‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 267 sur 301 · R. Allen, C. A., planche en face de p · texte numérisé non relu

R. Allen, C. A., planche en face de p

4. Westwood, M. 0., GospelsofSt Chad, fig. 1 ; Gospels of Mac Durncm, fig. 1 ; Irish Mss., fig. 1 ; Irish BiblicalMss., p. 6. — Yoir aussi les symboles représentés sur le Cumdach de S. Molaise (Marc. Stokes, E. C. A.I., p. 93;G. Coffey, Guide, pi. vm). — Sur les motifs zoomorphiques employés dans les manuscrits et dans le travail des métaux en Irlande, voirBERxiUiRDSAUS,DieaUgermanische Thierornamentik, Stockholm, 1904, ch. v.

décorateur sur métal ou de miniaturiste, se sent tout de suite dans son élément. C'est alors que se révèlent ses qualités de fécondité, d'ingéniosité, de patience et de précision merveilleuses, c'estalors qu'il atteintàl'art véritable. Il excelle dansle traitement diversifié à l'infini d'ornements géométriques à base de T, de Z ou de bras de croix gammée, que les archéologues des lies Britanniques désignent des noms desteppatterns, keypatterns (dessins dont l'élément primordial est en forme de marche d'escalier, en forme de panneton de clé), et que l'un d'eux, feu Romilly Allen, a si bien su détailler et analyser '. Les artistes irlandais ont complètement innové dans ce domaine. Au surplus, s'ils n'ont pas été les premiers à introduire dans l'art ornemental la spirale et l'entrelacs 2, leur fantaisie en a su faire une application si heureuse, si étendue, si déliée, que c'est grâce à l'imitation des ornements irlandais par les écoles anglo-saxonne et franco saxonne que ces motifs sont entrés dans le répertoire artistique de l'Occident. En ce sens il n'est pas téméraire d'écrire que, si l'effort graphique qui s'est épanoui dans le livre de Kells ne s'était pas produit, le livre de Lindisfarne n'eût jamais réalisé ce genre et ce degré de beauté qu'on y admire, ni non plus les plus estimées de nos peintures françaises sur vélin des ixe et xe siècles.

L'entrelacs est, à coup sûr, le motif le plus caracté-

1. R.Allen, C. A., ch. vm;R. Allen et Andeuson, The early Christian Monuments of Scotland, p. 140-403.

2. Sur l'emploi de la spirale et de l'entrelacs dans l'antiquité classique, voir Eugène Mùntz, La miniature irlandaise et anglo-saxonne au IXe siècle, mémoire inséré dans les Etudes iconographiques et archéologiques sur le moyen âge (Paris, 1887) de cet aufeur; du même, Recherches sur l'origine des ornements connus sous le nom d'entrelacs (R.Cel., lit, p. 243-245); A. Michel, op. cit., p. 306 sq.; R. Allen, C. A., ch. vu; G. CoFrEY, Guide, p. 1-19.

ristique de l'ornementation celtique. Les artistes en ont tiré un parti merveilleux. On est frappé d'étonnement devant ces labyrinthes de rubans, de lanières, qui se déroulent à l'infini, se croisent et s'entrecroisent sans que jamais, dans ces enchevêtrements de lignes extrêmement complexes et variés, l'œil soittroublé par une impression de désordre ou d'emmêlement. Le goût de l'entrelacs était si familier au génie artistique des Celtes qu'ils en ont même formé des combinaisons avec des êtres vivants. On trouve des bras, des jambes, des chevelures, des barbes entrelacées et nattées '. Sur la pierre de Meigle (Perthshire), quatre hommes nus sont disposés en forme de swastika, chacun tenant la jambe de son suivant, les jambes s'entrecroisant à angle droit 2. Dans l'évangéliaire de Mac Regol, deux individus nus ont leurs jambes et leurs doigts immensément allongés entrecroisés en diagonale 3. Les entrelacements d'oiseaux, cygnes, paons, cigognes, ou de serpents, produisent souvent un joli effet décoratif4. Remarque capitale : l'art celtique authentique n'a absolument rien tiré du règne végétal, lequel, au contraire, a été mis à contribution par les écoles anglosaxonne et franco-saxonne5.

Pour terminer, reproduisons ici une double appréciation portée, à sept siècles de distance, sur les travaux de plume et de pinceau irlandais. La première émane de Giraud le Cambrien, qui eut l'occasion d'examiner,

1. Voir notamment les planches de Durrow et de Kells dans Robinsox, Celtic Illuminative Art.

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