Bède, H. £., iv
5. Vitae Patrum, xvn (P. L., LXXI, 1078). Cf. Tiiomassix, Ancienne et nouvelle discipline de l'Église, Paris, 1725, t. I, col. 714 sq.
G. Jean Diacre, Vita Greç/orii, iv, 8'* (P L., LXXV. 230).
cette tonsure celtique, deux opinions se sont fait jour parmi les modernes. Les uns prétendent que la partie antérieure de la tête, en avant d'une ligne allant d'une oreille à l'autre, était complètement rase, tandis qu'en arrière de cette ligne la chevelure était conservée abondante '. Suivant d'autres auteurs, le clergé celtique portait bien les cheveux longs par derrière, mais la partie frontale n'était pas complètement dégarnie, une demi-couronne de cheveux, allant d'une oreille à l'autre, régnait au-dessus du front 2. C'est, à mon sens, cette seconde manière de voir qui est la bonne.
Le texte le plus clair sur la matière nous est fourni par la lettre déjà connue de Ceolfrid au roi Naiton. Ceolfrid, à la différence de la plupart des écrivains ses contemporains qui parlent de la tonsure des Celtes, l'avait vue de ses propres yeux, au cours de ses rencontres avec Adamnan comme aussi, sans doute, avec les envoyés du roi picte. Après avoir désabusé l'abbé d'Iona sur son observance pascale, il avait également entrepris de le faire renoncera son incorrecte tonsure. Dans ce dessein il lui tint ce langage symbolique : « Je vous le demande, frère saint, vous qui ambitionnez la couronne de vie, la couronne sans fin, pourquoi vous obstinez-vous à porter sur votre tête, contrairement à votre loi, l'image d'une couronne fragmentaire? » Et, s'adressant à Naiton, à qui il rapporte ces propos,
1. Les partisans de cette opinion sont Varin, Mémoire, p. 161 ; Todd, Saint Patrick, p. 48"; Reeyes, éd. d'Adamnan, p.350-351 ; Wakren, Lit.