Les cicadines d'Europe: d'après les originaux et les publications les plus récentes
En 1872, le D'" Fieber publiait le catalogue des Cicadines d'Europe'. Ce catalogue était le précurseur d'un grand ouvrage descriptif que le savant autrichien se proposait de livrer sous peu à la publicité.
La maladie retarda d'abord la publication du livre annoncé, et, enfin, le 23 février 1872, la mort de l'auteur vint en ajourner indéfiniment l'apparition. I/éditeur rendit le manuscrit à madame veuve Fieber, et il ne se trouva pas de naturaliste allemand qui voulût honorer la mémoire du grand hémiptériste en soignant l'impression de son ouvrage. Seul, mon ami le D"" Puton fit constamment les plus grands efforts pour sauver de l'oubli ce grand travail de bénédictin. Ses etiorts restèrent malheureusement infructueux.
1. Katalog d. europaeischen Cicadineu. Wien, Gerold's Sohn, 1872.
(Dr Franz-Xamer Fieher. 1
^ REVUE ET MAGASIN DE ZOOLOGIE, 187o.
Au commencement de cette année, je me décidai à mon tour à reprendre les démarches du D'' Pulon. Plus heureux que lui, j'eus la satisfaction de sauver le manuscrit. Je l'achetai à la veuve de l'auteur à frais communs avec MM. Puton, de Remiremont, et Lethierry, de Lille, depuis longtemps possesseurs des dessins de Fieber. Malheureusement quelques parties du manuscrit étaient déjà perdues. Placés dans l'alternative de publier un travail fragmentaire ou de compléter ce travail, mes amis n'hésitèrent pas. Ils me proposèrent de le compléter, c'està-dire d'entreprendre, eux la monographie des genres perdus, et ils me prièrent de traduire en français la partie sauvée du manuscrit, afin de pouvoir livrer à la publicité un ouvrage homogène et de même langue. J'hésitai d'abord à entreprendre ce travail difficile et de longue haleine ; mais mes amis m'ayant oftert leur concours dévoué, mes scrupules se levèrent et je me mis à l'ouvrage.
Telle est, en résumé, l'histoire du travail dont nous publions aujourd'hui le commencement.
Nous reproduirons fidèlement le manuscrit de l'auteur, sans innovation aucune et sans y ajouter les nouvelles espèces décrites depuis l'apparition du catalogue qui résume tout l'ouvrage. Seuls les genres perdus et traités à nouveau par MM. Puton et Lethierry feront exception à la règle et seront des monographies spéciales de leurs auteurs.
Notre but est de sauver de l'oubli le fruit des longues années d'études de notre maître vénéré et de livrer au public entomologique un travail général sur un ordre d'insectes encore très-peu étudié par suite du manque d'ouvrages généraux. Puissions-nous mener à bonne fin notre entreprise !
Quant à moi, je suis heureux de doter la science française de la traduction d'un ouvrage magistral inédit. J'ose espérer que les entomologistes français me pardonneront
TRAVAUX INEDITS. 3
les imperfections de cette traduction en me tenant compte des diflicultés que présente une pareile entreprise.
Ferd. Reiber.
Strasbourg, juin 1875.