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Grav. 19. — Chenille de ja Piéride de Grav. 14. — Chrysalide de la Piéride la Rave. de la Rave.
La chenille de ce Papillon est verte et comme veloutée, avec une rale jaune le long du dos et une autre de chaque côté. Le ventre est d’un vert pâle et luisant; elle est plus longue que celle de la Piéride du Chou.
Papillon blane veiné de vert (Pieris napi). — ji est décrit en ces termes par le docteur Candèze : — « La Piéride du Navet a les ailes blanches, légèrement cendrées à la bass; les supérieures sont marquées, chez les femelles, de deux taches noires et d’une raie terminale àe même couleur; chez les mâles, elles sont quelquefois entièremen; blanches, quelquefois marquées d’une seule tache noire, Les quaire ailes sont veinées de verdätre en dessous. La
chenille est toute verte et couverte de poils courts. » Tous les horticulteurs connaissent cette chenille, que sa couleur d’un vert velouté rend difficile à découvrir sur des feuilles à peu près de la même teinte. |
RNoctuelie du Chou (Nociua brassicæ). — Nous venons d'indiquer les papillons de jour nuisibles aux Choux; passons maintenant aux papillons de nuit. La Noctuelle du Chou est de ceux-là; elle a 4 centimètres d’envergure; ses ailes du dessus sont brunes, traversées par des lignes onduleuses, noirâtres et blanches, et marquées vers le milieu d’une tache grisâtre en forme d’ovale. Les ailes du dessous sont brunes et n’ont pas de tache. « La chenille de cette Noctuelle, dit M. Candèze, est d'un gris jaunètre marbré de brun, ou d’un vert foncé marbré de noir, ornée de cinq raies longitudinales, dont trois d’une teinte pâle, sur je dos, les deux autres bianchâtres, placées latéralement. » Elle commence ses ravages sur les feuilles extérieures du Chou, puis elle finit par attaquer le cœur et échappe ainsi à notre surveillance. Vers la fin de septembre, elle abandonne le Chou, se retire dans la terre, s’y transforme en chrysalide et passe l’hiver en cet état.
Moctueile gamma (Plusit gamma). — C’est un charmant papillon, de la taille de la Noctuelle du Chou ou à peu près; ses ailes supérieures, grises el soyeuses, sont marbrées de brun, de noirâtre, de bronzé, et portent à leur centre un signe qui, à lui seul, suffit pour le faire reconnaître. Ce signe ressemble au gamma de l'alphabet grec, ou se rapproche un peu de notre y. Les ailes du dessous
sont d’un gris nuancé de jaune et de bronzé vers leur point d'attache, brunâtres vers le pourtour et bordées d’une frange blanchâtre et noire. La chenille de la Noctuelle gamma est d’un vert d'herbe avec six lignes longitudinales très fines, de couleur blanchâtre ou bleuâtre, et deux lignes latérales jaunes. En 1735, au rapport de Réaumur, elle commit de très grands dégâts dans les potagers, mais d’ordinaire elle-n’est pas trop à craindre.
Noctuelle potagère (Hadena oleracea). Ce papillon est de la même taille que les deux précédents. Ses ailes supérieures sont d’un brun ferrugineux; elles se font remarquer, dit M. Goureau, par un petit anneau ovale blanchàtre, placé au milieu, une tache presque réniforme, jaune, un peu plus bas, et une ligne transversale blanche près du bord, qui forme un M à son milieu. Les ailes inférieures sont grises avec le bord obscur, et une ligne courte arquée, peu marquée vers le milieu. »
La chenille de cette Noctuelle, dans sa jeunesse, est d’un vert jaunâtre, mais plus tard, elle devient d’un vert foncé, avec cinq raies longitudinales, dont trois blanches et deux Jaunes ; plus tard encore, après sa dernière mue, elle passe au brun rougeâtre et les raies s’effacent. Elle s’enterre pour se métamorphoser.
