‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 248 sur 301 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Nous ignorons si les anciens Celtes chrétiens s'adonnèrent spécialement à la culture de la musique religieuse. Par contre, il subsiste un assez grand nombre de monuments pour que nous puissions nous faire une

BIBLIOGRAPHIE. — Ouvrages généraux : J. Anderson, Scotland in early Christian Times, Ve sér., Edinburgh, 1881. — Margaret Stokes, Early Christian Art in Ireland, London, 1875. — J. Romilly Allen, Celtic Art in Pagan and Christian Times, London [1904]. — G. Coffey. Guide to the Celtic Antiquities of the Christian Per.'od preserved in the National Muséum Dublin, Dublin, 2e éd., 1910.

Architecture : G. Pétrie, The Ecclesiastical Architecture of Ireland anterior to the Anglo-Norman Invasion (Tr. R. I. A., xx. 1845). — Lord Ditnraven, Notes on Irish Architecture, édile par Marg. Stores, London, 1875. — Baldwin Brown, The Arls in Early England, London, 1903, t. I et II. — R. Allen et J. Axdlrsox, The Early Christian Monuments of Scotland, Edinburgh, 1903. — P. M. C. Kermode, Maux Crosses, London, 1907. — J. Romilly Allex, Early Christian Art in Wales ^Archaeologia cambrensis, 5* série, xvi, 189X — Louis Rosenzweig, Répertoire archéologique du département du Morbihan, Paris, 1863.

Les manuscrits et la miniature : \Y. M. Lindsay, Early Irish Minuscule Script (S' Andrews Universitu Publications, VI), Oxford, 1910.— Ferdinand Keller, Bilder uni Shriftzûge in dem irischen Manuscripten der schweizerischen Bibliotheken [Mittheilungen der antiquarischen Gesellschaft in Zurich, vu, 1851), mémoire que W. Reeves lit traduire en anglais et insérer dans VU. J. A. (vin, 1860) sous le tiirede Early Irish Calligraphy. — J. 0. Westwood, Palaeographia sacra pictoria, London, 1843. — Du même, Facsimiles of Mi7iiatures and Ornaments ta Anglo-Saxon and Irish Manuscripts, London, 1868. — J. T. Gilbert, Facsimiles of National Manuscripts of Ireland, London, 1874-84. — Celtic Ornaments from the Books of Kclls, Dublin et London, 1892-95. —

idée de la façon dont ils adaptèrent l'architecture et les autres arts plastiques aux besoins de la vie chrétienne de leur temps. Nous nous proposons de dresser le bilan de leur activité artistique et d'indiquer en quoi elle a pu contribuer au progrès général des arts.

S 1. — L'architecture.

Au haut moyen âge, l'architecture, soit civile, soit religieuse, était très peu avancée dans les lies Britanniques. Les églises furent primitivement construites en bois. Ce genre de construction était même considéré comme une spécialité architectonique irlandaise ou bretonne, comme l'indiquent les expressions « juxta morem Hibernicae nationis », « opus Scotticum », « more Scottorum », « more Brittonum », qui s'y rapportent1. L'usage de la pierre, dans la construction des églises, était réputé romain ou gaulois2. Lorsque saint Malachie, ex-archevèque d'Armagh, s'avisa de bâtir, à Bangor, une église de pierre, les indigènes protes-

S. F. H. Romvsoy, Celt/clllumiaalive Art inthe Gospel Books ofDurrow, Lindisfarne and Kells, Dublin, 1908. — J. A. Bruu.n, An Inquiry in the Art of the IUuminated Manuscripts in middle Ages, 1" partie : Celtic IUuminated Manuscripts, Stockholm, 1897.

Motifs d'ornementation : Bai.dwinBrown, article Art (Celtic)' dans \'Encyclopaedia of Religion and Ethics d'Hastings. — I.epriecr, La peinture en Occident du Ve au Xe siècle en dehors de l'Italie, dans l'Histoire do l'Art d'ANDRÉ Michel, Paris, 1905, t. I. — F. M. I'nc.er, La miniature irlandaise (R. Cet., i, 1870-71).— Eugène Mintz, Etudes iconographiques et archéologiques sur le moyen âge, Paris, 1837. — Bernhard Salin, Die altgermanische Thierornementik, Stockholm, 1904, eh. v : Die anijatsùchsische und die irlandische Thierornamentik.

1. Adam., Vita Col., n, 45; éd. Fowler, p. 122. — Y Ha Darercae (f517), Acta SS. Boll., t. II de juillet, p. 296. — Bern., Vita Mal., vi, 14; P. L., CLXXII, 1083 b. — Bède, H.E., m, 2o. — Vita S. Kenlegemi, xsiv, éd. Pinkep.tcn, p. 248.

2. Bf.de, H. E.,\, ii.Vita abbat. monasterii in Wtramutha, i, P. L., XCXIV. 716 C.

tèrent véhémentement contre l'innovation. « Nous sommes des Scots, s'écrièrent-ils, non des Gaulois... Qu'avons-nous besoin d'un édifice si magnifique, si superflu1! » Cependant saint Ninian, l'apôtre des Pietés du sud, construisit en maçonnerie, au ive siècle, son église de Candida Casa, en Galloway2.

Là où manquaient le bois et la pierre, on employait la terre. Saint Patrice aurait bâti deux églises de terre, l'une à Clebach, l'autre à Tirawley3. Cette dernière, suivant son biographe Tirechan, était carrée. Un curieux oracle druidique sur Patrice applique aussi aux églises de l'apôtre les épithètes « angustae et quadratae* ». Généralement cependant les églises d'Irlande étaient rondes ou ovales, sans abside5. Les petits oratoires, construits en pierres, avec ou sans mortier, dont il reste encore en Irlande, en Ecosse et en Cornouaille de nombreux spécimens, affectaient souvent la forme d'une carène de bateau retourné, la quille en haut, ou bien la forme arrondie d'une ruche d'abeilles6. Les oratoires de Saint Piran, de Saint Gwythian et de Saint Maddern se voient encore en Cornouaille7. Citons, parmi les plus anciens oratoires d'Irlande, qui subsistent encore en entier ou en partie, ceux de Gallerus, près de Kilmalkedar (Kerry), de Valentia (Kerry), de Sinach Mac Dara, dans l'île de Cruac Mhic Dara, sur

Page 1