‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 83 sur 301 · I. K., xi, 3, p · texte numérisé non relu

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ment monastique. Le monachisme envahit tout le système ecclésiastique. Là gît le secret de ses rapides progrès4 ». Nous croyons devoir être moins absolu et nous contenter de dire avec M. F. E. Warren que cette église était « presque exclusivement monastique 2 ». En effet, Tirechan, nous l'avons vu, prend la peine de signaler des moines parmi les auxiliaires de saint Patrice. Si tous avaient été des religieux, pourquoi auraitil accusé le caractère monastique de quelques-uns seulement?

Parmi les canons qui sont attribués à tort à saint Patrice, mais qui furent bien en vigueur en Irlande à l'époque qui nous occupe, il en est qui semblent établir une distinction entre les clercs séculiers et les moines. C'est à propos de la parabole évangélique du semeur. Ceux qui produisent cent pour un, ce sont, dit-il, les évêques et les docteurs, les moines et les vierges; ceux qui donnent soixante, ce sont les clercs et les veuves continentes 3. D'autre part, saint Colomban écrivant aux évêques de Gaule note qu'autres sont les fonctions et l'idéal du clergé séculier, autres ceux des moines 4. Cela porte à croire que la distinction n'était pas étrangère à la discipline de son pays d'origine. Enfin, au témoignage du Vénérable Bède, les missionnaires de saint Aidan de Lindisfarne étaient moines pour la plupart, mais non pas tous : monachi erant maxime qui ad praedicandum vénérant*.

1. G. T. Stores, Ireland and the Celtic Church, p. 166. i. Warren, Lit. C. C, p. 12.

3. Canon xvm de la 2" série : De tribus semmibus Evangeliorum (C. E. D., II, p. 336). — Sur ces canons, voir Biry, Pat., p. 235 sq.

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