Noectueile des moissons (Agiotis segeluni). — C’est un papillon, dont les ailes supérieures sont d’un gris foncé et les inférieures blanches, que l’on aperçoit en grand nombre au-dessus des haies, après le coucher du soleil, pendant les mois de juin, de juillet et même d'octobre. —
« La femelle, dit M. Goureau, dépose ses œufs dans la terre au mois d'août au plus tard. Les jeunes chenilles éclosent au bout de dix ou quinze jours et passent l’hiver en atteignant une longueur de 40 à 45 millimètres, elles sont lisses, luisantes, d’une couleur d’ocre pâle et lucide, légèrement roux, avec un large espace sur le dos souvent rosé, et quelques poils courts épars sur le corps. » Le docteur Candèze dit que la chenille est rose, rayée longitudinalement de brun et de gris obscur avec une bande dorsale gris clair. |
Cette chenille que l’on assure être le ver court ou ver gris des maraîchers, vit dans la terre et coupe les racines au collet. | |
À présent que nous connaissons nos ennemis parmi les Lépidoptères, il s’agit de rechercher les moyens de s’en défaire. Le premier de tous consiste à respecter les insectes qui sont en guerre continuelle avec eux, mais pour les respecter, il faudrait d’abord les connaître et admettre, pour cela, qu’un peu d’histoire naturelle ne serait pas inutile à nos cultivateurs. Il ne nous appartient pas de l’enseigner ici, et nous nous bornons à citer nos auxiliaires.
Le Microgaster glomeratus, et le Pimpla instigator sont deux Ichneumons, dont les femelles pondent leurs œufs dans le corps des chenilles du grand Papillon du Chou. Les larves y éclosent et en vivent. Le Pteromalus larvarum pique les chrysalides de ce même Papillon et dépose aussi ses œufs dans la plaie; le Doria concinnata est également considéré comme un parasite de ce Papillon.
Les ennemis du petit Papillon du Chou sont le Dori concinnata que nous venons de citer et le Phryxe pieridis.
Le Papillon blanc veiné de vert est attaqué dans sa chrysahde par ? Aemiteles melanartus.
La Noctuelle du Chou a pour ennemis naturels plusieurs mouches, mais notamment une espèce de la tribu des Tachinaires qui pond ses œufs sur le corps de la chenille. Ces œufs éclosent, les petites larves percent la peau de la chenille, vivent de sa substance et ne la quittent que pour aller se métamorphoser dans la terre, à côté de leur victime. M. Goureau a donné à cette mouche le nom de Tachina hadene.
La Noctuelle gamma, ou plutôt sa chenille, est rongée par une autre mouche que M. Goureau a appelée Tachina micans. Cette mouche pond et colle fortement ses œufs sur la peau de la chenille.
Quels que soient les services rendus par les parasites, nous ne pouvons pas compter exclusivement sur eux pour nous débarrasser des chenilles nuisibles aux Choux, et nous devons leur venir en aide. Il convient donc de tuer les Papillons chaque fois que nous pouvons les saisir dans le jour, et nous croyons avec Bosc que des feux de nuit, allumés à propos, auraient l’avantage de nous délivrerd’un grand nombre de Lépidoptères nocturnes qui viendraient S'y brûler; mais la chasse aux Papillons avec les filets ou avec les feux ne se généralisera point, et nous perdrions notre temps à la recommander. On veut des moyens plus pratiques, plus expéditifs et l’on a raison.
On a passé en revue différents végétaux auxquels ne tou-chent pas les chenilies, et l’on s’est dit, par exemple, que si ces chenilles respectent le chanvre, la fougère et l’aune, jusqu’à un certain point, c’est que, vraisemblablement,
les plantes en question leur déplaisent, et, tout aussitôt, l’on a conseillé aux cultivateurs d'élever quelques pieds de chanvre parmi les Choux, ou d'étendre sur ces Choux des feuilles de fougère et des rameaux d’aune. Pour notre compte, nous avons suivi ce conseil, parce qu'il nous parait sage de n’en condamner aucun à la légère; et aujourd’hui, nous avons le droit d'avancer que les moyens recommandés ne mènent à rien. |
Quelques personnes ont conseillé de semer parmi les Choux les balles et débris du chanvre que l’on a battu pour séparer la graine. Nous n’avons pas eu l’occasion de faire l’essai de la chose, qui peut être bonne, et nous nous contentons d'enregistrer la recette.
On a supposé que les papillons diurnes s’éloignaient des corps blancs, et nous connaissons des cultivateurs qui le croient et le prouvent en plaçant des coquilles d'œufs de poule au-dessus de baguettes fichées en terre dans les plantations de Choux. Nous avons imité ces cultivateurs, et nous déclarons humblement que les coquilles d'œufs ne font pas peur aux Piérides.
