Bède, H. E., ibid
1ère que l'on voie sur le continent réservé à l'usage exclusif des Scots : Perrona ScottorumK . Du moins, jusqu'en 774, les abbés qui se succédèrent à Péronne furent tous des Irlandais. A Foillan, le frère aîné de Fursy, arrivé en Gaule avant 652, succéda quand il fut appelé par sainte Gertrude de Nivelles à la tête de l'abbaye de Fosses, son autre frère Ultan ; à Ultan, Cellanus (f 706), personnage longtemps oublié et que Traube a ramené à lalumière. Ce monastère resta même, peut-être, aux mains des Irlandais jusqu'à sa destruction parles Normands (880) . Les quatre Maîtres mentionnent, en 774 2, la mort de Moenan, abb cathrach Fursa isin Frainc, c'est-à-dire : abbé de la cité de Fursy en France 3.
On cite encore les noms de plusieurs compagnons de voyage de saint Colomban ou de saint Fursy. ermites, cénobites, missionnaires, qui se seraient répandus dans le nord, à l'époque mérovingienne : Chaidoc et Fricor, par exemple, auxquels saint Riquierdoit sa conversion, Algéis, Corbican, Mauguille, Gobain, etc. ; mais leurs Actes sont peu sûrs ; il est difficile de savoir ce qu'ils contiennent de réellement authentique4.
D'ailleurs, les Irlandais avaient pénétré, dès avant l'an 800, en bien d'autres régions du continent européen , rapprochées ou distantes de ces premières zones d'influence, Luxeuil, Saint-Gall, Bobbio, la Brie et le nord de la Gaule. Au vne siècle, on les trouve déjà dissémi-
1. Sur Péronne et ses abbés irlandais, on ne saurait rien consulter de supérieur au mémoire de Traube, Perrona Scottorum, cité dans la bibliographie de ce chapitre.
■2. Au ixe siècle, Fosses est appelé « Monasterium Scottorum » par Einhard, Translat. S. S. Marcellini et Pétri, rx, 8S (A. Sanct. Bol. t.I de juin, p. 198 f).