‹ Les chutes du NiagaraChapitre 168 sur 271 · PREMIÈRES OBSERVATIONS RELATIVES À LA PLAGE IROQUOIS · texte numérisé non relu

PREMIÈRES OBSERVATIONS RELATIVES À LA PLAGE IROQUOIS

Le chapitre XV mentionne les stages plus élevés de l'eau à l'embouchure de la gorge Niagara dénotés dans les plages maintenant soulevées. La mieux développée et la plus soigneusement étudiée est la plage Iroquois et son importance ne réside pas seulement dans sa hauteur au Niagara, mais dans son redressement actuel en avançant au nord-ouest, redressement tel qu'il devient un des types de l'ancien mouvement terrestre.

D'étroits monticules de gravier traversent une plaine argileuse à d'autres points de vue, allant dans les directions plus ou moins parallèles à la rive du lac et étaient employés comme sentiers par les sauvages. Ils furent adoptés par les premiers colons du pays comme routes principales et constituent ce qu'on appelle les routes d'Arêtes (Ridge Roads.) Il y en a également dans le voisinage de tous les lacs. Ceux au sud du lac Ontario, de Lewiston sur la rivière Niagara à Rochester ont été décrits dès 1811 par De Witt Clinton(1). La nature de ces routes ressemble tellement aux plages actuelles des lacs que beaucoup des premiers auteurs leur ont attribué la même origine. Mais elles ne sont pas horizontales.

En discutant les dérangement de niveau des routes entre Rochester et Lewiston avec le professeur Desor en 1851(2),

1 Journal of the New York Historical Soc. p. 68, 1811.

2 Proc. Boston Soc. Nat. Hist., Vol. III., p. 358, 1851.

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le professeur Stoddard dit: "L'inégalité d'élévation dedifférentes routes d'arêtes n'est pas incompatible avec la théorie qu'elles ont été une plage, si on suppose qu'elles ont été soulevées à cette position. L'élévation d'un terrain si considérable à une hauteur de 500 à 600 pieds (repère inexact au. niveau de la mer), pourrait difficilement s'être produit sans avoir causé des inégalités en des endroits différents aussi considérables qu'on en trouve et qui vont à trente et quarante pieds." C'est la première fois que l'auteur constate, exprimée nettement, l'idée que la déformation du terrain est consignée dans les plages soulevées. M. (maintenant Sir Sandford) Fleming a décrit en 1859 un fragment de la plage à l'ouest de Toronto{1). En 1863(2) le professeur Robert Bell reliait la plage Davenport près de Toronto à celle de Lewiston donnant ainsi l'idée d'un soulèvement de terrain plus grand dans le voisinage de Toronto que dans celui de la rivière Niagara. Les détails de cette même plage en passant par Hamilton et ailleurs à la tête du lac Ontario ont été décrits dans la Géologie du Canada et plus tard par moi-même en 1882(3).

A l'extrémité orientale du lac Ontario, M. William Dewey, en 1836(4) se proposait de localiser le chemin de fer de Rome à Waterton, mais a trouvé que cette plage s'élevait trop rapidement. Ainsi, l'atmosphère était pleine de l'idée de soulèvement différentiel de cette ancienne ligne de rivage. En 1842 le professeur Hall a reconnu que la plage avait une hauteur inégale mais ne donnait pas de prépondérance à cette déformation. En 1885 M. G. K. Gilbert(5) a fait de plus amples explorations, de la rivière Niagara à North Adams, au sud de Watertown où il a terminé la plage et a donné des mesurages en plusieurs endroits. En 1887, j'ai continué l'exploration de la plage, de

1 Canadian Journal (Toronto, 1866).

2 Géologie du Canada 1863.

3 Geology of the Region about the Western end of Lake Ontario, J. W. Spencer. Canadian Naturalist, Vol. X., 1882.

4 Cité par Dr Hough dans History of Jefferson, Co., N. Y.

5 Science, Vol. 'VI., p. 222, 1885.

du Canada] PLAGE IROQUOIS 293

North Adams à Prospect Farm, quatre milles audelà de Watertown1^. Dans cette année, j'ai subséquemment fait d'autres levés des dépôts du delta, du côté nord des Adirondack's et en ai relié la longueur d'une chaîne comme le plan de cette plage. En 1887, j'ai exécuté le levé autour du côté canadien du lac jusque près de Brockville à 150 milles à peu près de la tête du lac. Dans cette région, il contourne un éperon de terres hautes dans la vallée de Trent. D'autres levés ont été faits en 1888, 1893 et 1895.

Mon étude sur la plage Iroquois a été lue la première fois devant la Philosophical Society, de Washington, D.C., en 1888 (voir Science, volume xi, page 49), mais la première carte de la plage et son extension des deux côtés du lac a été publiée dans les Transactions of the Royal Society of Canada, volume XII., pages 121, 134, 1889. L'étude a été plus tard revisée dans le American Journal of Science de 1890(2). J'ai appelé cette plage "Iroquois" après en avoir conféré avec le Dr Gilbert qui avait fait le levé du côté New- York du lac.

D'après le levé autour du lac, avec une détermination de hauteurs en différents endroits, les miennes étant mesurées avec des instruments, j'ai déterminé la quantité du soulèvement (citée par Stoddard) ainsi que la direction. Ces déterminations ne pouvaient être fixées qu'après que la plage aurait été mesurée des deux côtés du lac et auraient fourni le moyen de déterminer les lignes d'égal soulèvement. D'autres détails avec les sinuosités locales et un prolongement dans la vallée de Trent audelà du levé que j'ai publie, ont été complétés par le professeur A. P. Colemani3) pour le côté canadien. Les détails locaux du côté New- York' ont fait l'objet de levés supplémentaires par le professeur H. L. Fairchilds dont la carte marque quelques-unes des petites arêtes séparées à

1 ••'ihe Iroquois beach, a chapter in the Geological History of Lake Ontario," Trans. Royal Soc. Can., Vol. VII., Sec. IV. pp. 121-134, 1889. Abstract in Science, Vol. XI., p. 49, 1888.

2 "Déformation of Iroquois beach" Am. Journ. Sci. Ill, Vol. XL., pp. 443-451.

3 " Iroquois beach in Ontario," by A. P. Coleman, Rapport du Bureau des Mines d'Ontario, pp. 225-244, 1894.

[Com. géol.

l'extrémité orientale du lac. C 'est le professeur Fairchilds qui a donné le plus de détails sur ces plages et sur d'autres, ainsi que le professeur Coleman, du côté canadien.

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