‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 43 sur 301 · Joyce, S. H., I, p. 296. — E. Hull, Pagan Jreland, p · texte numérisé non relu

Joyce, S. H., I, p. 296. — E. Hull, Pagan Jreland, p

en Irlande1. Il est même probable qu'elle a fait partie de l'enseignement des druides de ce pays, si l'on admet le témoignage de Tirechan sur la sépulture du dernier roi suprême, Loégaire, réfractaire au prosélytisme de saint Patrice. Ce prince exigea qu'on l'enterrât à la manière païenne, debout et armé, car, dit l'hagiographe, les païens ont coutume d'attendre tout armés dans leurs tombes, facie ad faciem, le jour appelé erdattre par les druides, autrement dit le jour du jugement du Seigneur2. Si les druides croyaient à un jugement d'outretombe, ils devaient, sans doute, également professer, comme leurs confrères du continent, l'immortalité de l'âme. 11 est fâcheux, toutefois, que nous soyons réduits à étayer par ce seul texte l'hypothèse de l'existence d'une doctrine aussi fondamentale.

g 12. — Conclusion.

Ce sont surtout les tendances idéalistes des Celtes qui ont frappé Renan et lui ont inspiré ces pages d'un art exquis, mais en partie fallacieuses, sur le génie des peuples celtiques3. Il nous dépeint en des phrases ferventes une petite race timide, concentrée, chaste, mélancolique, étrangère à toute idée d'agression et de conquête, ayant soif d'idéal et d'infini, bref « naturelle-

1. H. d'Akbois, Les druides, p. 121. — Dottin, Manuel, p. 281 ; du même, La croyance à l'immortalité de Vâme chez les anciens Irlandais [Revue de l'histoire des religions, xiv, 1886, p. 53-66). — Mariller, op. cit., p. 86 sq.

2. Tirechan, TV. L., p. 308. — Cf. Tu. Olden, The Church of Ireland, London, 189S, p. 3.

3. E. Renan, De la poésie des races celtiques, article publié d'abord dans la Revue des Deux-Mondes du 1er février 18 4 et inséré ensuite dans les Essais de morale et de critique, 4e éd., Paris, 1890, p. 375-450. — M. Anatole le Braz discute à un autre point de vue, au en. i de son livre Le théâtre celtique (Paris, s. d.), cette peinture renanisée des Celtes.

ment chrétienne». La magie du maître écrivain ne doit pas nous faire illusion. Ce n'est pas sous ce jour poétique que nous entrevoyons, à la lumière des textes, le Celte païen des îles occidentales. Les grands sont dominés par des appétits grossiers. Ce ne sont que mœurs violentes, barbares. La conscience et la destinée de l'homme du clan sont tout entières entre les mains du chef. Partout des croyances empreintes d'un naturalisme rustique, dénuées de caractère moral ; partout des imaginations subjuguées sur lesquelles la sorcellerie règne en maîtresse souveraine. Il n'est rien là qui dénote une race particulièrement prédestinée au christianisme.

Une fois convertis, il est vrai, ces peuples demeureront, la plupart, longtemps et fortement attachés à leur foi. Mais l'œuvre de la conversion ne s'opéra pas, on va le voir, sans de grands labeurs et de longs efforts du côté des missionnaires, sans de vives résistances parfois du côté des peuples.

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