Le mieux encore, jusqu’à présent, est de s’en tenir aux moyens en usage de temps immémorial, et qui consistent à rechercher d’abord les œufs de chenilles au revers des feuilles de Choux et à les écraser ensuite, à rechercher les chenilles sur les feuilles ou dans la terre pour les écraser également. Cette besogne exige du temps et de la patience, mais comme elle n’est réellement nécessaire que dans le potager, on peut s'imposer ce sacrifice avec profit. Les Choux cultivés en plein champ, bien à découvert, ne sont jamais aussi exposés aux ravages des chenilles que ceux du jardin.
Il est parfois difficile d'enlever les chenilles qui se trouvent dans l’intérieur du Chou, à la base des feuilles ; on ne peut y introduire la main et les saisir avec les doigts. Dans cette situation embarrassante, 1l faut prendre une baguette de bois que l’on fend sur une bonne partie de sa longueur, et dont on se sert comme d’une pince. Une fois la chenille engagée eutre les deux branches de cette pince, onrapproche ces deux branches en les pressant par le haut avec la main, et l’on amène l’insecte sans difficulté.
Ïl serait à désirer que l’on découvrit une poudre insecticide propre à éloigner des Choux les chenilles et les papillons. Celle de Pyrêthre qui est très efficace contre les chemilles du groseillier, pourrait peut-être nous rendre des services, mais elle est, quant à-présent, d'un prix si élevé qu'il ne faut pas songer à l’employer.
Phytomyse géniculée (Phylomyza geniculata). — On appelle ainsi une toute petite mouche qui pond ses œufs dans le parenchyme des feuilles de diverses plantes, et dont les larves sillonnent l’intérieur de ces feuilles qui extérieurement paraissent ensuite rayées de lignes blanches contournées et repliées. Le mal, que nous fait la Phytomyse, a peu d'importance, et nous ne nous y arrêterons pas davantage. |
Mipule potagère (Tipula oleracea, Lin.; Pachyrhina maculata, Macq).— Les larves de cette mouche ressemblent à des vers blanchâtres, transparents et à peau très dure. Elles sont longues de 25 millimètres, vivent en terre, rongent les racines de plusieurs plantes de nos jardins, et
celles du Chou, entr'autres. Ces larves sont à craindre pendant toute la durée du printemps et au commencement de l'été. Après cetteépoque, elles préparent leur transformation en insectes parfaits. Sous cette forme, les Tipules ressemblent à des Cousins de grande taille, sont de couleur rougeâtre, et deviennent inoffensives.
Le seul moyen de détruire les larves de la Tipule potagère, qui ne sont pas faciles à distinguer dans la terre, est de les chercher au pied des plantes malades, et de grand matin, sans quoi, au dire de Curtis, ia peine que l’on se donnerait serait inutile.
Puceron äu Chou (Aphis brassicæ). — Les Pucerons du Chou, vus sans le secours de la loupe, et en masse, sont d’un gris verdâtre. On les rencontre par familles nombreuses dans les plis du revers des feuilles, où ils restent depuis le mois de juillet jusqu'aux approches de l'hiver. Ces insectes sont d'autant plus abondants que les sécheresses sont plus prolongées. Nous n’avons jamais eu loccasion de nous en plaindre dans les années humides; mais, en retour, dans les années chaudes, 1l faut compter avec eux. Îls sucent la sève, et bientôt les plantes pälissent, les feuilles se recroquevillent, deviennent rougeâtres par places et la végétation s’arrête. Nous redoutons plus les Pucerons que les chenilles, et comme dans notre carrière horticole, nous avons eu beaucoup à souffrir des attaques de ces Pucerons, nous avons cherché divers moyens de les détruire. On y réussirait avec la poudre coaltarée de M. Corne et avec les poudres végétales insecticides du commerce, mais nous leur préférons l’eau salée. On fait dissoudre sur le
feu une petite poignée de sel gris dans un litre et demi environ d’eau ordinaire; et quand la dissolution est complète, on laisse refroidir. Après cela, on saisit d’une main le vase d’eau salée, et de l’autre un tampon de ouate ou une éponge douce, et l’on se met à la recherche des Choux puceronnés. À mesure qu'on en trouve, on plonge l'éponge ou la ouate dans le liquide, on la presse de manière à ne pas y laisser trop d’eau, puis on promène cette éponge mouillée sur les nichées de Pucerons. Ce procédé est assez expéditif et nous a constamment réussi.
