‹ Les cicadines d'Europe: d'après les originaux et les publications les plus récentesChapitre 6 sur 80 · C. Le Métathorax, pi. 10, fig. 1, 2 et a, d, 2, C · texte numérisé non relu

C. Le Métathorax, pi. 10, fig. 1, 2 et a, d, 2, C

Est 2« des anneaux du thorax souciés ensemble. Sa face supérieure est le mélanolum, très-étroit, parce qu'il est entaillé profondément d'avant en arrière, pour recevoir le mésonotum. Les ailes [alae, Unterflugel), viennent s'insérer sur ses bords, pi. 10, 1, C. a.

Le dessous du métanotum est plus large que le dessus, et sa pièce médiane, étirée chez Cicada, peut servir à la distinction des espèces, pi. 10, fig. a, d, 2, d.

III. L'Abdomen PI. 10, fig. 3, 9 ; pi. 12, fig. 76, 77, 78, ?

Se compose de plusieurs segments formés par la réunion de deux arceaux cornés, s'emboîtant les uns dans les autres, et reliés par des membranes. Le côté supérieur de l'abdomen compte un segment de plus que le côté inférieur. Les segments des deux faces sont reliés sur les côtés par le connexivum.

L'abdomen est généralement de forme conique, rétrécie en arrière; il est exceptionnellement tronqué (chez Cixius) et porte dans ce cas, chez la ?, un faisceau de flocons crétacés.

A l'extrémité de l'abdomen, dans l'enveloppe, pi. 12, fig. 66, i, k, formée par le dernier arceau ventral et le dernier arceau dorsal reliés entre eux, enveloppe appelée pygothéque, étui anal (Afterfutteral), s'insèrent les pièces anales. Ces pièces sont groupées dans un cercle chez les Delphacides, pi. 12, fig. 68-69, a, le pyyophore (Aftertraeger). Au bord supérieur de ce cercle, sur la ligne médiane, débouche le tube anal h, plus ou moins long, de diverses formes chez les Fulgorides, et pourvu à son extrémité de lobes ou de crochets, pi. 12, fig. 66-69, b, d. Au milieu du tube anal se trouve le style anal c, stylus analis (Afterstielchen).

A la partie inférieure du pygophore, apparaissent chez les Delphacides, k, c, deux styles {styli, Griffel), libres, reliés à leur base, et de formes les plus diverses, pi. 12, flg. 68-69, et (appelés à tort cerceaux, Raife, qui sont des appendices articulés, dans Grundz. zur Theil. der Delphi 1866).

Chez les Jassides, le pygothéque des mâles englobe en dessus le pygophore (Aftertraeger), pi. 12, fig. 71-72- 74, a, qui se compose de deux parois [paries) ouvertes

en dessous et en arrière vers le haut, souciées à moitié ou à leur base, et portant l'anus et le style anal. b. c.

Les parois cachent entre elles le pénis. Sous le pygophore naissent 2 lames (Genitalplatte, lamina genitalis, Flor, Shlbg.), pi. 12, fig. 70-74, d. A la base interne de chacune de ces lames, se trouve un stijle de forme diverse, lig. 70-72-74, e. Les lames ferment la fente du pygophore, et leur base se trouve recouverte extérieurement et en dessous par la valve {valva, Klappe), non divisée, pi. 12, fig. 66, h, lig. 70-71, f.

Chez les Cicadaea, le pygophore prend la forme d'un casque, pi. 12, lig. 66-67, a, a, vu de côté et de derrière, avec b l'anus et son style, le porte-pénis d, les tils du pénis e, et le crochet du pénis f des deux côtés sous le porte-pénis. Des deux côtés du bord inférieur du pygophore, se trouve une pièce cornée, libre ou soudée et correspondant aux lames, fig. 66-67, g. En dessous émerge la valve naviculaire h, lig. 70-71, f.

Chez la plupart des Cicadines, le pygophore femelle est d'une structure toute particulière. 11 se compose généralement d'une gaine plus ou moins longue [Coleostron, Scheidenpolster), pi. 10, fig. 3, a, pi. 12, fig. 76-77-78, a. munie sur le milieu d'un canal destiné à recevoir la tarière [vagina, Legescheide), d. A l'extrémité du coleostron, se trouve le court tube anal, avec son style b, c. La valve caractéristique, pi. 10, fig. 3, f, et pi. 10, fig. 73- 77-78, f, recouvre la base de la gaine vaginale, dont les côtés s'élargissent souvent en lamelles, Cicadaea, Cercopida.

