‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 280 sur 301 · A. Q. .V.. éd. O'Donovvn, t. II, p. 1094-10Q · texte numérisé non relu

A. Q. .V.. éd. O'Donovvn, t. II, p. 1094-10Q

à Kells, sous la présidence du légat. Il opéra un remaniement profond dans la constitution de l'Eglise insulaire. Beaucoup de diocèses minuscules furent supprimés : un archiprêtre y prit la place de Tévêque. Trente-huit furent conservés f , lesquels furent distribués en quatre provinces métropolitaines, Armagh dans l'Ulster, Dublin dans le Leinster, Cashel dans le Munster et Tuam dans le Connaught. Armagh eut pour suffragants Connor, Down, Louth-Clogher, Clonard, Kells, Ardagh, Raphoe, Rathlury ou Maghera, Duleek et Derry. Glendalough, Ferns, Ossory, Leighlin, Kildare furent attribués à Dublin; Killaloe, Limerick, Iniscathy, Kiifenoragh, Emly, Roscrea, Waterford, Lismore, Cloyne, Cork, Ross, Ardfert, à Cashel; et enfin Mayo, Killala, Roscommon, Clonfert, Achonry, Clonmacnois, Galway ou Kilmacogh, à Tuam 2.

Enfin, le cardinal conféra le pallium de la part du souverain Pontife, non seulement aux archevêques d'Armagh et de Cashel, comme les membres du concile d'Inispatrick l'avaient souhaité, en 1148, mais également aux deux nouveaux métropolitains.

Jusqu'au concile de Kells, l'Eglise d'Irlande avait offert, au point de vue de l'organisation, un spectacle chaotique qui n'avait probablement nulle part ailleurs dans la chrétienté son équivalent. La voilà désormais pourvue d'organes normaux et fortement charpentée. Sa physionomie en est toute renouvelée. Nous pourrions arrêter ici l'histoire de la chrétienté celtique

1. On a vu plus haut que le concile de Rathbreasail avait décidé le maintien de 24 évéchés seulement, plus 2 archevêchés et Dublin, mais ses dispositions étaient probablement restées sur ce point lettre morte. Cf. I.ANigan, op. cit., p. 42 ; Kille>', Ecclesiasticul History of Ireland, t.I, p. 206-207.

•2. Giraud, Topogr. Hibern., m, 17, éd. Dimock, Opéra, t. V, p. 162-163. Cf. Lakigas, op. cit., t. IV, p. 139 sq.

d'Irlande ; mais alors se produisit l'événement politique le plus considérable de l'histoire du pays dont les conséquences durent encore, la conquête de l'île par Henry II Plantagenet, de 1169 à 1171 ; il est impossible de ne pas dire quelque chose de ces conséquences.

On a beaucoup discuté l'authenticité de la fameuse bulle Laudabiliter, par laquelle le pape anglais Adrien IV autorisa le roi Henry, dès 1155, à entreprendre cette conquête « en vue d'étendre les bornes de l'Eglise, de faire connaître la vérité à des peuples ignorants et grossiers et d'extirper du champ du Seigneur des pépinières de vices » '. Les arguments des partisans de l'authenticité nous paraissent les plus forts 2. Aussi bien a-t-on beaucoup exagéré le rôle et la portée de la dite « bulle ». Les contemporains n'y attachèrent pas tant d'importance ; c'est pourquoi ils en ont si peu parlé 3.

Il restait à améliorer sur certains points la discipline, la liturgie et la pratique sacramentaire, conformément aux vœux de Lanfranc et de saint Anselme. Ce fut le concile de Cashel, réuni en 1172 par ordre de Henry II, sous la présidence de Christian, évêque de Lismore, légat apostolique, qui s'occupa de régler ces matières. On rappela les canons concernant les empêchements de parenté et d'affinité pour le mariage. Les enfants devaient être catéchisés à la porte de l'église et baptisés aux fonts des églises baptismales. Les fidèles étaient tenus de payer les dîmes àl'église paroissiale. Les

1. Voir le texte de cette bulle chez Giraid, Expvgnatio Hibernica, II, 5, p. 317-318.

2. Signalons notamment les d^ux mémoires suivants : 1° Kate Nûrgate, The Bull Laudabiliter (E.H. R., vin, 1893, 18-52); 2° H. Thurston, The English Pope and Ms Jrish Bull (The Month, avril et mai 1906). — Toute la littérature du sujet est indiquée dans le premier de ces mémoires.

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