‹ Les chutes du NiagaraChapitre 147 sur 271 · HAUTS · texte numérisé non relu

HAUTS

Les fluctuations annuelles moyennes données dans la table qui accompagne le chapitre xxxi montrent que cet abaissement soudain de l'eau est survenu entre 1890 et 1902 avec les fluctuations subséquentes èquitablement exprimées en prenant la moyenne de plusieurs années. Les changements des vents prédominant durant plusieurs années peuvent donner dans une certaine mesure naissance à ces variations, il en est de même des groupements de différentes années, mais les résultats sont dans le même sens — et montrent un abaissement des sorties des lacs, bien qu'il soit maintenant partiellement contrebalancé par l'excès actuel de la quantité d'eau tombée.

La hauteur moyenne de l'eau durant 30 années jusqu'à 1890 ne montre pas de changements extraordinaires, tandis qu'immédiatement après il s'est produit un soudain abaissement de tous les lacs sauf le lac Supérieur. La pente entre Toronto et l'écluse 27 n'étant que d'un peu plus d'un pied et en majorité prodiute entre douze milles de l'écluse on peut dire que toute cette distance appartient au niveau du lac. Entre les écluses 27 et 15 les rapides descendant de presque quatrevingt-neuf pieds jusqu'à l'élargissement du lac St-François. Entre les écluses 15 et 14 dont la dernière est au delà de l'extré mité de ce lac il n'y a qu'une légère chute. Le canal Beauharnois avec l'écluse 14 à sa tête s'étend (en longeant les divers, rapides Coteau, Cèdre, Roche Fendue et Cascade) jusqu'au lac St-Louis qui est de quatre-vingts pieds plus bas que le lac St-François. Quelques cours d'eau venant du versant septentrional des Adirondacks se jettent dans le St-Laurent en amont de l'écluse 15. Cependant ici quant aux moyennes on ne constate pas d'effet car on voit que l'abaissement de l'eau est le même qu'à l'écluse 27. Le lac St-Louis reçoit l'Ottawa, rivière considérable et variable qui produit des.

du Canada] ABAISSEMENT DES DÉBOUCHÉS 257

fluctuations de dix pieds et plus. Des changements de ce genre augmentent ou réduisent la chute de l'eau sur ces rapides et ce changement devrait théoriquement retarder le débordement au-dessus de l'écluse 14 au moment de la hausse des eaux dans la rivière Ottawa si la quantité n'était pas trop faible pour qu'il en soit tenu compte en raison de la grande déclivité des rapides.

Si l'on s'occupe maintenant aussi des autres lacs, la cause de cette étape basse de l'eau, si prédominante dans les bassins Erié et Huron ne peut pas être attribuée dans une grande mesure à la quantité moindre d'eau tombée durant la totalité de la période, car après quelques années de réduction de la pluviosité (1891-1900) la quantité moindre d'eau tombée dans les cinq années suivantes a augmenté dans toute la région des lacs si bien que la pluviosité était alors plus forte que celle qui prédominait non seulement durant les années d'eau basse mais aussi durant l'eau haute précédant 1891. Et cependant, elle n'a pas ramené les lacs à leur ancien état et avec le prochain cycle de basse pluviosité les réductions de niveau deviendront plus apparentes. Avec la preuve que nous avons devant nous, il ne paraît pas y avoir d'autre explication satisfaisante de cet abaissement des lacs que le rabotage des débouchés qui se manifeste par l'enfoncement subit de l'eau particulièrementt dans une période de deux années (1890-1892). En même temps, le débouché du lac Supérieur n'a pas été réduit considérablement et l'augmentation de la quantité d'eau tombée a relevé son niveau.

La hausse d'à peu près 0.62 de pied dans le lac Ontario durant 1901-05 ne se voit pas dans le lac Ontario, où le changement est de 0.15 de pied seulement tandis que la hauteur du lac Erié est relevée d'un pied, quoique l'augmentation de la quantité d'eau tombée doive avoir influencé le niveau du lac Erié plutôt que celui du Huron.

Cette hausse moindre du lac Erié qui contraste avec celle de tous les autres lacs est certainement attribuable au détournement artificiel des eaux de la rivière (voir chapitre xxi, partie II). On ne peut pas s'attendre à un taux uniforme d'abaissement. Le choc survenant sur les diverses strates affaiblirait leur résistance et les ferait céder à ces époques irrégulières. Si l'on ne peut pas prévoir quand surviendra le future affaissement des débouchés, les forces qui usent et rognent les barrières rocheuses du lac sont toujours actives. Comme on l'a montré, la baisse du lac est de un pied à peu près. En se reportant aux tables de débit on trouve que le débordement moyen de l'Erié donné entre 1860 et 1890 était de 21,800 pieds cubes par seconde déplus que durant 1891-1895. Cela équivaut à 0.95 de pied. Cela inclut la légère hausse causée par l'augmentation de pluviosité des cinq dernières années.

Pour avoir l'enfoncement absolu du lac Huron, il faut ajouter un pied à 0.66 afin d'avoir 166 comme le montant total de l'abaissement survenu pour les lacs Huron-Michigan. La présence de battures est très notoire dans les chenaux sans profondeur parmi les îles.

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