CHAPITRE VI
LES CONTROVKRSES DISCIPLINAIRES
g 1. — La Pâque.
La plus importante des controverses fut celle que souleva la fixation de la date de la fête de Pâques. Cette fête est le pivot de l'année liturgique, elle tient dans sa dépendance le cycle entier des fêtes mobiles ;
BIBLIOGRAPHIE. — Sources : Colomban, Epistolae (P. L., LXXX:
M. G., Epist., III). — Bède, H. E., passim. — Cimmian, Epistola de controversia paschali (P. L., LXXXVII). — Alduelm, Epistola ad Geruntium (P. L.,LXXXIX; M. G., Epist., III). — A. C, passim. — A. U., passim. — A. T., passim.
Vita S. Munnu, xxvi-xxvii (éd. Pixmmer, V. S. H., II, 236-237). — Eddiis, Vita Wilfridi, i-x (éd. J. Raine, R. B.S.). — Catalogus sanctorum Hiberniae (éd. Haddan et Stubbs, C. E. D., II).
Travaux : Varin, Mémoire sur les causes de la dissidence entre l'Eglise bretonne et l'Eglise romaine relativement à la célébration de la fête de Pdques {Mémoires présentés par div. savants à l'Ac. des inscr. et belles-lettres, ire série, t. V, 2e part., 1858). — Bruno Krcsch, Sludien zur christlich-mittelalterlichen Chronologie. Der 84 jâhrige Ostcrcyclus und seine Quellen, Leipzig, 1880. — J. Schmid, Die Osterfestberechnung auf den britischen Insein, Regensburg, 1904. — B. Mai: Cauthy, introduction aux A. U., t. IV, 1901.
John Dowden, An Examination of Original Documents on the question ofthe Form of the Cellic Tonsure (Proceedings of the Soc. of Antiquarte» ofScotland, 1895-96, p. 325-33").
F. C. Conybeare, The Character of the Ileresy of the early British Church {Tr. S. Cym., 1897-98, p. 84-117).— Wilson, Notes on some LiturgicalQuestionsrelating to the Missionof S. Augustin, disserlaiion insérée dans l'ouvrage de A. J. Mason, The Mission of St. Augustin to England. Cambridge, 1897.
Daniel Rock, Did the early Church of Irelandacknowledge thePope' Suprcmacy? London, 1841.
desorte qu'une différence dans la date de sa célébration, déjà très regrettable en elle-même, jette, au surplus, la perturbation dans tout le reste de l'année ecclésiastique. Aussi, dès le second siècle, vit-on le Saint- Siège préoccupé de supprimer les divergences qui régnaient à ce sujet dans la chrétienté. Il fut décrété au concile d'Arles de 314. auquel assistaient, on se le rappelle, quelques évêques bretons, que l'on célébrerait la Pâque uno die et uno tempore per omnem orbem* ; mais cette prescription resta lettre morte. Le concile de Nicée (325) reprit l'œuvre d'unification. 11 déclara que la Pâque devait se célébrer dans tout l'univers le même dimanche, mais jamais le même jour que les Juifs. Il prescrivit de ne célébrer la fête qu'après l'équinoxe du printemps, comme le faisait déjà depuis longtemps l'église d'Alexandrie. Mais il laissa la date de l'équinoxe indéterminée et n'indiqua aucun procédé pour établir les termes lunaires et solaires entre lesquels pouvait osciller la date de la solennité pascale2.
La nécessité de faire concorder pendant une série d'années, d'une façon aussi exacte que possible, la lune pascale 'c'est-à-dire celle dont le quatorzième jour arrive au plus tôt à l'équinoxe) avec le cours du soleil, obligea les églises à changer de comput à plusieurs reprises 3. A Rome on suivit jusqu'à la fin du me siècle le cycle de saint Hippolyte, de 16 ans, et l'on fixait l'échéance de la Résurrection entre le xvi et le xxn du mois lunaire. A ce cycle on substitua, après un certain temps, celui de 84 ans (cycle d'Augustalis), d'après lequel les termes entre lesquels pouvait se mouvoir la date de Pâ-