‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 55 sur 301 · Confessio, p · texte numérisé non relu

Confessio, p

core jamais été. Là il trouva un navire en partance. On fit d'abord quelques difficultés pour le prendre à bord. Enfin il put s'embarquer. Après trois jours de navigation, les passagers abordèrent à un pays désert qu'ils mirent vingt-huit jours à traverser, manquant de vivres *. Ce désert doit-il être situé en Grande-Bretagne ou sur le continent? il n'y a aucun moyen de le savoir 2. D'ailleurs Patrice fut derechef, après un temps assez long, réduit en esclavage, mais, cette fois, pour deux mois seulement 3.

Enfin il revint en Grande-Bretagne, où il eut le bonheur de retrouver ses parents, qui le reçurent tendrement et lui demandèrent instamment qu'après tant de tribulations il ne les quittât plus jamais. C'est alors qu'il reçut, dans une vision, une première invitation à évangéliser l'Irlande. Cette vision rappelle beaucoup celle qu'eut saint Paul à Troade, lorsque l'homme de Macédoine se présenta à lui, en disant : « Passe en Macédoine et viens nous secourir 4 ». Laissons à Patrice le soin de nous raconter ce mystérieux épisode de sa vie.

« Je vis dans une vision de la nuit un homme du nom de Victoricus, venant comme de l'Irlande avec des lettres innombrables. Et il me donna une d'elles et je lus le commencement de la lettre qui était : « La voix de l'Irlande », et, en récitant le commencement de la lettre, je pensais au moment même entendre la voix de ceux qui étaient près de la forêt de Foclut, qui est près de la mer occidentale, et ils s'écriaient comme d'une seule bouche : « Nous te prions, saint entant, de venir

i. Confessio, p. 361-363.

2. Bury, p. 338-342, croit que c'est en Gaule qu'aborda le bateau qui portait Patrice avec une cargaison de chiens de chasse irlandais, très estimés, paraît-il, dans le midi de l'Europe.

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