LES ORIGINES DU CHRISTIANISME DANS LES PAYS INSULAIRES
SI. — Les plus anciens témoignages sur l'évangélisation des Bretons.
C'est par la Bretagne romaine que se répandit tout d'abord la foi chrétienne dans le monde celtique insulaire. A quelle date, par quels missionnaires et par quelles voies? Nos sources d'information sont bien trop
BIBLIOGRAPHIE. — Sources : Phosper d'Aqiitaike, Chronicon, éd. Momm<en ^M. G., Auct. ant., IX. Chr. min., I); du même, Liber contra collatorem, xxi, 2 (P. L., LI). — Patrice, Confessio; Epistola, éd. Wh. Stokes (TV. L.). — Muircho Maccu Machtheni, Commentarius {ibid.). — Tirf.chan, Collectanea (ibid.). — Vie tripartite de S. Patrice (ibid.). — Triadis thaumaturgae... acta, éd. J. Colgan, Lovanii, 1647. — Gildas, De excidio, éd. Mommsen (M. G., Auct. ant., XIII. Chr. min., HI); P. L., LMX. — G. Dottin. Les livres de S. Patrice, apôtre de l'Irlande, Paris [1909] (traduction française des œuvres de S. Patrice).
Travaux : H. Zimmer, Keltische Kirche in Britannien und Irland {Real. f. prot. Théologie, IL X), traduit en anglais par Miss A. Meyer, Celtic Churcli. London, 1902. — Hcgh Williams, Some aspects of the Christian Churchin Wales {Tr. S. Cym., ses. 1893-94). — J. H. Todd, Saint Patrick apostle of Irland, Dublin, 1864. — B. Robert, Étudecritique sur la vie et l'œuvre de S. Patrick, Paris, 18S3. — J. B. Biry, The Life of Saint Patrick and his Place in History, London. 190.S; et les mémoires suivants du même auteur : 1° Tirechan's Memoir of Saint Patrick (JE. H. R., xvi, 1902); 2° Notes on Tirechan's Memoir of Saint Patrick {ibid,.; 3° The tradition of Muirchu's Text {Hermathena, N° xxvin, 1902): 4° A Life of S. Patrick : Colgan's Tertia Vita {Tr.
vagues et brèves pour nous permettre de répondre à ces questions. Les plus anciennes ne remontent pas à l'an 200 ' . Le fait positif le plus reculé est la présence de trois évêques bretons au concile d'Arles de Tan 314 2. Selon M. Hugh Williams, tous les chrétiens de Grande-Bretagne, à cette date, étaient des Romains venus à la suite des légions3. Cependant l'un des évêques présents à Arles, Eborius, ou mieux Eburius, porte un nom dérivé d'un thème celtique4. On retrouve plusieurs évêques bretons au concile de Rimini, en 359. L'année d'avant, saint Hilaire de Poitiers, exilé en Phrygie, dédie aux évêques des provinces bretonnes son traité De synodis'6. Donc, au rve siècle, l'Eglise bretonne était déjà notoire.
D'après Gildas, les indigènes auraient, en général, accueilli sans enthousiasme [tepide] le christianisme6. C'est tout ce que cet auteur nous apprend sur l'évangélisation de son pays. Il rapporte par ailleurs cependant qu'il fut arrosé du sang de plusieurs martyrs; il cite les noms de saint Alban de Verulam, des saints Aaron et Juliusde Caerleon.
Les inscriptions chrétiennes de la Bretagne ne remontent pas au delà du milieu du ive siècle7. Une lettre écrite sur une lamelle de plomb par un chrétien
R. I. A., 4903); 5° The Itiuerary of Patrick in Connaught accordiny to Tirechan (Pr. R. I. A., xxix, sect. C, 1903) ; 6« Sources of the early Patrician Documents (E. H. R., xix, 1904).