A. — EN CAS D'URGENCE
La présence au niveau du cricoïde d’une tumeur dure et impossible à refouler rend difficile le passage de tout appareil de tubage intra-laryngé, et contre-indique cette opération qui pourtant a élé effectuée heureusement par Zenker.
Deux interventions sont à discuter : la trachéotomie simple, qui mettra fin à l’'asphyxie menaçante, et une opération plus complète se proposant l’ablation de la masse sténosante.
4° Trachéotomie.
Indications. — Opération d'urgence au premier chef. La trachéotomie paraît être l'intervention de choix toutes les fois que le danger pressant obligera le chirurgien à intervenir rapidement. Elle a souvent été employée et a donné d'excellents résultats.
Manuel opératoire. — On s'adressera à la trachéotomie vraie qui seule paraît avoir été employée jusqu'à présent, à l'exclusion de l'intererico-thyroïdienne, qui conduirait au niveau même de la lésion et donnerait leu par conséquent à des difficultés que l'état du malade ne permet pas d’encourir.
Fera-t-on une trachéotomie haute ou une trachéotomie basse? La première, plus simple, plus rapide, convient mieux aux circonstances cliniques, et c'est à peine si elle donnera lieu, lors de l'intervention radicale subséquente, à quelques difficultés. Il serait bon, toutefois, de ménager autant que possible le premier
ou même le second anneau vrai de la trachée, de sorte que c’est une sorte de trachéotomie intermédiaire que, au moins en principe, nous conseillons.
Nous ne décrirons pas ici la technique trop connue de cette opération, ni les soins post-opératoires qu’elle impose.
2° Ablation de la tumeur.
Théoriquement, car ceci n’a jamais été fait, on pourrait songer, lors d’une crise de dyspnée survenue chez un malade parfaitement connu, à pratiquer non la trachéotomie palliative que nous venons d'indiquer, mais l’ablation même de la tumeur, c'est-à-dire une opération radicale.
Nous croyons que cette indication se posera très exceplionnellement, car elle exige des circonstances cliniques qui paraissent bien difficiles à réaliser. Elle supposerait en effet que le malade est connu, le diagnostic de sa lésion parfaitement établi, qu'il se trouve ou peut être amené rapidement dans une installation chirurgicale permettant de mener à bien une intervention en somme délicate, et que la dyspnée enfin ne donne pas lieu à un danger trop pressant.