‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 122 sur 301 · Ibid., m, S, p · texte numérisé non relu

Ibid., m, S, p

3. Bf.de, H. E., m, 4 (P. L., XCV. 123 . i. Adam., Vita Col., m, -23, p. 1&4-165.

progrès avaient été brusquement interrompus par la victoire du païen Penda sur Edwin en 633.

A la suite de cet événement. Paulin, le représentant de la mission romaine, qui avait atteint York en 625 et avait restauré ce vieux siège épiscopal, fut obligé de s'enfuir dans le Kent. Mais, sous le règne d'Oswald (633- 642), le pays se rouvrit aux entreprises apostoliques. Ce prince avait passé sa jeunesse en exil chez les Scots, chez ceux d'Irlande ou, plus probablement, chez ceux de Dalriada ou à Iona '. Il avait été baptisé par eux. Dès son avènement il eut à cœur de restaurer la foi dans ses Etats et ce fut à Iona qu'il demanda de lui envoyer un évêque. On lui envoya un moine d'un tempérament trop austère qui ne réussit pas parmi les Angles2. Un autre moine fut consacré évêque et envoyé en Angleterre à sa place, c'était Aidan.

Il s'établit dans une petite île de la mer du Nord, accessible du rivage à marée basse, et située en face de la résidence royale de Bamborough. Cet îlot se nommait Lindisfarne. On l'appelle maintenant Holy Island « l'île sainte ». Il fut à la fois, à la manière celtique, le siège d'un monastère et d'un évêché. Pendant une trentaine d'années, jusqu'au synode de Whitby (664), ce fut le foyer d'influence religieuse le plus puissant de l'Angleterre.

Aidan, secondé par le pieux roi Oswald, qui lui servait au besoin d'interprète, déploya une telle activité apostolique que Lightfoot n'apas hésité àdire :« Cen'est pas Augustin mais Aidan qui est le vrai apôtre de l'Angleterre3 ». Son grand amour pour les pauvres, sasim-

1. Bede, H. E., m, 3. — Cf. dowden, Celtic Church in Scotland, p. 157, etJ. M. Mackinuy, Celtic Relations of Saint Oswald of Northumbria (Celtic Review, v, 1909, p. 304-30S).

■2. Bède, H. E., m, 5.

3. J. B. Lightfoot, Leaders in the Northern C/iurc/i,London,1890, p. 9.

plicité, sa droiture, l'austérité de ses mœurs, le don qu'il avait de gagner les cœurs, éclatent en maints traits de sa vie. Il rachète les captifs qu'il éduque pour les élever au sacerdoce. 11 enseigne à ses moines et aux laïques l'Ecriture sainte etla dévotion au psautier. Il dirige l'abbesse Hilda et donne le voile à Heiu, la première religieuse northumbrienne. Bèdefait le plus grand éloge des travaux et des vertus de ce saint personnage. Il ne lui reproche qu'une chose, d'avoir observé la Pàque hétérodoxe. Mais cette dissidence disciplinaire n'empêchapas d'autres saints, sescontemporains, un Honorius, évêque de Canterbury, un Félix, évêque d'Est-Anglie, tous deux observateurs de la Pâque et de la tonsure romaines, de professer la plus grande vénération pour l'apôtre de la Northumbrie '.

Aidan mourut en 651. Un autre Scot, Finan, lui succéda. Celui-ci voulut élever, à Lindisfarne, une église plus digne d'un siège épiscopal. Cependant il n'employa pas la pierre pour cette construction, mais le bois more Scottorum. Il fit couvrir l'édifice de roseaux 2. Finan contribua à la diffusion du christianisme hors des frontières de la Northumbrie. Il baptisa deux rois païens Peada, fils de Penda, roi des Middle Angles, et Sigebert, roi des Saxons de l'est. Il envoya quatre prêtres chez les Middle Angles, au nombre desquels figuraient l'anglo-saxon Cedd et le scot Diuma. Tous deux furent élevés plus tard à' l'épiscopat. Cedd devint évêque dans les États de Sigebert, Diuma resta parmi les Middle Angles. Son épiscopat fut de courte durée. A sa mort, Cellach, un autre Scot, lui succéda3.

Le successeur de Finan sur le siège de Lindisfarne fut encore un Scot, Colman. C'est sous son

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