Blde, H. E., iv
2. Cogitosus, Vita Brigidae, i et vin {A. Sanct. Bol., t. I de février, p. 138 et 141).
3. Graves a monlré que ce Cogitosus était le père de Muirchu, le biographe de S. Patrice, et qu'il mourut vers l'an 670 [Pr. R. I . A., vui, 1861-64, p. Î69-271).
Si, aux vie et vne siècles, les grandes abbesses qui furent à la tête de maisons de ce genre en Angleterre et en Gaule, les saintes Hilda, Salaberge, Gertrude de Nivelles et Burgondofare, subirent plus ou moins directement l'influence des moines scots, ce n'est pas une raison pour attribuer à ceux-ci l'initiation dans ces pays d'une institution qui était à peu près inconnue chez eux'. La meilleure explication que l'on ait donnée de ce phénomène, c'est que pareille organisation n'avait de chances de vivre que dans une atmosphère spirituelle extrêmement pure, que l'influence des moines scots de ces temps était certes éminemment apte à produire2.
Que le rapprochement des sexes dans le monachisme ait été contraire à la discipline des saints irlandais du second ordre (seconde moitié du vie siècle), c'est ce qu'atteste clairement le texte du Catalogue, auquel nous avons déjà fait plusieurs fois appel, ainsi conçu : Abnegabanl mulierum administrationem séparantes eas a monasteriïsz. Les saints de la primitive époque, au contraire, d'après le même document « ne se refusaient ni à gouverner les femmes, ni à vivre avec elles, car, solidement appuyés sur le Christ comme sur un roc, ils ne craignaient pas le vent de la tentation ». Mais cela signifie-t-il qu'à l'origine l'institution des monastères doubles existait en Irlande? Je ne le pense pas. Ce texte paraît plutôt faire allusion à un genre de vie analogue à celui des agapetae ou des subintroductae des premiers siècles chrétiens. Ainsi l'ont cru MM. Thomas Olden et Hans Achelis '• ; et
1. Varin a soutenu celte opinion {Mémoire sur la cause des dissidences, etc., p. 189, 200, 204-205).
2. Mary Bateson, Origin and early History of Double monaslcries {Transact. of the Roy. Historical Society, xm, 1899, p. 197).