‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 148 sur 301 · Vita Mariani, 3 (l. c, p · texte numérisé non relu

Vita Mariani, 3 (l. c, p

qu'on lui fît du prieuré de Weih-S'-Peter, le retinrent, lui et ses compagnons, dans la cité bavaroise. Ils formèrent le noyau d'une congrégation qui devait subsister, malgré quelques interruptions et bien des vicissitudes, presque jusqu'à nos jours, la congrégation bénédictine dite écossaise (Schotten-congregation), dont le supérieur général était l'abbé de Saint-Jacques de Ratisbonne 4.

La construction de Saint- Jacques fut commencée vers 1090, avec l'aide du burgrave Otto et grâce aux libéralités des gentilshommes du voisinage et des riches bourgeois de la ville, pour donner asile aux moines scots, dont le nombre s'était rapidement accru2. Une lettre écrite par la communauté naissante au roi de Bohême, Vratislav, nous est parvenue. Les moines demandent à ce prince une escorte pour les messagers qu'ils se disposent à envoyer en Pologne 3. Cette mission se fit. Le biographe de Marianus rapporte qu'un moine, nommé Maurice, se rendit jusqu'à Kiev; que le roi et les nobles du pays lui offrirent de précieuses fourrures dont il chargea plusieurs chariots et qu'il revint, sain et sauf, à son couvent, sous la protection de marchands de Ratisbonne. Le narrateur ajoute que ce fut avec le prix de ces fourrures que furent construits le cloître et le toit du monastère4.

1. voir le Kirchenlexicon de Wetzer etWelte au mot Schottenklôster,

t. X, COl. 190?>-t<)07.

2. G. A. Renz, Beitrdge zur Geschichte der Schotlenablei St. Jakob und des Priorates \V<-ih St. Peter in Regensburg {Studien u. Mittheilungen aus drm Benedictiner- u. dem Cistercienscr-Orden, xvi, 1895, p. 64 sq.; Regesten, ibid., p. 230 sq.).

3. Pez, Thésaurus Aneedotorum, vi, 1, p. 231. — Cf. Renz, Regesten, p. -2o2.

4. Vita Mariant, 4 {l. c, p. 309). — Sur les moines irlandais à Kiev, voirlacommunii-ation de L.Abraham, Mnisi irlandzcyw Kijowie(Bulletin internai, de l'Académie des sciences de Crarovie. —Classe de philos, d'hist. et de philosophie, 1901, p. 137). —Le travail d'A. Parczbwski,

La fondation de Saint-Jacques de Ratisbonne ouvre une nouvelle période de l'histoire des établissements monastiques des Scots sur le continent, période beaucoup moins intéressante, beaucoup moins mouvementée que les précédentes. Désormais l'Allemagne est à peu près le seul pays vers lequel continue l'émigration religieuse, et le nombre des émigrants va sans cesse diminuant. Une substitution de nationalité s'opère d'ailleurs dans les cloîtres. Les Ecossais, à la faveur de l'identité actuelle de leur nom latin {Scottî) avec celui des anciens Irlandais, réussissent à se faire passer pour les véritables fondateurs des monasteria Scottorum et prennent insensiblement la place des Irlandais, là où les moines allemands ne se sont pas déjà installés •.

11 nous restera à dire plus loin quels furent le rôle et l'influence des hommes d'église qui, surtout après les premières invasions danoises, passèrent d'Irlande dans l'Europe continentale, non plus dans un but apostolique ou ascétique, mais pour travailler à leur propre culture intellectuelle ou à celle d'autrui.

Poezatki chrystjanismu iv Polsce i Misya Irlandska {Les commencements du christianisme en Pologne et la mission irlandaise), extr. de l'Annuaire de la Société des sciences de Posen, 1902, serait basé, à en juger par un compte rendu de M. Louis Léger (R. Cel., xxvi, 1905, p. 389), sur des documents d'une valeur souvent discutable.

1. De Beato Mariano : 1. Scotorum in Germania monasteria dans A. Sanct. Bol., L c, p. 361-36-2. — Kirchenlexicon, l. c, col. 1906.

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