‹ Les Chordomes Sacro-CoccygiensChapitre 17 sur 30 · PAG · texte numérisé non relu

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Si nous examinons de plus près ces éléments, deux faits caractéristiques nous frappent : la disparition inégale et inconstante des contours cellulaires et la vacuolisation du cytoplasme. Cette vacuolisation est, le plus souvent intracellulaire, mais les petites vacuoles, en s’accroissant et en se fusionnant, arrivent à détruire les membranes cellulaires. Le tissu

FiG. 3. — Chordome. — Coupe. — Gross! 790 fois

À droite, éléments vacuolaires cloisonnés par de minces travées collagènes. |

À gauche, éléments fusiformes groupés en faisceaux.

néoplasique offre alors l’aspect d’un syncytium très lache dans lequel sont noyés des noyaux de forme et de dimensions variables.

Ces noyaux, sous leurs multiples variations, sont le plus souvent allongés, hypochromatiques, avec une très fine membrane nucléaire. Les mitoses sont nombreuses, les amitoses sont fréquentes, mais non démonstratives. On trouve facilement des noyaux géants ou lobés.

Les éléments cellulaires présentent des différences de taille assez considérables. Les plus petits ont un cytoplasme dense, les plus grands sont vacuolisés. Parfois la membrane cellulaire est conservée et on a la forme curieuse suivante : Un noyau entouré d’une faible couche de cytoplasme granuleux occupe le centre de l’élément et reste séparé par une série de logettes régulières de l’ectoplasme périphérique condensé en une membrane plus ou moins régulière. C’est l’aspect classique du physaliphore, caractéristi-

que du chodrome.

Caractères histo-chimiques. — Souvent, ces vacuoles ont un contenu hyaloplasmique, mais souvent, aussi, on trouve une substance amorphe ou granuleuse, imprégnée en bleu violacé par l’hémateine, en rouge vineux, par la thionine, en vert par le trichrome de Prenant, en rose vif par le muci-carmin, en bleu par le trichrome de Massom, en jaune plus ou moins rosé par le Van Gieson, en un mot, présente des réactions colorantes qui le relient d’une part au mucus, d'autre part à la substance fondamentale du tissu

conjonctif (collagène). nt

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Les éléments cellulaires sont groupés de façons variables : tantôt ils sont isolés, tantôt ils sont allongés en cordons irréguliers et fusiformes, et tantôt ils sont fusionnés en syncytiums (Alezais et Peyron). |

Nulle part, on ne trouve de masses cellulaires néoplasiques dans les vaisseaux sanguins et lymphatiques. Cependant la nature infiltrante de la tumeur ne saurait être mise en doute et elle s’accuse, en particulier, par la dissociation des glandes sudoripares qu’on peut trouver isolées au milieu d’un champ néoplasique.

Résumé des caractères fondamentaux. — Les carac-

tères histologiques de cette tumeur sont donc d’être caractérisée par des éléments cellulaires très polymorphes, cubiques, ovoiïdes ou fusiformes, en connexion étroite avec le stroma conjonctif. En plus de leur polymorphisme, ces cellules présentent une vacuolisation de leur cytoplasme associée à la disparition inégale des contours cellulaires.

Le contenu des vacuoles semble relié, d’une part au mucus ; d'autre part à la substance fondamentale du tissu conjonctif (collagène).

Or, ces caractères se retrouvent à l'examen histologique des chordomes dont on a lu plus haut l’observation. Dans l'observation de De Bernardi par exemple, voici ce que nous voyons : Néoformation de type chordal. — Les cloisons conjonctives émanées de la capsule délimitent des lobules, offrant les uns un aspect clair, les autres un aspect foncé. L’aspect clair est en rapport avec la présence des vac-

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cuoles, l'aspect foncé caractérise les cordons à cytoplasme homogène granuleux ou filamenteux. Les grandes vacuoles renferment une substance qui s'imprègne en rose par l’hematoxyline, et que le muci-carmin ne colore pas comme le mucus véritable, Ces cellules sont, en général, privées de noyau. Dans l'observation de Tuffier, Géry, Vignes, l’examen histologique a montré des loges cloisonnées et fibreuses. Les cellules néoplasiques sont isolées ou groupées ; elles sont très vacuolisées et présentent l’aspect typique du physaliphore. Lewis, enfin, nous dit trouver des cellules vacuolaires à noyau excentrique et, sauf dans un cas, porte le diagnostic de chordome.

C'est donc à dire que le chordomeé est une entité anatomo-pathologique actuellement bien constituée et que, s’il n’a fait que récemment son apparition dans le domaine médical, c’est à l’insuffisance de leurs techniques histologiques et histo-chimiques qu’on le doit et non au manque de perspicacité des anciens

auteurs.

Ed —

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