Cf. Mac Carthy, A. U., IV, p. cxxxviii
2. Et même à compter de quelques années auparavant, au cas où les événements se seraient produits quelques années avant l'abbatiat de Segene. Au reste Cummian paraît avoir pris laplumedèsle retour des délégués (cf. Mac Carthy, loc. cit., p. cxl).
année qui suivit son départ, on peut fixer à 628 ou 629 le synode de Magh-Lene et dater la lettre de Cummian de 632 environ1.
Ce qui paraît avoir amené les Irlandais du sud à concevoir des doutes sur la rectitude de leur Pâque, c'est la lettre de Laurent de Canterbury, écrite vers 615, et surtout une lettre du pape Honorius Ier (625-638). Celui-ci exhortait la petite Eglise scotique située à l'extrémité du monde habitable à ne pas s'estimer plus sage dans ses calculs que les Eglises du Christ, tant anciennes que modernes, Etablies dans tout l'univers 2. La même considération se retrouve sous la plume de Cummian : « Rome se trompe, dit-il ironiquement, Jérusalem se trompe, Antioche se trompe, tout le monde se trompe, seuls les Bretons et les Scots sont dans le vrai 3 ». Il arriva qu'en 628 la Pâque tomba, par une harmonieuse coïncidence, à Rome comme dans les Iles Britanniques, le 27 mars. Le pape profita, peut-être, de cette heureuse circonstance pour prêcher l'unification constante pour l'avenir 4. En tout cas, il est certain que le sud de l'Irlande acheva de se soumettre dans le second quart du vne siècle, car Bèdej parlant d'Aidan de Lindisfarne (évêque de 635 à 651), lequel ne renonça jamais au cycle de 84 ans, trouve bon de nous faire observer que les Scots de l'Irlande méridionale avaient, dès lors, appris à célébrer là
1. Sur la date de cette lettre et des événements connexes consulter, outre Mac Carthy, Schmid, op. cit., p. 38-41. 3. Bkde, ii, 19.
3. Cummian, op. cit., col. 974. Et encore : Considerate quae sunt conventicula quaedixi : utrum Hebraei et Graeci et Latini etAegyplii simul inobservations praecipuarum solemnitatum uniti, an Britonum Scottorumque particula, qui sunt pêne extremi et (ut ita dicam) menlagrae orbis terrarum? (col. 972).
4. Jura (Regesta Pontif., I, p. 225) place cette lettre en C34; mais je ne vois pas sur quoi il se fonde pour cela. Pli'mmf.r (Bède, II, p. 123) inclinerait à la placer en 629.
Pâque selon le rite canonique, et cela grâce aux exhortations du Saint-Siège : ad admonitionem apostolicae sedis aiitistitis Pascha canonico ?'itu observa re didicerunt ' .
Vers le même temps que le synode de Magh-Lene, eut lieu une autre conférence à Magh-Ailbe, in campo albo, sur les confins des comtés actuels de Carlow et de Kildare. On y entendit une discussion de Lasreanus. abbé, plus tard évêque, de Leighlin, avec Munnu, ou Fintan. abbé de Taghmon (C. de Wexford), le premier tenant pour la nouvelle supputation « récemment rapportée de Rome ». l'autre pour l'ancienne. On ne voit pas clairement quelle fut l'issue de cette conférence. L'hagiographe dit : Postea consentientes populi cum sanctis ad sua reversi sunt. Finalement donc toute l'assistance et les deux saints se déclarèrent du même avis. Mais est-ce l'avis de Lasreanus ou bien celui de Munnu qui triompha? On ne sait 2.
Le clergé du nord de l'île avait adressé une lettre au Saint-Siège expliquant les raisons pour lesquelles il ne croyait pas devoir imiter les méridionaux. Cette lettre parvint à Rome en 640. Le pape Séverin venait de mourir, et ce fut l'archiprètre Hilaire qui. avant la consécration de Jean IV, le pontife élu, et avec son assentiment, expédia la réponse. La Pàque du xiv de la lune y était sévèrement condamnée, et les Irlandais septentrionaux requis d'adopter le comput dionysien 3. Cette injonction resta sans résultat.
C'estsous le gouvernement del'abbé Segene qu'Aidan quitta Iona pour aller fonder Lindisfarne. Il introduisit chez les Angles le cycle pascal auquel son abbé