Ce n'est que chez les femelles des Delphacines que nous retrouvons à l'abdomen un organe spécial, caractéristique, qui fournit dans ses modilications diverses d'excellents caractères pour la distinction des espèces. Nous voulons parler des plaques soudées des deux côtés du bord interne des segments ventraux scindés, les plaques latérales {paraplagœ, Nebenplatten), pi. 12, fig. 76, e

{\OïT aussi plaques basâtes (Grund platten) dans lesGrundz. Z. Theil. d. Delphacini, 1866, p. 517) non utilisées par le D"' Flor et Kirschbaum, et appelées Loti latérales, par J. Sahlberg dans Oef. Finlands Cicadariae 1871, I, pi. i, fig. 6.

Ce n'est que dans la famille des Cicadines chantantes, Cicadeae, que se trouve chez les mâles l'organe du chant, qui se compose du tambour ou de la tijmbale [cavités sonores, Solier), pi. 10, fig. 8. c; cavité située des deux côtés du premier arceau abdominal dorsal, fermée par une membrane cornée, striée et qui s'enfonce dans l'ample cavité thoracique, dans laquelle est tendue le tympan [tympanum, Stimmhaut), depuis l'arceau corné du tambour, pi. 10 fig. 8, c, jusqu'au xyphus du métathorax. Cette cavité abdominale est couverte par Vopercule (Operkel, Stimmdeckel, fig. 9, a).

Les femelles ont aussi des opercules semblables, mais beaucoup plus petits. Sur le sinus interne de l'opercule, se trouve l'éperon coxal (le Meracanthus, Hûftdorn), pi. 10, fig. 9, b, qui se retrouve chez certaines Fulgorides.

Les organes de la locomotion sont les pattes et les ailes.

Les pattes (pedes)

Sont articulées comme celles des Hémiptères. Les hanches [coxae], insérées dans les cavités thoraciques (Huftpfannen), pi, 10, fig. 2, a, b, c, sont généralement cylindriques, avec quelques saillies comprimées. A la base des hanches et spécialement aux postérieures, naît, visible chez les Fulgorides et remarquablement développée chez Cicada, une épine subulée, ou lobe triangulaire, lancéolée, cornée, qui est encore assez distincte aux hanches intermédiaires. Le D' Hagen (Die europ. Cicaden, Stett. ent. zeit. 1866) appefie trochanter (Klappe) cet appendice corné qui doit être désigné sous le nom vrai de Meracanthus, pi. 10, fig. 9, b, car le trochanter n'a pas d'appendice.

A la hanche s'insère, pi. 1 0, flg. 80, a, la cuisse {fémur), b, à la base de laquelle est soudé solidement l'appendice concourant à l'insertion, le Irochantcr [fulcrum), c.

Les cuisses, et spécialement les antérieures, sont de formes diverses selon les familles. Elles ne sont courtes, fortes, armées de 2-4 dents à leur côté inférieur chez les deux sexes, et ressemblànl a. des jambes ravisseuses (Raubbeine), que chez Cicada, fig. 80. Généralement elles sont simples, de largeur égale, de même forme que la paire intermédiaire, et de longueur presque égale, cyhndriques, ou déprimées, carénées sur les côtés, à carènes souvent tranchantes, ou bien élargies, foliacées en-dessous. Parfois les cuisses antérieures comprimées sont les plus longues, flg. 79, Âsiraca, Almana, Orgerius.

Les cuisses intermédiaires sont le plus souvent simples, sans caractères remarquables; elles ressemblent assez rarement aux cuisses antérieures foliacées (Asiraca).

Les cuisses postérieures sont, en général, les plus longues, cylindriques ou déprimées, quelque peu élargies à leur extrémité.

Les tibias {tibiae), sont ou arrondis ou déprimés, quadrangulaires, canaliculés en dessus, et tous de même forme; les postérieurs seuls sont un peu plus longs. Les antérieurs et les intermédiaires sont inermes, et les postérieurs armés de 1-3 épines, fig. 83, a, ou épineux sur les côtés, Cicada, Tettigometra.

