Cède. //. E., v
abbé de Malmesbury, etplustardévêquede Sherborne, avait adressée à Geraint. roi de Dumnonia et au clergé de cette région. « Vos prêtres, écrit Aldheîm. suivent le Ganon d'Anatole, ou plutôt celui de Sulpice Sévère l ; ils fêtent la Pâque avec les Juifs le xive jour de la lune. Or les pontifes romains ne reconnaissent ni l'un ni l'autre de ces cycles, ni non plus celui de Victorius ; et ceux qui fêtent la Résurrection le xiv sont condamnables au même titre que cette secte hérétique et excommuniée, connue sous le nom de Tessai-eskaidecaditae ». D'autre part, l'abbé s'élève contre la tonsure celtique et l'oppose, sous le nom de tonsure de Simon le Magicien, à celle de saint Pierre. Il se plaint enfin de la conduite des prêtres de Demetia, région située au delà de la Severn ^Galles du Sud), qui continuaient de refuser de prier dans la même église qu'un Saxon et de s'asseoir à la même table que lui -. Malgré son ton grandiloquent et les nombreuses inexactitudes de détail qu'elle contenait, la lettre à Geraint réussit à opérer le ralliement de la Cornouaille à la tonsure et à la Pàque3.
Les Gallois, au contraire, ne consentirent à adopter les réformes que dans la seconde moitié du vme siècle. Ceux du nord furent les premiers à se rendre, grâce aux efforts d'Elbod, évêque de Bangor (755-809?) 4. Après
1. C'est probablement cette fausse donnée quia induit l'sher (H'orAs t. iv, p. 336-337), le Bollandiste E. Carpentier (A. Sanct.. t. IX d'oct., p. 329), etd'autres, à attribuer à Sulpice Sévère le cycle de 8i ans suivi par les Celtes.
-j. Aldhelm, Epist. adGeruntium (P. L.. Lxxxix. 87-92).
3. Bède, H. E.. v. 18. — D'après un texte du Missel de Leofric certains restes de dissidences se seraient perpétués en Cornwall jusqu'au temps de l'évêque anglo-saxon de Crediton. Eadulf (909-931) (C. E. D., I, p. 676).
4. D'après le Brut y Tywysogion (éd. J. Williams ab Ithel, R. B. S-, London, 1860), p. 6-7, et d'après A. C, le changement se serait opéré en 768. — D'après la Chronique des Princes de Gwent (Brut y Tywysogion Givent, éd. A>eirin Owen. I.ondon, 1863, p. 6-7 , en 755.
quelques résistances, ceux du midi suivirent le mouvement, et ainsi prit fin la controverse pascale f.
S 2. — La tonsure celtique.
Une autre cause d'ardentes disputes entre le clergé anglo-saxon et le clergé celtique, ce lut la forme particulière de tonsure que celui-ci s'obstinait à conserver.
Il ne semble pas que clercs et moines aient adopté, avant le ive siècle, une tonsure quelconque. On leur enjoignait seulement jusque-là de ne pas porter les cheveux trop longs2. Les moines furent probablement les premiers à se raser la tête, à l'exemple des Nazaréens ; et c'est à leur imitation que le clergé séculier adopta l'usage de la tonsure 3. Cette tonsure primitive était la tonsure dite de saint Paul, la tonsure totale, qui se conservait encore en Orient au vne siècle 4. Celle de saint Pierre, qui consistait à ne laisser subsister qu'une couronne de cheveux autour de la tête rasée, n'est pas signalée avant le vie siècle. Saint Grégoire de Tours (-f- 595) est le premier à en faire mention 3. Le pape saint Grégoire le Grand la portait 6, et c'est elle que ses envoyés, saint Augustin et ses compagnons, introduisirent en Angleterre.
Ceux-ci se scandalisèrent fort à la vue de la bizarre coupe de cheveux des moines celtes. Sur la forme de