‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 67 sur 301 · Catalogue des Saints, loc. cit · texte numérisé non relu

Catalogue des Saints, loc. cit

7. J. Rbys, Lectures on the Origin and Growth of Religion..., p. 224. — A. HtoTT, The Celtic Doctrine of Re-birth, p. 101. — J. O'DONOVAM, A. Q. M., I, p. 13t. — Les opinions émises par Bury, Pat., p. 76-78, Joyce, S. H., I, p. 173 n. et Newell, Saint Patrick; p. 200, sont plus satisfaisantes.

vestiges de paganisme qui restaient mêlés aux croyances chrétiennes. «Nulle race, assure Renan, ne prit le christianisme avec autant d'originalité... L'Eglise ne se crut pas obligéed'être sévère pour les caprices de la fantaisie religieuse, elle laissa faire l'instinct populaire et de cette liberté sortit le culte le plus mythologique peut-être et le plus analogue aux mystères de l'antiquité que présentent les annales du christianisme '. »

Sans nier que les peuples celtiques aient gardé un attachement tenace à maintes pratiques superstitieuses, nous avons peine à admettre l'appréciation de Renan sur l'attitude des apôtres des Iles Britanniques vis-à-vis du paganisme. Saint Patrice, nous l'avons montré, s'appliqua de toutes ses forces à combattre les druides et à déraciner les pratiques idolàtriques. Tant que les droits de la religion n'étaient pas en cause, il eut à cœur de se conformer aux mœurs du pays et de se montrer conciliant 2. Mais le croire capable d'accommodements avec le paganisme sur le terrain doctrinal, c'est se méprendre singulièrement sur le caractère de son œuvre. Au reste, nous avons là-dessus des textes formels. Le Senchus Môr nous apprend que lorsqu'il fit alliance avec les file, il exigea d'eux qu'ils renonçassent à toute pratique ne pouvant s'exécuter sans un sacrifice aux faux dieux. « Il ne leur laissa aucun rite dont une offrande au diable fût un élément3 ». Et, suivant le Glossaire de Cormac, il disait que « quiconque continuerait à observer ces vieux rites n'aurait ni le ciel ni la terre, parce que les pratiquer c'est renoncer au baptême * ».

1. E. Renan, Essais de morale et de critique, p. 437-'t38, 442.

2. Confessio, p. 3 il. — Cf. B. Robert, Étude critique..., p. 14.

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