‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 64 sur 301 · TlRECHAN, p · texte numérisé non relu

TlRECHAN, p

■2. Muirchu, p. 285. — Suivant Muircuu, Loégaire se convertit, mais Tireclian aftirme le contraire (p. 308). C'est celui-ci qu'il faut croire, comme l'a montré M. Bcry, Pat., p. 353. — Le texte irlandais sur la conversion de Loégaire publié par M. Cu. Plummer (fl. Cel,, vi, 1883-85, p. 162-172; est une œuvre d'imagination dénuée de valeur historique

répondit : « Notre Dieu est le Dieu de tous les hommes, le Dieu du ciel et de la terre, de la mer et des fleuves, du soleil et de la lune, de tous les astres, le Dieu des hautes montagnes et des vallées basses. Dieu a sa demeure sur le ciel, dans le ciel et sous le ciel, sur la terre et la mer et tout ce qui est en elles. Il inspire tout, il vivifie tout, il surpasse tout, il soutient tout. Il allume la lumière du soleil, la lumière de la nuit ; il fait des sources dans la terre aride et des îles sèches dans la mer, et il a mis les étoiles pour servir de grandes lumières. Il a un Fils co-éternel à lui et tout semblable à lui, et le Fils n'est pas plus jeune que le Père, et le Père n'est pas plus vieux que le Fils. Et l'Esprit- Saint souffle en eux, et le Père, le Fils et le Saint-Esprit ne sont pas séparés. Et moi, je veux vous unir au roi céleste, car vous êtes filles d'un roi terrestre ». Et les filles dirent comme si elles n'avaient eu qu'une seule bouche et un seul cœur : « Enseigne-nous commenteroire au Roi céleste, indique-nous comment le voir face à face et comme tu diras nous ferons » . Et Patrice dit : « Croyez-vous que par le baptême le péché de votre père et de votre mère est enlevé? » Elles répondirent : « Nous le croyons ». — « Croyezvous au repentir après le péché? » — « Nous le croyons ». — « Croyez-vous à la vie après la mort et à la résurrection au jour du jugement? » — « Nous le croyons ». — « Croyez-vous à l'unité de l'Eglise? » — « Nous le croyons ». Et elles furent baptisées et un voile blanc fut placé sur leurs têtes. Mais elles demandèrentà voir Dieu face à face. Et le saint leur dit : « Vous ne pouvez voir la face du Christ si vous ne goûtez pas à la mort et si vous ne recevez pas la communion ». Elles répondirent : « Alors donne-nous la Communion pour que nous puissions voir le Fils, notre époux ». Etelles reçurent l'Eucharistie de Dieu et s'endormirent dans

la mort ; et on les plaça sur un lit, couvertes de leurs vêtements. Leurs amis les pleurèrent à grands cris et les druides qui les avaient élevées vinrent pleurer auprès d'elles, etPatrice les prêcha et ils crurent en Dieu. Quand les jours de deuil furent accomplis, on enterra les filles du roi près de la fontaine en une fosse ronde comme en faisaient les païens1 ».

Patrice avait été dès l'adolescence façonné à la rude école de l'adversité. Comme tous les grands serviteurs de Dieu, il eut, toute sa vie, à endurer de multiples traverses et des violences de tout genre 2. Lorsqu'il se disposait à évangéliser une région nouvelle, les druides s'assemblaient pour tramer sa perte. Il fut en butte aux outrages et aux persécutions des infidèles qui, plus d'une fois, cherchèrent à se saisir de lui et à le mettre à mort3. C'eût été pour lui le comble du bonheur et de la gloire que de mourir pour le Christ : « Si j'ai jamais imité quelque chose de bien à cause de mon Dieu que je chéris, je lui demande de m'accorder de verser mon sang avec ces prosélytes et captifs pour son nom, même si je devais manquer de sépulture ou que mon misérable cadavre fût partagé membre à membre aux chiens ou aux bêtes féroces, ou que les oiseaux du ciel le dévorassent4 ». Il n'entrait pas dans les desseins de Dieu que la terre d'Erin fût arrosée, dès ces commencements, du sang des martyrs. D'autres épreuves furent réservées à Patrice. Elles lui furent d'autant plus douloureuses

1. Tirechas, p. 314-317; G. Dottin\ op. cit.. p. 18-13. — Suivant Whitley Stores (TV. L., p.cxui), ce texte porte en lui-même la marque de son antiquité et de son authenticité. « Un fabricant de légendes n'aurait jamais inventé un pareil récit. ■

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