Les tibias postérieurs sont de diverses formes et longueurs selon les diverses familles. Us sont à quatre faces, et souvent armés de nombreuses pointes sur leurs côtés saillants (chez les Fulgorides) ; à quatre faces, déprimés, densément épineux sur leurs côtés saillants (Jassides), fig. 84, a ; ou bien leur arête extérieure s'élargit et se denticule, Ledra, fig. 81. Les tibias se terminent par une grande et quelques petites épines, ou bien par une sorte de couronne d'épines.

Les tarses [tarsi, Fiisse) se composent toujours de trois (Dr Franz-Xavier Fieber.) 2

articles, dont la longueur et le volume individuels varient. L'article basilaire du tarse est ou plus court, ou de même grandeur que le deuxième article, aux jambes antérieures et intermédiaires. Cet article est généralement plus long que les autres aux jambes postérieures. Le dernier article est rarement le plus long.

La forme des tarses des jambes antérieures et intermédiaires est assez semblable. Par contre, les 2 premiers articles tarsaux des jambes postérieures sont de structure difïérente dans diverses familles : muni d'un éperon à la base et latéralement, chez les Delphacines, fig. 82-83, b, l'article basilaire élargi se trouve souvent entaillé profondément à angle aigu à son extrémité, et le 2'' article pédoncule vient s'insérer dans cette entaille (chez les Fulgorides, Cercopides, Jassides). Chez d'autres familles, ces articles sont simples, d'épaisseur égale et sans dilatation à leur extrémité. Quand l'article basilaire est grêle, il est d'épaisseur égale ; quand il est court, il est souvent renflé au-dessous (Caloscelis, Ommatidiotus, etc.). Le dernier article des jambes postérieures est toujours renflé en massue, plus ou moins épais. Cet article est parfois cylindrique, épais et tronqué auxjambes antérieures ; deux ongles, {u7iguli, Klauen), s'y adaptent toujours à tous les tarses. Entre ces ongles se trouve souvent ri4?-o/mm (Haftlappen).

Les ailes supérieures, élytres, tegmina (Decken)

sont généralement membraneuses et hyalines, à nervures distinctement visibles à l'état adulte. A l'état adulte, aussi, se rencontrent des élytres développées complètement, et d'une substance coriace, non transparente, parchemineuse, diversement colorée, et dont les nervures sont peu distinctes. De pareilles élytres se rencontrent aussi raccourcies, c'est-à-dire incomplètement développées.

Il y a encore des élytres cornées, dont la nervulation ne se distingue que difficilement à travers leur substance

épaisse, et généralement grossièrement ponctuée. (Tetligometra, Ulopa, Ptyelus, Paropia.)

L'élytre se compose de deux pièces, pi. 13, fig. 87-90, a, le Coriwn, la plus longue, extérieure, à laquelle vient se relier au moyen d'une suture mobile, e, l'autre pièce triangulaire, allongée, de même substance, b, le Clavus. Dans les élytres incomplètement développées, le Clavus se soude au Corium souvent sans trace de suture.

Le Corium se compose, en majeure partie, d'une pièce entière, de même composition, et dont la nervure marginale s'étend librement sans interruption depuis la base de l'élytre jusqu'à l'extrémité du Clavus; ce n'est que Cicada qui fait exception à cette règle. Dans ce genre se rencontre une pièce cornée, longue, étroite, quelque peu acuminée et carénée en dessus, pi. 13, fig. 86, d, s'étendant depuis la base jusqu'aux 2/3 de la longueur du bord extérieur, soudée solidement à la nervure principale, et correspondant parfaitement à ïemboUum des hémyélytres des Hydrocorides, chez les Bélostomes. Derrière l'extrémité de cet embolium reparaît la nervure principale qui s'étend jusqu'à la pointe de la première cellule.

La forme des élytres (Tegmina, Oberflugel) est peu sujette à varier; elles sont ou allongées, ovalaires, lancéolées, presque losangées en arrière vers le bas, ou arrondies, ou bien encore souvent très-larges, arrondies ou presque triangulaires chez les exotiques.

