Voir ch. iv, lin du g
Une fois débarqués sur les côtes du Boulonais ou du Ponthieu1, les peregrini prenaient, d'après des plans prémédités ou suivant l'inspiration et les circonstances du moment, les directions les plus diverses. Certaines traditions monastiques sur les voyages, reçues chez les Celtes, nous portent à croire que ceux qui avaient embrassé la pérégrination par pur ascétisme durent voyager, le plus souvent, à pied. Cette mortification était, en effet, fort pratiquée; elle était même pour certains moines d'obligation. La Régula cujusdam patris ad monachos, qui est d'origine ou d'inspiration celtique, considère comme immortifié un abbé qui consentirait à faire usage, dans ses déplacements, d'un cheval ou d'un char. Un moine bien portant qui n'eût pas voyagé à pied se fût rendu passible d'excommunication, d'après la même règle 2. L'Ordo monasticus de Kil-Ros n'est guère moins sévère. Il concède seulement à un abbé âgé {seniculus) xmequiculum aditer faciendum*. Nous savons formellement, d'ailleurs, que saint Aidan, saint Ceadda, saint Kentigern, firent à pied leurs tournées de missions''. Saint Wilfrid, se rendant à Rome à l'âge de soixante-dix ans, fit à pied toutle trajet terrestre (804)s. Au reste, l'abstention du véhicule et de la monture était considérée comme une tradition apostolique et mise parfois sur le même plan que la continence et l'abstinence6 .11 est probable que les ascètes et mission-
1. Vulganius débarque à l'embouchure de l'Autliie, S. Boniface à Quentovic, où s'embarque Théodore de Canterbury, S. Cadroë à Boulogne, Chaidoc et Fricor sur la côte du Ponlhieu.