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EMPLOI DES CHOUX

$ Ier. — DE L'EMPLOI DES CHOUX A TITRE DE FOURRAGE VERT

Nous avons décrit les Choux cultivés à titre de plantes fourragères; il n’est par conséquent pas nécessaire de rappeler leurs noms et leurs caractères ; seulement, nous avons fait un oubli qu'il convient de réparer; nous aurions dû dire que, parmi les Choux pommés, destinés le plus ordinairement à la nourriture de l’homme, on en distrait une certaine quantité de la variété dite Chou quintal, pour l'alimentation des animaux.

Les Choux, quels qu'ils soient, non pommés ou pommés, peuvent servir à la nourriture des vaches, des bœufs, des veaux, des moutons, des pores, des lapins et des poules.

On n’est pas du tout d'accord sur la valeur nutritive des Choux.

Bürger la trouve faible et pose en fait qu’il faudrait

100 kil. de feuilles vertes pour RS 6 kil. 9 —. pon foin sec ; |

[Ai LES CHOUX

Mayer, au contraire, assure que 400 kil. de Choux valent 40 kil. de foin;

Thaër pense que les 100 kil. de Choux ne et que 23 kil. de foin ;

Crud réduit à 20 kil. l'équivalent en is, et d'autres descendent à 17 kil.

M. de Gasparin, et avec raison selon nous, établit une distinction que voici : Il admet avec Crud que 400 kil. de Choux nenourrissent pas plus que 20 kil. de foin; seulement il reconnaît avec Mayer que 100 kil. de Choux fournissent autant de graisse et de lait que 40 kil. de foin. C’est donc surtout par sa propriété d’engraisser et de fournir du lait que le Chou se recommande à l'attention des cultivateurs ; et c’est, en effet, cette propriété que les praticiens exaltent.

Bosc, en avançant qu’un bœuf mange 100 kil. de feuilles de Chou par jour, établit par là que les feuilles en question ne représentent que 20 kil. de foin.

Dans les Flandres belges, une vache à lait de 300 kilos mange journellement à l’étable, 3 kil. paille et foin haché, 40 kil. navets et À kil. tourteau de lin. Or, les 40 kil. de navets pourraient être remplacés sans inconvénient par 40 kil. de feuilles de Choux, mais si l’on ajoutait les équivalents de la paille, du foin haché et du tourteau, on se rapprocherait des 100 kil. de feuilles indiqués par Bosc.

Dans la plupart des cas, cependant, une bête qui recevrait 80 kil. de feuilles de Chou par jour, serait convenablement nourrie, et, en se basant sur ce chiffre, on reconnait qu’une récolte de 40,000 kilog. de Choux par hectare représente la nourriture d’un bœuf ou d’une vache pendant cinq cents jours ou la nourriture de 8 têtes de gros bétail

pendant deux mois environ. Nous avons pris le chiffre de la récolte de M. Rieffel, à Grand-jouan. Dans l'Ouest, on ne latteint pas toujours; on calcule ordinairement sur 30,000 kil. de feuilles de Chou cavalier, auxquelies il faut ajouter les tiges qui pèsent à peu près le quart des feuilles, ce qui porte le total à 375 quintaux métriques de nourriture ou 37,500 kilos. En retour, nous ferons observer que les Anglais, au rapport d'Arthur Young, obtiennent par hectare un produit moyen de 90,000 kilos en plantant de 14,000 à 18,400 pieds par hectare, tandis que les cultivateurs de l’Anjou en mettent de 27 à 33,000. En Alsace, hectare de Chou quintal, planté à raison de 10,000 pieds par hectare, rend 40,000 kilogr.

Les moutons sont très-avides de feuilles de Choux, et les engraïsseurs se félicitent des résultats qu’ils obtiennent avec ce régime. Pour ce qui est de la ration journalière à leur donner, on la fixera au quadruple ou au quintuple du poids de foin sec donné habituellement, puisque 4 ou 5 kil. de feuilles ne réprésentent en valeur nutritive qu’un kilo de ce foin.

Les lapins, on le sait, recherchent beaucoup aussi les feuilles de Choux, et c’est parce que ces feuilles constituent leur nourriture habituelle que l’on applique aux lapins de clapier, le nom de lapins de Choux. H faut reconnaître en même temps que l’épithète a quelque chose d’insultant et caractérise une chair de qualité inférieure. Assurément, les lapins de Choux ne valent pas ceux de garenne; toutefois il y a un moyen d'élever leur niveau : c’est de suspendre l'emploi des feuilles de Choux cinq ou six jours avant de

les tuer, de remplacer ces feuilles par des carottes, du se- Q

ss

necon, du laitron, du velar à feuilles étroites, de l’avoine, et surtout d’ajouter du persil à chaque ration.

Les poules sont, elles aussi, friandes de feuilles de Choux, et les nôtres ne reçoivent pas d’autre nourriture verte en éié. On les leur donne telles quelles, sans les diviser, et elles les déchiquètent si bien qu'il n’en reste bientôt plus que les nervures et les plus grosses côtes. Ce régime rafraichissant leur est très-salutaire et n’a aucune influence regrettable sur la saveur des œufs. |

Nous voudrions pouvoir en dire autant pour ce qui concerne le lait des vaches et des brebis. On a eu tort d’affirmer que les feuilles sâtées sont les seules qui communiquent à ce lait leur saveur propre et que les feuilles parfaitement saines ne la lui communiquent en aucune façon. Les palais délicats protestent contre cetle assertion. Pour ce qui est de la viande de bœufs engraissés avec des feuilles de Choux, nous n'avons pas de remarque désobligeante à faire; au contraire, nous constatons que ceux de Cholet, qui sont préeisément dans ce cas, jouissent d’une considération particulière. Reste à savoir si le régime du Chou est ou n’est pas suspendu quelques jours avant de les livrer à la boucherie. Là-dessus, nous ne savons rien.

Le plus habituellement, les feuilles de Choux et les tiges fendues en quatre parties sont administrées à l’état vert ou cru, aux animaux de la ferme; mais il y aurait profit à les faire cuire d’abord, si nous devons nous en rapporter à

l'avis des culiüivateurs limbourgeois et hollandais qui nour-

rissent leurs vaches avec une macédoine de légumes cuits, dans laquelle les feuilles de Choux ne sont pas oubliées. On nous à quelq uefois parlé de feuilles de Choux con-

ne anis

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