La position relative des élytres est généralement la position tectiforme ; elles se touchent à la commissure du Clavus (Schlussrand), ou bien encore au bord interne de l'extrémité du Corium, quand ce dernier n'est pas élargi en une sorte de membrane, comme chez les Hémiptères, et ne se recouvrent pas en s'entrecroisant plus ou moins. De pareilles élytres entrecroisées se rencontrent dans le genre des Fulgorides, Elidiptera;' Penthimia aussi nous présente une membrane entrecroisée.

Les élytres sont bombées au milieu ou dans le sens de

la longueur, enveloppent l'abdomen, ou le dépassent plus ou moins. La forme générale du corps paraît, grâce à elles, presque globulaire ou ovoïde chez des Jassides, ou bien semi-dolioloïde chez des Tettigonies et plusieurs Jassides.

La forme du corps est des plus variées, même avec des élytres incomplètement développées. Elle est dolioloïde chez Peltonotus, Delphax, Caloscelis, largement elliptique chez Almana, Ranissus, fusiforme chez Errhomenus, Â.tractotypus et lancéolée chez Dorydium.

La nervulation des élytres est caractéristique comme celle des ailes dans les familles et les genres.

L'élytre est limitée par le bord externe a (Aussenrand), le bord arqué du Corium, b (Bogenrand), et la commissure du ClavusY (Schlussrand).

Les 2 ou 3 nervures {secteurs, Sectoren), qui parcourent en grande partie les élytres, naissent soit directement à leur base, soit aux angles d'une cellule basale plus ou moins distincte, allongée, à 4 ou 5 angles, très-développée chez Cicada et plusieurs genres de Fulgorides, pi. 13, fig. 86-87, f.

3 secteurs émergent d'une cellule basale allongée, libre, chez Cixius, Delphax, Hemitropis ; les 2 premiers naissent à l'angle externe, le 3° à l'angle interne de la cellule. Le premier et le troisième secteur bifurquent à leur moitié apicale; le médian reste simple. Depuis la pointe du Clavus jusqu'au bord externe, toutes les ramifications des secteurs se relient par des nervures anguleuses (Winkelrippen, Stufenrippen), pi. 13, fig. 87, g. Des angles de ces nervures naissent un nombre pareil de nervures, soit simples, soit fourchues, ou diversement ramifiées, les nervures apicales (Endrippen), pi. 13, fig. 86-90, h, dont les intervalles forment les cellules apicales, i, (Endzellen). Quand deux secteurs prennent naissance à la base immédiate des élytres, le secteur externe se bifurque plus ou moins près de cette base, et dans bien des familles, se

subdivise plusieurs fois; le secteur interne reste simple. Les bifurcations du premier sont reliées entre elles ou avec le 2° secteur par des nervures transversales, qui forment des cellules. Les nervures anguleuses et apicales se retrouvent dans ce cas, grâce à la jonction des diflerentes bifurcations. Une bifurcation répétée donne naissance à une rangée supplémentaire de cellules précédant les cellules apicales, aux cellules cUscoïdales (Scheibenzellen), séparées par les nervures intermédiaires, 1 (Mittelrippen), Bythoscopi, Jassides, etc., pi. 13, fig. 88, k.

Chez Cicada, la cellule basale de l'élytre s'appuie à son bord externe à la nervure principale, pi. 13, fig. 86, c. Quand la cellule est tronquée à son angle inférieur interne, le premier secteur naît à son angle externe et sa branche extérieure se bifurque plusieurs fois; le 2° secteur par contre, débouche du S*' angle quelque peu éloigné du premier resté simple, et se dirige presque parallèlement à la suture du Clavus jusque vers l'extrémité de ce dernier, à laquelle il se relie par une nervure arquée ou à angle droit, à direction transversale. Ces 2 secteurs se rapprochent parfois tellement, qu'ils se touchent ou se fondent même en un seul plus ou moins long, dont la ramification extérieure se bifurque encore 2 fois, et dont la bifurcation intérieure longue, indivise, reliée à angle droit à la nervure anguleuse interne est désignée par le D' Hagen, sous le nom de 2"^ secteur (Die Singcicaden Europas, Stett., e.,Zeit.).

