Cf. Varin, Mémoire, p
doute, d'ailleurs, la tonsure n'était-elle pas le privilège exclusif des druides. Elle devait être affectée à certaines autres classes de la société celtique ancienne : les guerriers bretons de Werocli étaient tondus'. C'est probablement à quelque tradition nationale que se doit rattacher la tonsure dont s'enticha le clergé chrétien des îles 2.
Saint Patrice s'opposa à cette tonsure nationale. Un canon de la série placée sous son nom et sous ceux des évêques Auxilius et Iserninus, série que l'on peut, croyons-nous, avec de graves critiques, tenir pour authentique, prononce même l'excommunication contre les clercs irlandais qui refuseraient de se tondre more romano 3. La tonsure romaine , au temps de saint Patrice, c'était, d'après ce qui a été dit plus haut, non la « couronne », mais la tonsure totale, et c'est ce qui explique l'étonnement exprimé par les druides dans leur étrange pseudo-prophétie : « Elle viendra, la tête d'erminette, avec son bâton recourbé 4. » Toutefois, il faut croire que les efforts de Patrice furent impuissants à faire prévaloir la tonsure romaine, puisque le Catalogue des saints affirme que, dès le premier âge, une tonsure unique fut adoptée, laquelle allait de aure ad aurem seulement5.
Les promoteurs de la Pâque romaine se firent aussi
1. Pour n'être pas reconnus, les Saxons de Bayeux, qui combattaient dans leurs rangs, se tondirent ritu Brittonum (Grégoire de Tours, Hist. Fr., x, 9; P. L., LXXI, 537). Cf. Loth, Émigration, p. 179.
2. Cependant la tonsure celtique chrétienne différait en quelque manière de la tonsure druidique, comme l'a bien montré J. B. Bury, Pat., p. 240-242. Voir aussi Baring Gould et Fisher, British Saints, t. I, p. 28.
4. Muirchu, p. 273-74. Le latin asriciput et l'irlandais tâlchenn signifiet-il « à la tête d'erminette » ou bien «à la tête polie à l'erminette » (levigatum caput, comme l'a proposé W. Reeves, Vita Col., p. 351), ou bien encore « à la tête polie comme le fer d'une erminette » 1