‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 56 sur 301 · Act., xvi · texte numérisé non relu

Act., xvi

et de te promener encore parmi nous ». Et je fus touché dans mon cœur et je ne pus lire plus avant, et ainsi je m'éveillai. Grâces soient rendues à Dieu de ce qu'après de nombreuses années le Seigneur leur accorda ce que demandait leur cri ' » .

Ce texte fait supposer qu'il s'était livré, dès le temps de sa captivité, à un premier essai d'apostolat parmi les gens de son rustique entourage. Ce n'est pas la seule vision qu'il eût. Des voix le sollicitaient à s'occuper du salut des autres, lui qui longtemps n'avait même pas songé au sien propre2. Il se remémorait ses jours d'épreuves, qui furent aussi, comme il advient souvent, des jours de repentir et de ferveur. Il avait cherché Dieu, il l'avait trouvé 3. Il se rappelait cette pauvre île où la Providence l'avait jeté parmi des gens grossiers et barbares, sur qui n'avait pas encore lui la lumière bienfaisante de l'Évangile. L'affection de sa famille ne pouvait le retenir. Saisi de compassion et de zèle pour ces malheureux idolâtres, il prit la résolution d'approfondir les desseins de Dieu sur lui, d'affermir sa vocation, comme aussi de s'instruire, d'acquérir la science de la loi divine et des lettres sacrées, qui lui manquait — à quel point? il le savait mieux que personne — , pour ensuite accomplir, si Dieu persistait à l'appeler, cette difficile mission4.

2 8. — Patrice sur le continent.

Il fallait, à cette époque, entreprendre de longs voyages pour acquérir quelque savoir et se familiariser

\. Confessio (Tr. L., p. 3G4) ; G. Dottin, op. cit., p. 32-33.

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