De l'extrémité de la pièce cornée marginale sort une nervure qui forme avec la branche de la dernière bifurcation une longue cellule latérale, souvent élargie, la cellule pointue (Spitzzelle), pi. 13, fig. 86, m.

Un peu avant le milieu de cette cellule, là où elle s'élargit le plus, prend naissance la première des nervures anguleuses qui relient toutes les branches des ramifications supérieures, les nervures intermédiaires, 1 (Mittelrippen), pour former une rangée de cellules, les cellules intermé-

diaires ou discoïdales (d'après Signoret), s'étendant jusqu'au secteur interne, pi. 13, fig. 86, k.

La longue cellule quadrangulaire, formée intérieurement par le secteur simplement divisé ou pédoncule et la suture du Clavus, fermée à l'extrémité par une nervure transversale incourbée ou par la dernière nervure anguleuse, s'appelle cellule sutur aie, pi. 13, fig. 86, n (Nalitzelle, cellule cubitale Signoret).

La longue cellule externe, bornée extérieurement par la pièce marginale cornée, intérieurement par le premier secteur et les branches reliées de sa bifurcation s'appelle marge (Randfeld) ou cellule marginale, pi. 12, fig. 86, o.

Dans le Clavus ne se rencontrent que 2 nervures simples, qu'une seule, ou qu'une nervure fourchue, ouverte vers la base des élytres, la nervure fourchue (Gabelrippe), pi. 13, fig. 87, b, dont la lige ou se dirige vers la pointe du Clavus ou s'appuie sur la suture du Clavus ; souvent aussi, il n'existe pas de nervure dans le Clavus.

Chez toutes les Fulgorides, chez Ulopa et quelques Jassides, les nervures apicales simples ou ramifiées s'étendent jusqu'au bord des élytres.

Chez Gicada et la plupart des Jassides, toutes les cellules apicales sont fermées à l'extrémité par une nervure à direction parallèle au bord arqué des élytres, depuis la cellule pointue jusqu'à la pointe du Clavus, nervure festonnée, appelée nervure périphérique ou de raccordement (Umfangrippe), pi. 13, fig. 86, p.

Chez beaucoup de Jassides, se rencontre un raccordement semblable des nervures apicales et une semblable bordure des élytres. Celles-ci s'appellent alors élytres bordées. Cependant, cette bordure est parfois à peine visible, et ne s'accentue que chez les individus bien développés.

L'espace situé entre le bord externe des élytres et la nervure la^ plus proche ou principale, premier secteur, qui, chez quelques Fulgorides (Pseudophana, Phantia,

Issus), semble pourvu de veines transversales ou obliques, est appelé la marge (Randfeld), pi. 13, fig. 87- 90, 0.

Les ailes (al^).

Leur forme est généralement triangulaire plus ou moins allongée, obtuse en avant, arrondie — ou bien allongée et parfois entaillée à Textrémité (chez quelques Issides).

Les ailes se composent de deux pièces, reliées le plus souvent par une suture mobile, pièces de substance membraneuse, transparente, rarement enfumée ou tachetée à certaines nervures. Chez maintes espèces exotiques, les ailes sont, elles aussi, entièrement ou partiellement de subtance coriace, et colorées de diverses manières.

La pièce antérieure de l'aile, pièce la plus grande, le lobe antérieur, pi. 13, fig. 92-95,. A, est limitée par le bord antérieur a, la pointe b, le bord postérieur arqué et parfois entaillé, c et la suture f liante (Faltennaht), f. Cette suture relie la pièce antérieure à la postérieure, obliquement semi-circulaire, appelée champ ou lobe claviculaire (Schlussfeld), B, ou pièce se repliant.

Dans le champ antérieur se remarquent 2, 3, chez Cicada même i nervures longitudinales émergeant de sa base, se bifurquant à des distances variables de son extrémité, et reliées entre elles par des nervures transversales ou obliques. Ces nervures longitudinales prennent le nom de secteurs, dont le premier, qui est le plus rapproché du bord et la nervure principale, s'appelle premier secteur (nervus costalis Signoret), pi. 13, fig. 92-95, a; le second, secteur médian (nervus radialis superior Signoret), b; et le troisième, troisième secteur (nervus radialis inferior Sign.).

