‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 116 sur 301 · Lot, Mélanges, p · texte numérisé non relu

Lot, Mélanges, p

5. Le pallium était attaché aux métropoles, sauf un très petit nombre d'exceptions. Cf. E. Lesne, La hiérarchie épiscopale... en Gaule et en Germanie, Lille et Paris. 1905, p. 04 sq.

que le pape Séverin a jadis consacré comme archevêque Restoald, l'un de mes prédécesseurs1. » Or, dans le Liber Pontificalis on trouve bien, dans la notice de Sergius (non de Séverinus), la phrase suivante : Hic ordinavit Bertoaldum Britanniae orchiepiscopum^, et c'est là, comme l'a montré Mgr Duchesne, le passage qui a induit Festien en tentation ou en erreur3. Au lieu de Bertoaldus, il aura lu ou on aura lu pour lui Restoaldus. Par malheur Y archiepiscopus Britanniae en question occupa un siège, non de la Petite-Bretagne, mais de la Grande, celui de Canterbury (692-730). Le pape ne se laissa pas convaincre par ce prétendu précédent, ni davantage par l'allégation qu'un certain Iuthmael aurait aussi reçu le pallium4. La source de cette seconde allégation de Festien n'a pas été retrouvée.

Après examen, le souverain Pontife déclara qu'il ne voyait rien dans la tradition ecclésiastique qui autorisât les Bretons à avoir leur propre métropole. Déjà en 862, il exhorte le roi Salomon à ne pas soustraire ses évêques à la juridiction de l'archevêque de Tours, « car c'est lui votre métropolitain, affirmait-il, et tous les évêques de votre royaume sont ses suffragants, et l'on n'a point ouï dire que vous eussiez jamais eu une métropole dans votre pays5 ». En 865, il répète encore la même chose à Salomon6.

Les papes ne cessèrent de protester contre cette révolution ecclésiastique7. Le conflit dura plus de trois

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