‹ Les choses qui s'en vont ... [microforme] (volume 2)Chapitre 3 sur 9 · MONTREAL · texte numérisé non relu

MONTREAL

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Av^c la permission des Supérieurs.

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—Et puis, vos "Choses", eUes ne viennent toujours pas.

— C'est iagique puisqu'elles "s'en vont"...

— Mais encore?

— C'est que j'ai changé d'idée.

— Pourquoi ça?

— Lorsque je commençai ces "Choses", en 1915, après avoir lu le "Vieux hangar" de M. l'abhé C. Roy, nous n'avions pas deux autres beaux livres qui ont paru depuis lors et dont l'éloge n'est plus à faire 'Puisqu'il est ^uns toutes les bouches.

— "Chez nous" ih M. . .jard et "RapailJages" de M. Vnbbé Grovlxf

— Préc-'^iément Après ces pages aussi sav > 'euses qi 'élégantes et où les mots du terroir sont jetés comme des fleurs sous les pas des plus harmonieuses périodes classiques, les miennes, écrites un peu va-comm'i-je-te-pousse,

m'ont paru aussi insipides que vulgaires. C'est pourquoi je les ai o6awdonnées.

■—Vous avez eu tort de ne pas les revoir. Les félicitations que méritent les éminents auteurs pour leur oeuvre à la fois hautement littéraire et profondément canadienne, auraient dû vous encourager comme elles le doivent faire pour tous ceux qui travaillent dans le même sens. Vous vous prétendez inapte à faire oeuvre littéraire? Soit!

faites oeuvre canadienne, tout simplement.

— Ecrites ainsi, sans cérémonie ni syntaxe, ces pages ne sembleront-elles pas l'effet d'une gageure?

— Qu'importe! Ce sera au moins un travail intéressant à envoyer au Comité du Parler Français qui prépare notre Glossaire. Vous avez lu les "contes canadiens" dans la revue du folk-lore américain?

— Oui. Et vous voudriez que j'écrive ainsi?

— Pourquoi pas?

— Mais alors, au lieu de suivre les

exemples de nos "maîtres de l'heure" je prendrais une voie diamétralement opposée, puisque j'aurai, moi, quelques mots français piqués comme des fleurs sur les sentiers raboteux de mes phrases du terroir.

— Ce sera exquis !

— C'est donc sérieux?

— Alors?

—Eh bien! c'est ainsi que je les ai composées, afin de me rendre compte par moi-même de la tenue qu'aurait une suite d'articles écrits sans art, en "style habitant". Je vous les envoie telles quelles et vous les recommande: c'est souverain contre les attaques de neurasthénie. Pax et Bonum !

— Enfin !

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