Sous les secteurs, se trouvent 1-2 nervures simples, libres, généralement arquées, et s'étendant de la base des ailes à leur bord marginal, ou seulement à la nervure de raccordement ou périphérique, les nervures rayon-

nantes (Strahlenrippen, Costae radiantes), mêmes figures, d.

Complètement accolée à la suture pliante, ou tout près d'elle, s'étend une nervure simple, ou bifurquée, dont une des branches fourchues se dirige en arc dans le corps de l'aile, et cesse au bord postérieur ou à la nervure de raccordement, c' est la. nervure suturale (Nahtrippe), e.

Dans le lobe claviculaire, se trouve ordinairement une nervure rayonnante abrégée, d.

Dans les ailes allongées des Issides, toutes les nervures sont généralement des nervures rayonnantes , reliées entre elles par de nombreuses veines transversales comme chez Issus et Mycterodus. Souvent aussi, les nervures longitudinales, au nombre de trois, apparaissent comme secteurs, formant entre elles deux larges champs, et se reliant avant leur extrémité par des nervures anguleuses. Le lobe claviculaire manque chez Mycterodus et Hysteropterum.

Les secteurs et leurs ramifications se terminent au bord môme des ailes, chez des Fulgorides , et quelques Jassides-Dorydium, Acocephalus et Typhlocyba, pi. 13, fig. 92-95; ou bien se terminent comme les nervures rayonnantes, à la nervure périphérique, pi. 13, fig. 91- 93-91.

La jonction des secteurs avant leur extrémité, effectuée par des nervures transversales ou anguleuses , doime naissance vers l'extrémité de l'aile à plusieurs cellules de différentes formes.

Du premier secteur qui se dirige vers la nervure périphérique et qui est joint au deuxième secteur par une nervure transversale donnant naissance à une cellule étroite, se sépare avant cette jonction une nervure s'étendant au bord de l'aile, se recourbant avec l'extrémité de cette dernière et rejoignant l'extrémité de ce même premier secteur, formant ainsi une cellule assez grande, la cellule superflue (Ueberzaehligezelle, cellula super ftua],

pi. io, fig. Oi, f, qui se rencontre chez beaucoup de Jassides. Chez d'autres Jassides manque cette cellule, et' par conséquent aussi la ramificalion du premier secteur, Deltocephalus, Paropia, Pediopsis, etc., pi. 13, fig. 93.

Propriétés des Cicadines.

La locomotion des Cicadines effectuée au moyen des pattes est lourde en général, quoique ces bestioles se soustraient assez rapidement à l'œil du chasseur en contournant les troncs, les feuilles ou les tiges d'arbres avant de faire usage de leurs ailes pour le vol, ou de leurs jambes à ressort pour le saut.

On n'a observé que chez les mâles des Cicada, le bruit aigu produit par un organe particulier.

Le rythme, des tons produits par cet organe est différent chez les différentes espèces, tout comiiie chez les Acridiens et les Locustes parmi les Orthoptères. Un observateur expérimenté reconnaîtra l'espèce sans la voir, et à l'audition seule du chanl.

On a souvent affirmé que certaines grosses Cigales provoquent un épanchement de sève en perforant l'écorce des frênes ; je n'ai jamais eu l'occasion de m'assurer du fait.

Chez maintes Cicadines (les Cicadines écumeuses, Cercopides), la larve éclose fraîchement s'entoure en peu de temps d'une masse écumeuse qui provient des excréments de l'animal. (Burraeister Handb., d., Entom.)

Beaucoup de Fulgorides et aussi quelques genres de Jassides (Selenocephalus, Goniagnathus, Aglena) se distinguent tout spécialement par une pruinosité blanchâtre, crétacée, s'enlevant facilem.ent et recouvrant leurs corps et leurs membres.

Chez les femelles des Cixius et chez plusieurs autres exotiques, se remarque à l'extrémité de leur abdomen tronqué un faisceau de gros fils friables et de composition crétacée ou cireuse.

D'après les observations les plus récentes, la Fulgora laternaria ne possède nullement la faculté de luire dans l'obscurité.

Des Cicadines utiles et nuisibles.

L'utilité de quelques grandes Cigales consiste à produire la manne, suc s'écoulant des perforations faites par l'insecte à l'écorce du frêne à manne, et se durcissant ensuite à l'air.

