‹ Les chrétientés celtiquesChapitre 89 sur 301 · Adam., Vila Col., m, 22, éd. Fowler, p · texte numérisé non relu

Adam., Vila Col., m, 22, éd. Fowler, p

une cuisine, un réfectoire, une hôtellerie et des ateliers \

Un monastère ainsi compris était vite construit. En Irlande, les fondateurs choisissaient souvent l'emplacement d'un ancien fort de l'époque païenne, dans les autres pays, celui d'une enceinte fortifiée remontant aux Romains. Le rempart du fort ou du castrum formait la clôture du nouvel établissement2.

Les plus anciennes colonies monastiques de l'Orient et de la Gaule s'établirent ainsi en cellules séparées, ceintes d'un vallum 3.

S 11. — La femme et le monachisme.

Nous avons vu que saint Patrice consacra des vierges en grand nombre. Mais ces vierges s'assemblèrentelles dès l'origine pour vivre en communauté? C'est là une question que nous avons déjà posée sans pouvoir la résoudre. Ce qu'on peut affirmer, c'est qu'au temps d'Adamnan (f 704) il existait sûrement des monastères de femmes chez les Celtes4. Au vne siècle, on voit le scot Aidan, premier abbé de Lindisfarne, diriger l'abbesse Hilda et donner le voile à la première mo-

1. Tr.L., I, p. clv-clvi. — Adam., Vit. Col., éd. Fowler, p. xxxvii-xl, 108. — Cf. La Bordeiue, H. Br., I, p. 507-511.

2. En irlandais fort se dit rath, lis, caisel, d'où Lismore, le grand fort, Cashel= le fort de pierre. — S. Fursy en Est-Anglie curavit hnonasterium] velocissime construere... constructum in caslro quodam (Bède, H. £.,m,l9; P. L„ XCV, 145-146). Le vallum monasterii est mentionné notamment chez S. Colomban, Régula coenobialis (éd. Seebass, Z. f. Kircheng., xvn, 1897, p. 225; P. L., LXXX, 219) et Poenitentiale (éd. Seebass, même rev., xiv, p. 446; P. L., ibid., 229), Adam., Vita Col., i, 3, ii, 19, p. 19, 97.

3. Voir les sources indiquées dans l'art. Monaslery du Dictionary of Christian Anliquities de Smith etCHEETHAM, p. 1238-1243.

4. Adam., Vita Col., h, 42, p. 115. A prendre Adamnan à la lettre, ce monasterium puellarum aurait même existé à l'époque de S. Columba.

niale de Northumbrie, Heiu ' . La vierge irlandaise la plus célèbre dont l'histoire nous ait transmis le nom est sainte Brigide de Kildare.

Malheureusement, le caractère imprécis et incohérent des biographies de la sainte, nous rend sa vie fort malaisée à connaître. Elle vécut, semble-t-il, dans la seconde moitié du ve et le premier quart du vie siècle. Ayant reçu le voile des mains de l'évêque Macaille, elle fonda un monastère de religieuses à Kildare, dans le Leinster, qui devint bientôt uu foyer très intense de vie religieuse. Elle aurait même décidé un évêque nommé Conlaed à sortir de la solitude pour venir partager avec elle la direction de cette communauté et de toutes celles qui s'y étaient affiliées, et accomplir les fonctions les plus sacrées dans l'église exceptionnellement vaste et riche qu'elle avait fait construire 2.

Cogitosus, qui écrivait, croit-on, au vne siècle3, donne même à entendre que Brigide, non contente de gouverner des religieuses, aurait même régi un monastère double, des gens de l'un et l'autre sexe étant accourus de toute part se ranger sous son obédience. Toutefois, comme il est le seul des biographes de la saiDte abbesse à rapporter ce fait important, on s'est demandé si le monastère double de Kildare, qui paraît avoir réellement existé au temps de Cogitosus , remontait bien jusqu'à l'époque de sainte Brigide. En tout cas, on ne cite point d'autre exemple de monastère de cette espèce en Irlande ni dans aucune autre chrétienté celtique.

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