III. — Evolution
Ces tumeurs à symptomatologie si variable ont une évolution non moins variable, du moins quant à la durée, car le terme ultime, ainsi qu’on le verra est le
même, fatal.
Durée. — Tous les cas se voient : un des malades, dont nous avons rapporté l’observation (Mazzia), a ressenti les premiers symptômes dix-huit ans avant que son état nécessitât son entrée à l’hôpital. D’autres, cinq ans, quatre ans, et moins ; il semble que les deux cas où l’évolution ait été la plus rapide, soient celui de De Bernardi, dans lequel deux mois seulement se sont écoulés entre les premiers symptômes et l'intervention, et celui d'Albert, dans lequel la tumeur a apparu neuf semaines après le traumatisme déterminant et a été enlevée trois mois après.
Suites opératoires, mort rapide. — Dans tous les cas, sitôt la tumeur reconnue, l'intervention a été décidée et l’ablation pratiquée. Les suites opératoires furent variables.
Dans le cas de MM. Bérard, Dunet et Peyron, le malade qui était dans un état de cachexie très avancée, ainsi que le montre la photographie annexée à l'observation, amaigrissement extrême, teint jaune paille, succomba de choc opératoire dans la journée de l'intervention.
Dans le cas de Micotti, ce fut 2 ou 3 jours après l'opération que se produit l’exitus, d’une façon, d’ailleurs assez spéciale, au milieu de phénomènes nerveux, de tremblement généralisé, de contracture spasmodique des membres inférieurs avec abolition des réflexes.
Récidives. —- La plupart du temps, le malade, dont l’état général était bon au moment de l'intervention, la supporte bien, il s’améliore et peut reprendre sa
UE
vie normale ; mais l’évolution ne s’arrête pas, sourdement elle continue ; quelques temps après, six mois, un an, récidive, nouvelle intervention ; si le malade lui survit, nouvelle récidive et le terme fatal approche dans la cachexie et l’amaigrissement.
En règle générale, la récidive se fait sur place, mais Lewis nous cite 2 cas où cette règle n’est pas confirmée ; dans l’un, il y a généralisation péritonéale avec fines granulations ; dans l’autre, il y aurait une métastase cervicale. Mais pour ce second cas, il ne saurait être affirmatif dans son diagnostic de chordome. En tous cas, on n’a pas signalé de métastase viscérale.
Sauf deux malades dont on a perdu les traces, les autres ont tous succombé à la première ou à la seconde récidive et l’on peut répéter avec Lewis que le pronostic est fatal. « 100 per cent. mortality ».
iy on