‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 141 sur 301 · DUNGAL, Ep. 4 (M. G.. Epist., IV, p · texte numérisé non relu

DUNGAL, Ep. 4 (M. G.. Epist., IV, p

forcent à gémir '. Pour mieux toucher les coeurs, les lettrés exhalent leurs plaintes en vers latins2. Un Scot, menacé d'un châtiment, s'échappe de Bobbio et se réfugie à Saint-Zénon de Vérone; là, dans l'indigence et l'isolement, il se prend à regretter le cloître de Saint- Colomban et il écrit les distiques suivants :

Nocte dieque gemo, quia sum peregrinus et egens ;

Attritus febribus nocte dieque gemo ; Plangite me, juvenes, animo qui me colebatis;

Rideat hinc quisquis : plangite me, juvenes. Magne Columba, roga Dominum ne spernar ab ipso ;

Quo reddar tibimet, magne Columba, roga 3...

Un autre, à Soissons, transi de froid, envie le bon l'eu auquel se réchauffe Carloman, le fils de Charles le Chauve, moine dans la même ville :

Karlomanne, tuis anidet partibus ignis.

Nos vero gelidos urit iniqua hiems *.

Celui-ci, en se rendant à Rome, est assailli par des brigands, sur les bords de l'Aisne, et tué 5. Cet autre, revenant de la Ville éternelle, est dépouillé par des voleurs d'une partie de ses vêtements. Il énumère en détail ses pertes, dans une lettre à l'évêque de Liège, Franco, espérant, dit-il, que le prélat, dans sa bonté,

1 in niagnis angustiis coarctor, immo vivere non possum in tali

miseria, non habens ad manducandum et bibendum, nisi pessimum panem et minimam particulam de pessima cervisia • {Epistolae brèves quae ex Scottorum colonia Leodiensi oriri videntur, i : M. G., Epist., VI, p. 195). —Les moines irlandais qui parcouraient le continent se donnaient souvent rëpithète de « miser ». Cf. Wattenbacii, R. Cel., i, 1870-71, p. 263.

2. Tous n'ont pas cette ressource : « Non sum grammaticus neque sernonelatino peritus », dit un Scot de Liège {M. G., Epist.,\l, p. 196).

3. Lamenlum R<efngae> cuiusdam (M. G., Poet. Lit., III, p. 688).

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