IMPORTANCE DE LA STABILITÉ TERRESTRE
L'étude actuelle des fluctuations des lacs a fait ressortir la stabilité du terrain dans la région des lacs adjacente aux débouchés d'Erié et d'Ontario. C'est un des problèmes les plus importants résolus par l'étude actuelle. Si les mouvements terrestres causaient un enfoncement de la terre vers les débouchés des lacs, cela faciliterait l'abaissement de l'eau et un drainage de la tête des bassins. D'un autre côté, si le terrain se soulevait, les eaux submergeraient les terres basses aux extrémités supérieures des bassins des lacs et le lac Erié pourrait se jeter dans le Mississipi. Aucun changement indiquant une déformation de ce genre ne s'est produite au cours des cinquante dernières années, bien qu'il y ait régné durant une époque antérieure quand les lignes de rivage abandonnées se sont inclinées et les eaux de l'Huron se sont jetées dans l'Erié. De fait la platière à l'embouchure du Niagara montre une baisse récente du niveau du lac mais elle est due au raclage et au creusage de la sortie.
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ANCIENNE SUPPOSITION DE DÉTOURNEMENT FUTUR DU NIAGARA POUR REJOINDRE LE MISSISSIPI.
La dernière inclinaison des plages fait songer naturellement à la continuation du mouvement dont la conséquence serait le drainage des lacs d'En Haut dans la rivière Mississipi. C'était une conclusion logique avec un aspect sensationnel intéressant. En 1894, au sujet des études du Niagara, la barrière rocheuse près de la pointe Hubbard a paru si haute, qu'à moins d'avoir été soulevée, depuis que les chutes Niagara l'eussent dépassée en reculant les eaux auraient été détournées dans le Mississipi, ce qui aurait mis fin à l'existence des chutes(1). Les mesurages ont été pris sur une carte topographique du service des lacs que l'on a depuis trouvée inexacte. En commençant le levé actuel et en faisant des mesurages plus exacts les résultats ont amené l'abandon des anciennes conclusions; mais c'était un peu avant que la stabilité actuelle de la région fût affirmée. Dans une occasion antérieure, le taux du soulèvement de la barrière rocheuse était évaluée à une intensité telle que la rivière Niagara aurait été drainée jusqu'à Buffalo avec les eaux Niagara détournées dans le Mississipi en 5,000 annéesdurée qui aurait été réduite à 3,560 années si les mesurages avaient été ramenés du type du bord rocheux des rapides d'En Haut.
Deux années après cet énoncé par l'auteur, le Dr Gilbert(2) a adopté la même idée pour les mouvements terrestres, mais a essayé de prouver la question de novo par les fluctuations des lacs. Si étrange que cela soit, ses conclusions que les chutes Niagara cesseront d'exister en 3,500 ans coïncident étroitement avec les miennes si on les réduit aux mêmes données.
Il a choisi trente-six jours pris irrégulièrement entre le 20 août et le 30 octobre 1858 et en prenant pour ces jours les niveaux, il a comparé la hauteur de l'eau à Cleveland et à
1 "Duration of Niagara Falls," by J. W. Spencer, pp. 471-2.
2 18th Annual Rept. U. S., Geological Survey, Part 2, p. 622, 1897.
[Com. géoL
Port-Colborne sur trente-trois jours choisis aussi irrégulièrement entre le 28 juin et le 18 août. Par suite, il a conclu que Port-Colborne avait monté de 0.239 de pied ou sur le pied de 0.65 de pied par siècle, de plus qu'à Cleveland.
De son travail je déduis qu'il a choisi les jours de bas niveau quand il jugeait que le vent soufflait le plus doucement. Mais l'effet de cela a été que les niveaux pris depuis 1895 étaient 0.03 de pied en dessous de la moyenne de ceux des trois mois d'où il a choisi, tandis que ceux adoptés sur 1858 étaient de beaucoup inférieurs à la moyenne des mois où on les choisissait. On ne voit pas pourquoi on n'a pas pris les moyennes dans les deux cas ou pourquoi les niveaux des mois d'automne où la vélocité des vents est de vingt-cinq pour cent plus forte qu'en été n'a pas été comparée à celle des mois de brise légère. S'il avait comparé les mois d'été dans les deux cas en prenant les niveaux moyens, la différence aurait été de 0.04 au lieu de 0.239. Mais dans ce cas, s'il avait pris les moyennes de mois entiers réellement employés, la quantité de hausse se serait montée à 0.03 de pied seulement en trente-sept ans ou 0.08 de pied par siècle, mais on ne peut calculer une si petite différence. De fait, il reconnaît lui-même une erreur possible en plus ou en moins de 0.057 ce qui donne une portée de plus d'un dixième de pied. Ce choix de jours et de saisons indiquant un mouvement ascensionnel du district Niagara qui, s'il était continué détournerait les eaux Niagara dans le Mississipi dans un avenir prochain, doit céder la place à l'analyse de données complètes couvrant les niveaux moyens de milliers de jours espacés de cinquante années et qui établit la stabilité de la région des lacs durant ce temps. Les données pour la comparaison des fluctuations sont données dans ce chapitre, tandis qu'on trouve les variations mensuelles dans les tableaux 1 et 2, Annexe v.
Dans le bassin d'Ontario, le Dr Gilbert compare les niveaux de quatre jours seulement en tout, en les prenant des mois d'août, septembre et octobre 1896 avec quatre jours choisis
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irrégulièrement entre le 17 avril et le 9 juin 1874 au havre de Sackett et à Charlotte, concluant que Sackett Harbour avait monté de 0.061 de pied. Comme on Ta montré dans une analyse plus considérable cette quantité est négligeable, les observations étant trop peu nombreuses. Même il n'en était pas ainsi, les notes des fluctuations moyennes pour bien des années aux rapides Galops montrent qu'il n'y a pas eu de soulèvement de la croûte terrestre durant les trente dernières années (ce chapitre, page 348). Le même auteur a calculé les changements du lac Michigan en comparant ceux de quelques jours de juillet et d'août 1876 avec un grand nombre entre la fin de juillet et la fin d'octobre 1896. Mais ce district est en dehors du ressort de ce travail et n'influencerait pas les chutes Niagara.
D'après la preuve plus complète maintenant mise au jour on peut répéter ici qu'il n'y a pas la moindre indication de mouvements terrestres propres à détourner les eaux du Niagara vers le Mississipi en inondant Chicago. Nous ne pouvons pas davantage prédire si les futurs changements seront des mouvements dans le sens ascensionnel ou descendant.
Hors de la portée de ce livre, la question de stabilité terrestre établie dans la grande région des lacs, de l'intérieur du continent, peut avoir de la valeur pour les autres problèmes de géologie physique.