Les Pucerons verts, comme disent les maraichers de Paris, ont une prédilection marquée pour les Choux de Bruxelles et aussi pour les Choux-fleurs qui montent en graine; les rameaux de ces Choux-fleurs en sont quelquefois couverts au point d’anéantir la récolte de la semence.
Punaise rouge du Chou (Cinex ornatus de Linné).—- Nous n'avons jamais eu à nous plaindre de cet insecte, mais il paraît que dans certaines contrées, il donne des inquiétudes sérieuses aux cultivateurs. M. Ch. Goureau qui Va décrit sous le nom srientifiqne de Pentatoma ornalum, nous dit : — « Penduui ies inois de juillet, d'août, et même plus tard, les Choux sont envahis par un insecte qui répand une odeur désagréable lorsqu'on le touche et qui y produit des dégâts notables lorsqu'il s’y trouve en grand nombre. Il prend sa nourriture au moyen d’un bec placé dans le prolongement de la tête; il l’enfonce dans la feuille pour en sucer la sève, et lorqu’il a aspiré tout le liquide de la blessure, il pique à côté et continue ainsi à faire une multitude de blessures à la plante qui jaunit, se dessèche,
et devient raboteuse dans les endroits attaqués. Tous les endroits ainsi piqués sont perdus pour les besoins de la cuisine, »
C’est la Punaise du Chou qu'Olivier de Serres appelait une bestiole rouge, plate au-dessus ainsi que tortue. Voici le signalement qu’en donne M. Goureau : — « Elle a 8 à 10 millimètres de longueur. Elle est ovale. Sa tête et ses antennes sont noires; son corselet est noir, bordé de rouge en arrière et sur les côtés, et marqué de trois taches rouges allongées, tombant sur la bordure postérieure; son écusson est noir et porte à l'extrémité une tache rouge en forme de l’Y; les élytres sont rouges avec le bord interne, trois taches à l’extrémité membraneuse noires; l'abdomen est noir, avec les bords rouges entrecoupés de noir; les pattes sont noires. L’odeur infecte qu’elle répand sort d'une très petite ouverture située entre les pattes postérieures. »
La femelle pond en juillet et août sur le revers des feuilles, des œufs noirs avec points et cercle blancs, qui setouchent et sont placés sur deux lignes. Il faut les détruire. Quant à l’insecte parfait, les entomologistes conseillent de le prendre avec des pinces. C’est là un conseil qui pourrait nous mener loin si les Punaises étaient en grand nombre; aussi nous aimons mieux nous en tenir à celui qu'Olivier de Serres donnait à ses lecteurs au temps de Henri IV. — « À cela disait-il, le remède est d’asperger sur les Chous de l’eau fresche au matin contrefaisant la pluie, pour les rafreschir et nettoyer, après avoir osté telle vermine avec les mains le plus curieusement (soigneusement) qu’on aura peu. » |
$ JF. — MOLLUSQUES
Limaces. — Nous n'avons pas à donner le signalement des diverses espèces de Limaces; tout le monde les connaît, tout le monde sait qu’il y en a de rouges, de jaunes, de noires, de cendrées, et avec cela de toutes petites qui sont de couleur grise et qu’on a de la peine à découvrir dans la terre où elles se cachent parfois. On nomme ces dernières limaces agrestes, et bien qu’elles soient les plus petites entre toutes, elles n’en sont pas moins les plus redoutables, parce qu’elles sont plus abondantes que les grosses et que l’on ne les distingue pas de loim.
Les Choux que l’on repique dans le voisinage d’une haie, d'un mur, d’un gazon, sont très exposés aux ravages des Limaces, des petites grises surtout, et d'autant plus que ces Mollusques recherchent la nuit pour satisfaire leur appétit et échapper à leurs ennemis. Quand le soleil parait, ils s’éloignent ou bien ils se cachent dans la terre au pied même des plantes.
Il y a quelques années, des amateurs belges qui voulaient délivrer leurs jardins des Limaces faisaient grand cas des Mouettes. Il suffisait de couper les ailes à ces oiseaux de mer et de les laisser courir en liberté entre quatre murs, parmi les fleurs et les légumes. Ces oiseaux ont eu leur moment de vogue, on leur a fait les honneurs de l’annonce et de la réclame dans les grands journaux; malheureusement cette vogue a été de courte durée : les Mouettes sont d’une malpropreté telle qu’on a dû renoncer à leurs services.
