Westwood, M. 0., pi
sèment pointus *. Le Christ en croix de l'évangéliaire de Saint-Gall coté N°51, a le corps ridiculement entortillé dans un drap d'où émergent des bras coloriés en rouge et des jambes peintes en bleu -.
La faune décorative décèle, la plupart du temps, une ignorance presque aussi complète de l'anatomie et de la science du dessin. Lacroix en Saint-Madoes (Perthshire) est pourtant entourée de chiens passablement réussis, qui se mordent eux-mêmes ou qui mordent celui qui les précède. Ils ont des queues démesurées enroulées en spirales 3. Ce sont les animaux auxformes longues, sveltes, élastiques, du type dit lacertin, lévriers, serpents, lézards, oiseaux au long cou, aux longues pattes, qui sont le plus fréquemment employés. L' « artiste » étire encore et efflanqué leurs corps, développe extraordinairement leurs membres, oreilles, langue, queue, aigrette- ; les enroule à plaisir, les entrelace et les noue de la plus singulière manière. Quand il s'agit de dessiner un animal au naturel ou isolément, c'est un insuccès complet \ Parmi les symboles des Evangélistes du Livre de Durrow, on voit un aigle sans pattes, un veau triangulaire et un lion bipède.
Mais dès qu'il n'y a plus à copier les êtres et les choses qui sont dans la nature, qu'il faut, au contraire, tirer de son imagination et de sa fantaisie des combinaisons de lignes compliquées et variées, l'artisan, soit qu'il fasse œuvre de sculpteur sur pierre, de
1. Westwood, M. 0., pi. 31 ; Stlart, Sculptured Stones of Scotland (Spalding Club), Edinburgh, 1867, t. II, p. i.xkis.