Beaucoup de Fulgorides exotiques, telles que Lystra lanata, Phenaxvariegata, etc., portent à l'extrémité de l'abdomen un faisceau crayeux ou cireux, semblable à ceTlii des femelles de Cixius. Aux Indes Orientales, on les récolte avec soin, et on s'en sert pour divers usages domestiques.

On compte parmi les espèces reconnues nuisibles un Delphax exotique, D. saccharivora Westw. Cet insecte qui se rencontre fréquemment dans les plantations des Indes Occidentales, tue les jeunes pousses des cannes à sucre en suçant toute leur sève, et occasionne de grands ravages.

Une Cicadine qui nuit de la même façon aux céréales, en pompant leurs sucs, est le Thamnus (Jassus) 6-notatus Fall. J. devastans Guer. (Rogenbofer ÂUg. Land et Forstwissenschaft. Zeitung. Wien, 1862, n" 34, p. 1064, fig. 13.)

On dit qu'une Typhlocyba, T. Solani tuberosi Koll. nuit aussi à la pomme de terre. (Sitzungsb., d., Kais. Acad., d., Wiss. Vienne, 1852, p. 14 et planche.)

Chasse, préparation et conservation.

Les Cicadines vivent en majeure partie sur les feuilles d'arbres, les buissons et diverses plantes, sur les troncs d'arbres, où elles cherchent à se cacher dans les fentes de l'écorce. Différentes petites espèces, telles que Delphax, Jassides vivent aussi à terre, à la racine de l'herbe ou des plantes, ou sur les joncs.

Les prés secs ou humides, même après la fenaison, les collines arides, herbues ou pierreuses , les clairières, les champs, sont autant de lieux où l'on peut récoller les Cicadines au filet lauchoir. Mainte espèce qu'on chercherait ailleurs en vain s'obtient en battant au-dessus d'un parapluie les buissons, les branches d'arbres et les plantes élevées. Ce parapluie devra être doublé d'un tissu cotonneux où s'empêtreront les ongles des petites espèces. Il faudra pourtant se hâter de s'emparer d.e ces dernières et de les presser vivement avec le doigt pour les empêcher de faire leur saut.

La récolle faite avec le filet fauchoir (insectes et débris de plantes) se tasse dans un des coins du fdet. On en éloigne ensuite les bêtes mordantes telles que grandes Fourmis, Acridiens, Araignées, Guêpes, etc., et l'on introduit le reste dans un flacon à large goulot. Dans ce flacon, on pourra encore éloigner le restant des bêtes carnassières; cependant on court le risque de voir s'échapper quelques-unes des Cicadines. Quelques gouttes d'éther ou d'alcool répandues 'sur le contenu du tlacon, ou de la fumée de tabac, étourdiront tous les captifs. On tasse ensuite le tout pour gagner de la place et pour immobiliser le restant des carnassiers; on sépare les différentes récoltes par une feuille de papier portant mention du lieu de chasse.

On laisse les flacons bouchés pendant la nuit ou pendant douze heures, temps suffisant pour amener l'asphyxie complète des Cicadines au moyen des vapeurs de l'alcool ou de l'élher. Puis, on répand le contenu" du flacon sur du papier de soie blanc et l'on commence la recherche des insectes disséminés dans les débris végétaux. Cette opération demande du soin, car mainte petite espèce se cache dans les inflorescences récoltées, et ne se remarque pas aisément.

Le résultat de ces recherches se dépose jusqu'à nouvel ordre sur de minces couches de coton . et ne se met en

boîtes que quand le tout est parfaitement desséché. Réunies dans de petites boîtes, les Cicadines se conservent ou s'expédient ainsi sans danger.

La préparation pour la collection est analogue à celle des Hémiptères et des Coléoptères. Jamais il ne faut passer l'épingle à travers le pronotum ou l'écusson. D'importants caractères se détruisent de la sorte. On passera l'épingle à travers l'élytre droite, un peu au-dessus du milieu, et cela seulement chez les grandes espèces, de 2 lignes et plus. Les petites se colleront de préférence sur du papier-carte dont on aura enlevé l'éclat et le poli en l'humectant au préalable. On se servira, pour coller, de gomme arabique dissoute dans de l'eau, et à laquelle on aura préalablement ajouté autant de sucre qu'il sera nécessaire pour neutraliser le cassant de la gomme, et pour empêcher que les insectes ne se détachent du carton.

