‹ Les Choroïdo-Réactions TuberculeusesChapitre 18 sur 38 · PAR. | PAS · texte numérisé non relu

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tance où se trouvent les points fixés de l’œil du sujet. Ii est intéressant de noter qu’il se manifestera fréquemment d’une façon bien plus marquée dans la vision de près.

Prié de lire les petites lignes d’un texte, il nous apprendra que dans un mot assez long, certaines lettres lui apparaissent moins nettes que d’autres. Ce défaut de netteté constitue au début une gêne des plus désagréables pour le patient. Il s’agit pourtant d’un trouble ordinairement léger et cela d’autant plus que la lésion est fréquemment unilatérale, sauf dans l’observation n° 1 de MM. Déjean et Bigonnet où les deux yeux étaient intéressés.

Signe d'alarme, nous le retrouvons chez la plupart de nos malades qui l’avouent spontanément et décrivent avec maintes précisions, les circonstances au cours desquelles ils s’en rendirent compte.

Avec ce premier symptôme, ét en rapport avec lui, apparaît une baisse de l’acuité visuelle : elle est plus ou moins sensible suivant la situation de la lésion par rapport à la macula et l’importance du processus congestif.

Elle sera, bien entendu, très vite perçue si l'affection est bilatérale, tandis que dans les choroïdites monolatérales, elle risque parfois de n’être que peu perceptible, et ne mériterait donc qu’imparfaitement sa classification parmi les signes fonctionnels, comme le prouve l’exemple de ce jeune homme (observation n° 6), élève de l'Ecole de Navigation qui, pendant un mois, poursuivit ses études en ignorant la chute de son acuité de l’œil gauche (normale auparavant) à 6/10. Ce cas n’est pas exceptionnel, et beaucoup de malades sont longs à s’apercevoir d’une diminution de vision dont ils se trouvent être les victimes.

Il est toutefois remarquable de constater que cette sensibilité est variable avec les individus, et l’on sait combien certaines personnes sont, au contraire, très vite mises en éveil par une baisse de la vision des plus minimes.

en

Autre fait curieux, lorsqu'on leur fait lire le tableau, il nous est arrivé de voir des sujéts (nous pensons en particulier à l'observation n° 2) diriger leur regard légèrement à côté de la lettre demandée, ils usaient ainsi d’une vision latéralisée, indice d’une lésion du fond de la fovea, ou comme lécrit Baïlliart seuls quelques éléments situés au bord de la région maculaire qui ont été conservés, expliquent cette particularité.

Nous n'avons jamais trouvé d’amaurose. L’acuité la plus faible que nous ayons constatée a été de 1/50. Les autres s’échelonnent en occupant tous les degrés de l'échelle jusqu’à l’acuité normale, cas de l’une de nos observations.

À côté de ces deux signes fonctionnels capitaux, et qui ne manquent, peut-on dire, jamais à la période de début des choroïdites subaiguës exsudatives d’origine tuberculeuse, nous devons en ajouter un autre que nous appellerons accessoire à cause de sa rareté et consistant dans Péclosion de phénomènes douloureux au niveau de l'œil lésé.

Nous ne trouvons cet élément « douleur » que dans une seule de nos observations; encore ñe s’agissait-il pas de manifestations violentes; elles \étaient cependant assez accusées pour décider la malade à consulter son ophtalmologiste. L’existence d’un tel élément est d’ailleurs facile à concevoir si l’on se souvient que la choroïde, moins riche que le reste de l’uvée en terminaisons sensitives, n’en est tout de même pas complètement dépourvue, et en outre, qu’au niveau de sa surface externe passent de nombreux : nerfs detinés à l’iris et au corps iliaire, pouvant jouer un rôle important dans le mécanisme, de ce symptôme.

La faible intensité de la douleur s'explique justement par la pauvreté de la membrane en extrémités sensibles et par l'allure clinique subaïguë de laffection.

Cette symptomatologie fonctionnelle des choroïdites à leur premier stade (aussi grande sa signification soit-elle), peut orienter le diagnostic, mais ne saurait suffire à l’affirmer. Il convient pour ce fait, d’aller plus avant et de pratiquer un bon examen ophtalmoscopique qui apportera les preuves irrécusables faisant encore défaut.

Signes ophtalmoscopiques

Deux aspects du fond de l’œil, au début de la maladie, sont susceptibles d’apparaître isolément ou simultanément :

La rougeur de la choroïde ou un œdème localisé.

Etudions d’abord le premier.

L’examen montre une teinte rouge foncé ou brique du segment postérieur comme l'écrit le Pr. Déjeañ, qui tranche d’une manière très pRRPRRIS d'avec la coloration habituelle de cette zone.

Elle affecte la région maculaire ou paramaculaire. Nous avons vu, à propos de la pathogénie, combien était dense la vascularisation à ce niveau, et avec quelle facilité le débit circulatoire physiologique pouvait devenir pathologique. Une cause inflammatoire minime suffit pour lui faire franchir le point critique, et la stase sanguine au niveau du foyer congestif contribuera à donner à la région . en question cette coloration rouge foncé caractéristique. On ne saurait trop insister sur la valeur de ce signe au point de vue diagnostic, souvent seul témoin objectif de la souffrance choroïdienne. Témoin sûr lorsqu'on a réusst à la déceler, on ne dissimulera certes pas la difficulté de cette découverte. On risque, en effet, de s’égarer aisément sur une fausse piste à cause de la couleur physiologique rouge vif de la macula due à cette densité vasculaire, dont nous parlions plus haut, et remarquable précisément chez les individus jeunes. Est-il alors raisonnable, dirat-on, de s’attacher uniquement à une légère modification

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