Avec de la suie et de la cendre, répandues dans le voisinage des plantes que l’on veut protéger, on réussit pendant quelques jours à tenir les Limaces à distance, mais dès que ces substances sont imprégnées d'humidité, elles cessent de former obstacle. On a proposé d'arrêter les Limaces avec des écailles d’huîtres gressièrement pilées et éparpillées sur le sol, mais tout en reconnaissant que le procédé doit être bon, 1l faut reconnaîlre aussi que les écailles d'huîtres ne sont pas faciles à piler. Done, à notre avis, il vaudrait mieux, quand on a de la sciure de bois à sa disposition, s’en servir pour établir un barrage qui serait plus simple et plus économique. :
Quelques personnes mettent des cœurs de laitue entre les légumes qu’elles veulent préserver des Limaces grises ou Loches. Celles-ci abandonnent tout pour la laïitue, et le matin de très-bonne heure, on peut les surprendre à la maraude. C’est fort bien; toutefois, on remarquera que les cœurs de laitueont une certaine valeur et qu'on ne se soucie guère de les sacrifier à l’époque où l’on repique d'ordinaire les premiers Choux.
On assure enfin, et nous le croyons sans peine, que des fleurs d’Acacia, mises en petits tas, cà et là, dans le potager et recouvertes de feuilles du même arbre, jouissent de la propriété d'attirer les Limaces et qu’on peut en détruire considérablement à l’aide de ce piége; mais nous nous permettons de faire observer que le moyen n’est pas applicable en toute saison et que l’acacia fleurit tardivement. Néanmoins, la recette est simple et bonne, et nous ne saurions trop conseiiler de s’en servir, car 1} y a toujours profit à diminuer le nombre de ses ennemis.
ee, — mt CT
Hélices. — Les Mollusques auxquels on donne vulgairement le nom d'Escargots et de Colimacons, sont les HÉLICES des naturalistes. Il en existe un grand nombre
d'espèces de diverses formes, de diverses couleurs et de
dimensions très-variables. L’'Hélice vigneronne, si commune en Bourgogne, en Champagne, est recherchée pour la consommation à Paris; l’Hétice des jardins et V Héiice chagrinée, très-répandue dans les jardins des environs de Paris, sont les Escargots, dont nous avons le plus à nous plaindre, et qui demandent à être surveillés de près. On constate avec raison qu'ils recherchent les endroits humides et qu’ils se montrent surtout dans les temps pluvieux; cependant, à en juger parce que nous avons vu en 1863, dans notre jardin de Bois-de-Colombes, nous sommes forcé de reconnaître qu'il y a des exceptions à la régle. L'année fût très-sèche, l’eau nous fit complètement défaut, et malgré cela, les Escargots se montrèrent en nombre prodigieux. REXSEe | On n’est pas sûr que les Escargots jouissent du sens de la vue, mais on leur accorde celui de l’oûorat. Cependant, quand on les voit se diriger de loin vers un arbre de prédilection, comme l’Acacia ou le Cytise, plutôt que vers un autre arbre; quand on les voit regagner sûrement leurs trous, leurs abris, on est tenté de croire que le hasard n’est pas leur seul guide.
… Quoiqu'il ensoit, et en dehors de la question scientifique, il est un point que personne ne conteste, c’est que des Escargots dans un par® de jeunes Choux ne font point l’affaire du cultivateur. Dès que la feuille devient coriace et que les pommes sont formées, ils n’y commettent plus de
dégâts appréciables; souvent même ils n’y touchent pas et ne font que s’abriter honnêtement entre les feuilles contre les rayons du soleil. Encore une fois. nous n’avons d'inquiétude que pour nos jeunes Choux qu'ils aiment presque autant que les jeunes feuilles de haricot.
Nous connaissons plusieurs bons moyens de défense à leur opposer. Une digue en sciure de bois, le long d’un mur ou d’une haie, les empêche de passer; la chasse à la main, dans la matinée, surtout après une pluie, est toujours fructueuse; avec des rameaux d’acacia ou de cytise, disposés par petits tas dans le jardin, on est sûr de les attirer et d'en prendre beaucoup dans la journée; on est également sûr de les attirer en cultivant une planche de poireaux, car ils se réfugient dans les gaines des feuilles et au revers de ces feuilles. Enfin, 1l est à remarquer que les potagers, où l’on permet aux poules de chercher librement leur nourriture à l’automne, sont moins infestés d’Escargots l’année suivante queles potagers où les poules nesont pas tolérées.