheveux et le dessin particulier de la plante. J'admets plutôt qu'Eschyle, superbement indifférent à la vraisemblance, n'a retenu des signes que ceux qui avaient une valeur poétique, ce flocon arraché à l'agneau jadis dérobé, ce vestige dans la terre fraîche de la tombe paternelle.

(14) devant le Tombeau en a, le dos tourné au Choeur.

(15) parlant derrière le Chœur qui le cache.

Les Choristes, une par une, reviennent à leur place primitive, de sorte qu'à la fin il ne reste plus, centrales, que la CHORÈGE et ses deux acolytes immédiates, qui cachent ORESTE et PYLADE.

(16) Ici ELECTRE se retourne, face à ORESTE.

(17) Les trois Choristes s'écartent, et le frère et la sœur se trouvent face à face.

(18) Il va vers elle et la prend dans ses bras pour s'en séparer à la fin du second vers, sans l'avoir embrassée.

(19) Le mouvement de cette tirade est réglé par les trois Si. ?

(20) La CHORÈGE se plaçant entre eux comme pour les séparer.

(21) Violent et agité, parcourant d'un bout à l'autre la rangée des douze choristes.

(22) Partie chantée. — Les acteurs ici pourront être remplacés par trois chanteurs qui prendront leur place. — La CHORÈGE en a, ELECTRE en b, ORESTE en c. — Jusqu'au vers final « Par le fer et par le sang ».

(23) Le lecteur n'aura pas manqué d'admirer, au cours des pages qui précèdent de cette fidèle traduction,— (puisque c'est l'exécrable Christianisme, chacun le sait, qui a apporté parmi le joyeux monde païen, livré à une fête perpétuelle, le sentiment jusqu'alors inconnu de la tristesse et du malheur essentiel à la vie), — ces qualités d'ordre, de sérénité parfaite, d'allégresse, de clarté dans les idées, de beauté générale et abstraite, qui, au dire des poètes Parnassiens docteurs de la Critique, et en général de tous les gens qui n'ont jamais lu une ligne de grec, forment le plus précieux caractère de la poésie antique. Euripide et Sophocle, sans parler de Pindare, leur ménageraient d'égales déceptions.

Admirons en particulier la composition de ce présent drame des « CHOEPHORES ». On y trouve deux « situations » dont nos grands poètes, tels que Emile Augier et Victorien Sardou, ou simplement Victor Hugo, auraient tiré le meilleur parti : la rencontre du frère et de la sœur, le parricide. On voit d'avance tout ce qu'auraient su « filer »

sur ces thèmes les hommes admirables dont je viens de citer les noms. Eschyle, au contraire, expédie tout ce qui est drame ou action proprement dite avec la rapidité de l'éclair. Les ruses d'ORESTE sont expliquées en quelques lignes incohérentes. Les épanchements du frère et de la sœur sont épuisés en deux couplets. EGISTHE est nettoyé en quinze lignes, CLYTEMNESTRE balayée en autant de répliques. Toutes les délicieuses possibilités qui s'offraient d'un complot savamment ourdi, où ELECTRE et EGISTHE lui-même interviendraient, cette mère parlant à ce fils qu'elle ne reconnaît pas, etc., Eschyle les a négligées de parti pris. Electre disparait aussitôt qu'elle a terminé ses vociférations et l'on ne sait plus ce qu'elle devient. Aucune lumière ne nous est fournie sur la situation sociale et politique en Argos du couple irrégulier. On dirait que le poète a hâte de reprendre ce long cri devant une tombe mal fermée, qui, à vrai dire, est tout le drame, l'étonnement devant la mort et le mal, l'ignorance de l'homme, l'appel vers la Justice et le témoignage de tous les êtres qui nous entourent, visibles et invisibles, parmi les ténèbres qui s'épaississent et les parois qui se resserrent d'une pénalité indéfiniment réversible. — C'est sur l'Incantation centrale que le drame entier trouve son équilibre.

(24) Chœur rythmé et accompagné par la batterie. La nuit se fait de plus en plus sur le théâtre. — Toute cette scène est comme chuchotée, sans

qu'on puisse nettement distinguer les mots, la parole sautant brusquement de l'une à l'autre des Choristes avec de fortes variations de tons. Accompagnement des instruments de batterie. Les Choristes maintenant adossées à la draperie. Chœur invisible par derrière chuchotant et reprenant avec violence certains mots. On voit des mains qui passent par les fissures, on distingue vaguement des figures et des yeux.

(25) frappant à la Porte officielle du milieu.

(26) sortant par la porte D'.

(27) sortant par la porte D'.

(28) dit par le Demi-Chœur de gauche à demi-voix.

(29) Demi-Chœur de droite de même chevauchement sur le Demi-Chœur de gauche.

(30) Chœur accompagné par la batterie. Les Choristes groupées trois par trois, celles des côtés lisant sur le livre de celles du milieu.

(31) Entrant par le côté de la scène, comme s'il venait du dehors. Il entre dans la maison par la porte D.

(32) Chœur bas et précipité, les mots en désordre, passant d'un bout à l'autre de la rangée.

(33) Sur le côté gauche.

(34) Il entre par la porte D' et sort par la porte D.

(35) Entrant par la porte D'.

(36) Entre PYLADE par la porte D. CLYTEM- NESTRE recule d'un bond jusqu'à la hauteur de la dernière Choriste où l'attend ORESTE, l'épée tirée à la main. Elle lui tourne le dos.

(37) Elle se retourne vers ORESTE.

(38) A chaque réplique, CLYTEMNESTRE recule d'un pas, de Choriste en Choriste, jusqu'à ce qu'enfin, elle disparaisse, suivie d'ORESTE, par le côté gauche de la scène.

(39) Chœur chanté.

(40) La Grand'Porte s'ouvre. ORESTE debout sur les cadavres de CLYTEMNESTRE et d'EGISTHE que recouvre le linge qui a servi au meurtre d'AGAMEMNON.

(41) Murmure, gémissement des femmes, enveloppées maintenant de leurs manteaux, et presque disparues entre les plis du rideau.

(42) PYLADE le lui donne. Ce rameau et cette bandelette, attributs du Suppliant, ne nous font-ils pas souvenir de la Croix et du Serpent d'airain ?

(43) LA CHORÈGE rythmée par la batterie.

(44) Il sort par la gauche ainsi que pour toutes les autres répliques jusqu'à la fin.

(45) LA CHOREGE en a, récitant la conclusion.

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