‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 129 sur 301 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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5. Les actes de S. Kilian ont été étudiés de près par Franz Emmerich, Der M. Kilian, Regionarbischof und Martyrer historisch-kritisch dargestellt, Wiirzburg, 1896 et par S. Riezler, Die Vita Kiliani [N. A., xxvni, 1902. p. 232-234). Ce dernier déclare qu'on ne peut mettre eu doute le martyre de S. Kilian. Cf. W. Levisos dans .V. G., S. S. R. M.. V. p. 713-717.

6. Hacck. op. cit.. p. 30.-;. Cf. W. Reeves. Pr. R. I. A., vi, 1853-57, p. 452-461.

7. Vita Altonis, vu [M. G., S. S., XV, 2, p. 8i3). Cf. Hacck. p. 541.

8. On lui attribue la paternité du livre des confraternités de cette abbave. Cf. Libri confiât., p. 27 {M. G., Xecrologia, IL p. 6-44).

9. Boniface. Epist. 68 (.V. G., Epist.. III. p. 336) ; Ep. 60, p. 360.

coadjuteur un certain Tuti, autrement dit Dobdagrec, qui devint abbé de Chiemsee dans la Haute-Bavière1. La Gaule choisit aussi plus d'un évêque parmi ces étrangers. En 774 Pépin le Bref, sur le conseil de saint Boniface, le réformateur de l'Occident chrétien, appela le scot Abel, abbé de Lobbes, au gouvernement de l'église métropolitaine de Reims, choix que le pape Zacharie s'empressa de confirmer 2. Les Celtes insulaires s'introduisirent jusque dans les régions d'outre- Loire. Nous avons déjà nommé Arnanus, le protégé de saint Didier de Cahors. L'évêque de Poitiers, Ansoald, donna asile sur son territoire à un autre irlandais appelé Romanus, qui vécut à Mazerolles 3. Bien mieux, l'évêché d'Angoulême fut, à deux siècles d'intervalle, gouverné par des Scottigenae, Thomeus (vers 668) et Hélie (f 860) 4.

§ 5. — Les déchets de l'émigration.

En dehors de ces peregrini que l'estime des continentaux avait élevés à l'épiscopat. il circulait en Alle-

1. H. Kiubbo, Bischof Virgil von Salzburg und seine Kosmolog.- Ideen [Mitiheilungen des Instituts fur Oesterreichische Geschichtsforschung, xxiv, 1903, p. 10.

2. Folclin, Gesta abbatum Lobiensium, cap. vet suiv. {M. G., S. S., IV, p. 58). Hacck, op. cit., p. 543, 567.

3. Voir le testament d'Ansoald dans Pardessus, Diplomala, t. II, p. 239. Consulter : Nouvelle revue d'hist.du droit fr. et étranger, 22e an., p. "789 et R. Cet., xx, 1899, p. 106.— Notons que c'est Dido, évêque de Poitiers, qui avait conduit en Irlande, en 656, Dagobert II, tondu par Grimoald (Liber Hist. Franc., iv, 3, éd. Br. Krusch [M. G., S. S. R. M., II, p. 316).

4. D'Arbois de Jl'baisville, dans R. Cet., xx, p. 105-106. — Ademari His. toricrumliber III [M.G., S. S., IV, p. 119, 122). Dans un sacramentaire de l'église d'Angoulême (B. N., f. lat. Slfi) datant du vn"-ixe siècle, on lit, en marge, une note du xie siècle, fol. 146 : Hrlias scotigena sic faciebat. Cf. L. Delisle, Mémoire sur d'anciens iacramentaires, p. 94; extr. des Mém. de l'Acad. des Incr. et Belles-lettres, t. XXXII, lr" parlie, 1886.

magne et en Gaule bon nombre à'episcopi vaganles, déjà revêtus, en quittant leur pays, de la dignité épiscopale, ou du moins le prétendant, mais qui, n'ayant jamais été liés à un diocèse, vagabondaient sans trêve, exerçant, sans l'autorisation de l'ordinaire, les pouvoirs qu'ils tenaient de leur consécration, et troublant les consciences, encore mal affermies, par toute sorte de discours malencontreux ou formellement hérétiques1. Saint Boniface rencontra, au cours de ses missions, plus d'un aventurier de cette espèce, qu'il n'hésita pas à faire condamner par les conciles et le Saint-Siège2. Tel futl'évêque Clément, génère Scottus, qui rejetait, pour son propre compte, le célibat ecclésiastique, les traités des saints Pères Jérôme, Augustin et Grégoire et les lois des conciles, inculquant aux populations austrasiennes des usages judaïques, et professait que le Christ, descendant aux enfers, avait libéré tous ceux qui y étaient enfermés, bons et méchants3. Tel encore un certain Samson, qui enseignait l'inutilité du baptême pour le salut \

Pour avoir raison de ces perturbateurs, le premier concile général germanique, tenu, à l'instigation de saint Boniface, on ne sait dans quelle ville, en avril 742, commença par décréter que les évêques ou les prêtres inconnus ne seraient admis à exercer le ministère sacré qu'après avoir été examinés en concile5. Le concile de Soissons (744) exigea, d'autre part, que les dits évêques et prêtres ambulants se fissent ap-

1. Consulter sur les episcopi vagaates Br. Krcscb, A. A., xxv, 1900, p. 138 sq. et les préfaces du même dans M. G.. -S. S. R. M.. IV, p. 648- », 696 sq.

■2. G. Kurth, Saint Boniface (Les saints). Paris, 1902, p. 93 sq.

3. Boniface, Epist. 57, 59 et 60 de l'éd. Dùhmler. Cf. G. Kcrth, op. cit., p. 88 sq. ; Havck, p. 557.

i. Boniface, Ep. 80. Cf. G. Kirtii, p 146.

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