Adam., Vita Col., i, 1, 37; n
tons : aucune vie de saint, aucun concile ne fait allusion à leur existence *.
C'est en Irlande quïls paraissent s'être maintenus le plus longtemps. On en trouve de fréquentes mentions dans les textes indigènes du moyen âge, tant profanes que religieux 2. Nous verrons que saint Patrice les combattit énergiquement. « Il guerroya contre les druides au cœur dur; il écrasa ces orgueilleux, grâce au secours que lui donna Notre-Seigneur, [le maître] du beau ciel. Il purifia l'Irlande aux vertes plaines de la puissante race », lit-on dans la prière de Ninine 3.
Toutefois, le druide irlandais, tel qu'il nous est présenté dans les récits épiques et hagiographiques, ne ressemble pas beaucoup au druide gaulois dont les auteurs anciens nous ont décrit la condition et le rôle. Examinons ces différences.
On a été jusqu'à dénier aux druides d'Irlande tout caractère sacerdotal 4. Nous avons dit qu'ils ne participaient point aux sacrifices sanglants, pas plus, d'ailleurs, qu'à aucune autre espèce de sacrifices s. Si
1. G. Gcenix, Le paganisme en Bretagne au VIe siècle (An.Br., xvn, 1902, p. 226).— En gallois et en breton les noms qui désignent les druides sont des mots de fabrication relativement récente. Le nom des druides u'apparaît pas dans les lois galloises (H. d'àrbois Les druides..., p. 81).
2. Voir notamment : 1° Tirechan, Tr. L., p. 325-326; 2° une glose du Senchus Môr {Ane. Laws and Institutes of Irelaad. t. 1, p. 22). — Sur une inscription de la période chrétienne mentionnant un druide d'Irlande, voir Rhv-;, Sludies inearly Irish History (Proceed. ofthe British Acad., 1933-i'iOi, p.25sq.), et H. Gaidoz, Notice sur les itiscript. lat. de l'Irlande {Mélanges publiés par la section historique etphilol.de l'École des hautes études, 4X78, p. 123-127 . — Miliuc. chez qui Patrice demeura captif, était un druide (Tireciiax, Tr. L., p. 330).