Que jamais on ne se serve pour coller d'une dissolution de sandaraque ou de toute autre résine. Les insectes préparés par ce procédé ne peuvent être décollés sans danger pour servir à l'étude. On évitera aussi de se servir de colle adragante, qui adhère à l'insecte sous forme de gelée, qui le tache, et qui, durcie à la longue, ne peut presque plus être dissoute.

On devra, lors de leur capture, renfermer les petites espèces délicates, telles que Typhlocyba, dans des flacons spéciaux renfermant du coton imprégné de quelques gouttes d'alcool. Jamais on ne devra les mettre dans l'alcool pur.

Pour mettre les Cicadines récoltées à l'abri des atteintes de la moisissure, on aura bien soin de conserver les cadres qui les renferment dans un lieu sec, et de ne renfermer, les Cicadines dans ces cadres qu'après dessication complète.

Les Cicadines tournent rarement au gras ; j'ai observé cet état chez une Cicada picta. L'immersion pendant un

certain temps dans l'éther doit enlever, dit-on, le corps gras.

Pour soustraire les Cicadines à la dent des insectes (Ànthrenus, Dermestes et Anobium, aussi Tinea chez les Orthoptères et les grosses Cigales rembourrées de coton), il faut ne mettre en collection que des exemplaires non attaqués déjà, ou bien soumis au préalable à une quarantaine dans une boîte exposée à la chaleur. 11 sera bon aussi de visiter et d'aérer souvent les cadres, d'en faire tomber les larves nuisibles en frappant ces cadres sur le fond ou les côtés, et d'humecter les exemplaires suspects avec de l'alcool tenant en dissolution quelque peu de sublimé, ou avec de la benzine purifiée, incolore.

Les larves des Psocus sont particulièrement nuisibles, car elles rongent les parties les plus délicates de l'insecte. 11 faudra donc exterminer cette vermine, et exposer les boîtes envahies à la chaleur prolongée d'un poêle.

Les membres détachés se recollent au moyen de térébenthine épaisse qui remplace avantageusement la . gomme.

Manipulations pour l'examen des Cicadines. A. Du Genre.

Cet examen est bien plus facile que chez les Hémiptères, parce que le sternum n'offre point, ou seulement très-peu, de caractères spéciaux et parce que la face étant libre, toutes ses parties sont bien visibles.

Pour inspecter la nervulation, il faut relever les élytres et les ailes.

B. Des Espèces.

Il est absolument indispensable d'examiner et de décrire les parties génitales des deux sexes chez toutes, et spécialement chez le plus grand nombre des petites Cicadines, qui se ressemblent si fort. Cet examen seul permettra d'arriver avec certitude à la détermination de l'espèce.

11 faut beaucoup de peine et de patience pour extraire les styles des mâles de la cavité du pygophore qui les renferme, et pour reconnaître leurs formes. La petitesse de beaucoup d'espèces, et surtout des Delphacines, rend cette besogne fort laborieuse. Ce n'est d'ailleurs qu'à l'aide d'une forte loupe et d*une manipulation exercée que l'on pourra éviter le microscope et la dissection.

Pour procéder à l'examen des organes génitaux, on commence par humecter l'abdomen avec de l'alcool et de l'eau, jusqu'à ce que les membranes et les articulations des organes soient ramollies. On se sert ensuite de fines aiguilles pour relever et déplacer les organes à volonté.

Les envois de Cicadines

s'effectuent dans des boîtes en carton ou en bois dont le fond est muni d'une plaque de liège ou de lignite, et recouverte de papier fin collé seulement sur les côtés de la plaque. Sur ce fond se dépose une fine couche d'ouate ou de coton qu'on fixe au moyen d'épingles ou de colle, et dont on égalise la surface. En se détachant, les insectes sont retenus par la ouate et courent moins de chances de perte. Il est bon aussi d'appliquer sur l'ouverture de la boîte une gaze gommée ou tout autre tissu transparent. Ces précautions prises, il ne reste plus qu'à emballer la boîte préparée.

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