I. La tête (caput
La tête des Cicadines présente de grandes variations de forme. Elle est plus ou moins cunéiforme, tubulairement allongée, avec diverses excroissances ou bosses, angles, pointes (Fulgorides exotiques), ou bien scutiforme et s'appuyant quelque peu sur le pronotum à son bord postérieur (pi. 40, 1 à 16).
On distingue deux positions différentes de la tête : la verticale, pi. i, fig. 5, H, et l'inclinée, chez toutes les autres Cicadines.
Dans la position verticale de la tête (Membracidee), le vertex dirigé en avant est vertical, et la face se trouve en dessous. Dans la position inclinée (toutes les autres Cicadines), le vertex se trouve au côté supérieur de la tête, en ligne horizontale ou oblique, et la face s'incline vers le dessous de la tête et en arrière.
Le vertex (Scheitel) est l'espace s'étendant en avant des yeux et jusqu'entre eux.
Sur le vertex se trouvent souvent 2 ocelles éloignés l'un de l'autre, ou 3 ocelles disposés en triangle. Les ijeux composés {oculi), sont situés sur les côtés de la tête. Le rebord plus ou moins tranchant ou obtus, qui forme la limite entre la partie antérieure du vertex s'appelle bord du vertex (Scheitelrand); sur ce rebord aussi se trouvent souvent 2 ocelles, chacun plus ou moins rapproché d'un œil.
On distingue à la face les différentes régions suivantes, délimitées par des sutures ou des saillies :
Le front {frons, Stirne), pi. 10, 4, a, partie médiane de la face, plane, bombée ou excavée, lisse ou carénée, parfois pourvue de 2 ocelles (Bythoscopida), pi. ii, 1,3, a.
Le clypeus (Kopfschild), pi. 10, -i, b., soudé au bas du front, se compose généralement d'une plaque allongée ou
bombée, simple ou double (chez les Fulgorides) : la pièce supérieure, le chjpeus, et la pièce inférieure, le labre.
Les brides [lora, Zugel), correspondant à la pièce jugale (Jochstiick) chez les Hémiptères; pièces découpées semicirculairement et insérées dans l'angle des côtés inférieurs du front et des côtés supérieurs du clypeus, pi. i, 4,c.
Les joues {genœ, Wangen), espace situé en dessous et à côté des yeux jusqu'au clypeus et aux brides, pi. i, 4, d.
Chez les Fulgorides, les joues sont déprimées sur le côté de la tète et séparées du front par un rebord. Les ocelles (quand il y en a), pi. 10, fig. 11, 13, 19, a., se trouvent sur les côtés, à l'angle antérieur des yeux; un 3^ ocelle se rencontre souvent à la base de la carène médiane du front, chez Oliarus par exemple.
Les tempes [tempora, Schlaefen), étroites bandes situées entre les yeux et la suture frontale et sur lesquelles se rencontrent le plus souvent les fossettes où s'insèrent les antennes, \es,scrobes, pi. i, 4, e.
Les ijcux {oculL Augen), pi. 10, 4, f., sont des yeux à facettes, situés en arrière sur les côtés de la tête, s' appuyant sur le pronotum aux angles du cou, ou ne faisant que toucher ces angles (Almana, Meenoplus). Leur forme, vue par en dessus, est semi-circulaire, allongée, ovoïde ou triangulaire; vus de côté, ils paraissent réniformes quand leur bord inférieur est sinué (Delphacini) ou triangulaires, ovales ou trapézoïdes. Ils sont ou libres ou à moitié englobés- par le rebord de la tête (Eupelix).
Les antennes [antennx], pi. 1:2, fig. 54-65, g., sont insérées sur les joues, entre les yeux et le front, sur les tempes ou sous les yeux (Fulgondœ), et quand les yeux sont réniformes, dans le sinus à leur bord inférieur.
La forme des antennes est, en général, sétiforme. Aux 2 forts articles basilaires, succèdent encore 4 articles plus faibles et de plus en plus petits, comme chez Cicada ;
OU bien l'article basilaire est turbiniforme et suivi d'un petit article arrondi (les nombreux articles suivants sont courts et diminuent en force et en longueur vers le haut, de manière que, considérés superficiellement, ils ressemblent à une soie^ ; ou bien l'article basilaire estpatelliforme, le 2^^ courtement cylindrique, turbiniforme ou en massue, allongé d'un côté (chez Tettigometra, Caloscelis). A ces articles basilaires, de trois formes diiiërentes, succède un petit nodule, arrondi, turbiné ou pyriforme, dont émerge l'article apical sétiforme et en réalité multiarticulé.
Quelques genres de Fulgorides se distinguent par les remarquables relations de longueur des 2 articles basilaires et par le volume du 2° article; par exemple Euides, Megamelus, Conomelus, Jassidceus.
Les genres Asiraca et Araeopus se distinguent par la forme particulière des 2 premiers articles des antennes. Chez eux, l'article basilaire est le plus long de tous parmi toutes les Cicadines et est extérieurement caréné dans le sens de la longueur et excavé en arrière, cunéiforme chez Arspopus, presque de même largeur chez Asiraca. Le 2« article, sur lequel s'insère le nodule avec la soie, n'est que de moitié aussi long que le premier, allongé ou cunéiforme, et couvert de petites verrues chez la plupart des Fulgorides.
La soie terminale, qui est généralement simple, porte chez les mâles du genre Idiocerus un renflement fusiforme, pi. 12, fig. 65.
Le rostre [rostrum, Schnabelseheide), pi. 10, fig. 4, 6, 7, 30, 31, h,, naità l'extrémité de la tête très-incUnée vers le bas et en arrière, s'applique contre le corps et est de longueur variée. Des 3 articles qui le composent, les 2° et 3" sont cylindriques et de grandeur inégale; l'article basilaire est le plus fort et se cache généralement sous le clypeus et le labre, qui est le plus souvent subulé. Les 4 soies renfermées dans le rostre, et dont les 2 extérieures entourent les 2 intérieures, remontent jusque dans le crâne, et
constituent un appareil à sucer tout spécial. L'enveloppe extérieure articulée est le fourreau [vagina, Scheide).