Vie tripartite de S. Patrice {Tr. L., p
graphie dont les parties les plus anciennes remontent au xie siècle, parle encore, dans l'article consacré à Mag Slecht. de cette idole, qu'il appelle Cronn Cruach' . Il dit qu'elle fut adorée, jusqu'à l'arrivée de saint Patrice, par tous les peuples établis en Irlande. On allait jusqu'à immoler à cette pierre des enfants pour obtenir du lait et du blé2.
C'est là le principal texte où il soit fait mention de sacrifices humains en Irlande, texte tardif, à la vérité3, mais qui est, peut-être, l'écho d'une tradition sérieuse. « Il aurait été impossible, a-t-on remarqué, à un moine chrétien d'inventer pareille histoire ; et nous devons la regarder comme une peinture authentique du rituel des Celtes insulaires ''. » Je ne serais pas, pour ma part, porté à accorder une aussi grande confiance à ce témoignage. Mais d'autres textes irlandais semblent faire allusion à l'usage du sacrifice humain, soit pour restituer à la terre sa fertilité, soit pour assurer la solidité d'une bâtisse en construction s.
Aussi bien les anciens nous montrent-ils dans les Bretons de cruels immolateurs d'hommes. Suivant Dion Cassius, les Bretons de Boudicca massacraient avec des raffinements de cruauté les femmes captives, en
1. Dindsenchas, éd. Wh. Stokes [R. Cel., xvi, 1895, p. 35, 163). — Sur une autre idole irlandaise également ornée d'or et d'argent, voir le Martyrologe d'Oengus. éd. Wh. Stokes, p. 186, 187,378.