AR PAS
Les jours suivants, apparaissent des signes d’irido-cyclite avec dépôts punctiformes ternes disposés en triangle à sommet supérieur à la face profonde de la cornée.
Du point de vue général, l'examen est entièrement négatif. Rien ne rappelle la tuberculose dans les antécédents personnels et familiaux. Tous les examens sérologiques pour la syphilis sont négatifs. Mais le père du malade est mort de tuberculose pulmonaire. La réaction de Besredka est positive. Guidés par ce dernier examen et par l'aspect clinique de la lésion sus-maculaire, nous instituons un traitement à l’antigène méthylique. Après un mois de traitement, l’acuité visuelle est passée de 1/50 à 3/10. D'autre part, au fond d'œil, le flou papillaire a considérablement diminué, les placards sus-maculaires sont moins pâles, les exsudats périmaculaires et péri-vasculaires bien moins marqués. ne
Deux mois après, l’acuité visuelle, est passée à 9/10: l’ensemble du fond d’œil a repris son aspect normal; le flou papillaire a disparu; il persiste seulement en partie le placard chorio-rétinien sus-maculaire. Tout signe d’irido-cyclite a disparu,
. Au bout de trois mois le malade sort du service pratiquement guéri, et continue chez lui le traitement à l’antigène méthylique.
A ce cas assez exceptionnel de chorio-rétinite maculaire, s’ajoutait une neuro-rétinite que trahissait l'aspect flou de la papille et les exsudats rétiniens.
M... Noël, 42 ans, homme d'équipe de la S.N.C.F. Entre dans le service le 20 novembre 1941.
Depuis 3 mois, trouble visuel progressif à type de brouillard diffus devant l'œil droit. La vision de l'œil droit qui était normale auparavant tombe en un mois à 3/10, puis se maintient à ce niveau. Il accuse un brouillard plus dense dans la partie centrale et nasale du champ visuel.
NT Jet
A l'examen, l'œil gauche est normal, l'œil droit : V:0..D. = 3/10. L'examen du fond d'œil montre des lésions, paramaculaires de couleur brun foncé, avec aspect de structure alvéolaire tout autour de la fovea, qu a perdu son reflet, paraît touble; les lésions du côté. an de la macula sont un peu plus étendues.
Papillle et vaisseaux sont normaux.
L'examen général est entièrement négatif. Toutes les Au tions sérologiques pour la syphilis sont négatives.
La réaction de Besredka est fortement positive.
Dans les antécédents du malade, on note seulement des bronchites à répétition dans l’enfance. Son médecin traitant a toujours craint, dit-il, l’évolution d’une tuberculose, mais rien n'avait jusqu'ici confirmé cette opinion.
Un traitement à l’antigène méthylique est institué. Deux mois après l’acuité visuelle est remontée de 3/10 à 5/10, on note un début de pigmentation dans le voisinage de la macula.
Six mois après, J’acuité visuelle est passée à 7/10 (elle se . maintient depuis de 7 à 8/10). Au fond d'œil, on note toujours un aspect en nid d’abeilles de la macula, surtout net dans la partie sous-jacente à la macula où l’on distingue 4 à 5 petites niches. La partie supérieure est assez uniformément floue et pigmentée. Dans l’une des petites géodes on voit une plage . plus brillantes que le reste, pouvant correspondre au reflet fovéolaire. ;
OBSERVATION N° 17 publiée à la Société d'Ophtalmologie. de Lyon dans la séance du 9 février 1943, par L. Genel
OBS... 27 ans, se présente à ma consultation le 15 février 1939. I1 se plaint d’une baisse visuelle de l’œil gauche datant de quelques jours. L’acuité visuelle est de 1/15 faible et le malade déclare avoir une sensation de nuage,
A l'examen ophtalmoscopique on note l'existence d’une lésion choroïdienne maculaire. f[nterrogé, le malade déclare m'avoir jamais eu aucune affection oculaire, Dans son enfance il à eu, dit-il, « un point de pneumonie » pour lequel on la envoyé à la campagne pendant 8 mois, mais depuis ce mo- - ment sa santé générale est excellente. On a fait une radioscopie, on recherche en particulier l’état du sommet du poumon, la radioscopie ne permet de relever aucune lésion, aucune adhérence, aucun voile, pas de ganglions médiastinaux; les sinus diaphragmatiques sont libres; l’auscultation ne révèle aucun signe suspect. On fait un Bordet-Wassermann qui est négatif. Le Professeur Rebattu examine le nez et les sinus et j'obtiens la réponse suivante :'« Sinus parfaitement Ilumineux, rien du côté auriculaire. À signaler seulement une obstruction nasale totale à gauche sans rhinite ». Je demande à l’Institut Bactériologique un examen du sang. Le sérodiagnostic\ d’Arloing-Courmont est positif, la déviation du complément confirme ce diagnostic et je demande au Professeur Courmont la jsignification exacte de ces réactions, Île Professeur Courmont est très affirmatif, il s’agit d'imprégnation bacillaire nette. La recherche du pouvoir bactéricide du sang indique d'autre part, que l'organisme a un faible pouvoir de défense contre la tuberculose, cependant, je le répète, il n’y a aucun signe clinique de tuberculose et il y a actuellement 4 ans que JjJ'observe ce jeune homme et sa santé reste parfaitement'bonne.
Quesque temps après, j'étudie avec plus de minutie les caractères de cette choroïdite maculaire, il s'agit d’une tache qui a l’aspect que je représente sur ces différents schémas, tache qui est un peu plus grande que la papille, qui est en pleine région maculaire et qui se caractérise par une disposition qu'il est plus facile de montrer sur un schéma que de décrire. Du côté de la papille le bord est saïllant; c’est un véritable rebord blanc nacré, les vaisseaux fins qui passent sur ce bord indiquent bien qu’il est en saillie et que au-delà de ce bord, il y a une dépression; dans cette dépression il y a une série de petites granulations, 7 à 8 petites granulations. Dans la partie inférieure de la cavité il n'y à pas de granulation mais
une teinte verdâtre. Pour donner une comparaison grossière de cet aspect, on peut dire que la lésion est comparable à une écaille d’huître, avec un bord saillant du côté où la coquille de l’huître est la plus creuse, et une partie où la dépression est moins marquée comme. dans l’écaille à laquelle je compare la lésion, et le tout a une forme arrondie. -
Ce qu'il y a de net dans cette observation, c'est une excavation cicatricielle, il y a eu à ce niveau tout d'abord un processus inflammatoire avec quelques petites granulations, puis cette inflammation s’est éteinte, la lésion s’est effondrée pour laisser la place à la cicatrice dont je viens de donner la description.
Quand à l'interprétation relative à la nature de cette lésion, il est bien entendu impossible d'affirmer qu'il s’agit de tuberculose, parce que un tuberculeux peut bien faire une inflam- - mation d’une autre nature mais dans l’état actuel de nos connaissances cette interprétation est jusqu'à preuve du contraire plausible. | |